La santé du coureur
Un électrocardiogramme (ECG) est un examen médical qui s’assure du bon fonctionnement du cœur en enregistrant son activité électrique. Il permet d'analyser la fréquence cardiaque (nombre de battements par minute), de vérifier la régularité du rythme cardiaque et de détecter certaines anomalies. Dans le cadre de la pratique de la course à pied, un ECG n’est pas obligatoire, mais vivement conseillé. Grâce à lui, d’éventuelles anomalies cardiaques invisibles peuvent être identifiées. Il est surtout recommandé pour les sportif(ve)s adeptes des compétitions (au cours desquelles on est amené(e)s à réaliser des efforts particulièrement intenses), mais aussi lorsqu’on prend de l’âge ou si l’on possède des antécédents en matière de soucis cardiaques.
💡 La vocation de cet article n’est pas de t’inquiéter, mais simplement de te sensibiliser quant à l’importance de l’ECG. Par ailleurs, cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un(e) médecin ou d'un(e) cardiologue. Si tu t’interroges ou ressens une douleur persistante (douleur dans la poitrine ; essoufflement anormal à l’effort ; palpitations cardiaques à l’effort ou juste après ; malaise au cours de l’effort ou juste après ; et cætera), n’hésite pas à consulter.
L’essentiel à retenir :
Légalement, l'ECG n'est pas obligatoire pour courir, mais il est fortement recommandé par la Société Française de Cardiologie dès lors qu'on pratique un sport en compétition.
L'électrocardiogramme améliore considérablement le dépistage des maladies cardiaques susceptibles d'entraîner une mort subite à l'effort par rapport à une consultation reposant uniquement sur un interrogatoire médical et une auscultation.
Quand on est sportif(ve), il est recommandé d’effectuer un ECG tous les 3 ans de 12 à 20 ans, et tous les 5 ans de 20 à 35 ans. En revanche, après 35 ans, l'ECG de repos ne suffit plus : il doit être associé à un test d'effort.
L’ECG est réalisé chez un(e) cardiologue sur prescription du/de la médecin traitant(e) et remboursé à 70 % dans le parcours de soins. Le remboursement de l’ECG n’est pas effectif lorsqu’il entre dans le cadre de l’élaboration d’un certificat médical sportif requis par certaines organisations de compétitions et quelques fédérations sportives : plongée subaquatique/souterraine ; sports de combat avec risque de K.O. ; alpinisme au-dessus de 2 500 mètres ; sports utilisant des armes à feu ou à air comprimé ; sports utilisant des véhicules terrestres à moteur (hors modélisme).
Depuis 2024, le certificat médical est remplacé par le Pass Prévention Santé (PPS), l'ECG y est recommandé selon le profil des athlètes.

L'électrocardiogramme est-il obligatoire pour courir ?
Il n’y a pas d'obligations légales à effectuer un électrocardiogramme, mais un principe de précaution qui engage la responsabilité individuelle de chacun(e).
Que dit la loi depuis 2024 ?
Comme on peut le voir sur sports.gouv : « Dorénavant, à l’exception des disciplines à contraintes particulières, pour obtenir ou renouveler une licence et participer à une compétition sportive autorisée par une fédération délégataire ou organisée par une fédération agréée, la présentation d’un certificat médical d’absence de contre-indication (CACI) à la pratique sportive n’est plus obligatoire sauf si la fédération en question l’exige. »
Suite à ces directives, en septembre 2024, le certificat médical est donc remplacé par le PPS (Parcours de Prévention Santé), valable 3 mois après avoir visionné trois vidéos en ligne sur pps.athle.fr. Depuis le 15 janvier 2026, celui qui s’appelle désormais Pass Prévention Santé, est payant. Il faut débourser 5 € pour obtenir un PPS valide pendant 12 mois (toujours après avoir visionné les trois vidéos dont nous parlions précédemment). Autre nouveauté, et pas des moindres, le PPS comporte maintenant une assurance responsabilité civile.
Que recommande la Société Française de Cardiologie ?
La Société Française de Cardiologie (SFC) recommande aux coureuses et aux coureurs adeptes de la compétition de réaliser un électrocardiogramme (ECG) de repos. Pour les sportif(ve)s récréatif(ve)s, la SFC émet également des directives en matière de réalisation d’électrocardiogramme en fonction de différentes tranches d'âge. On t’en parle tout à l’heure.
Compétition versus loisir : y a-t-il une différence ?
La pratique de la course à pied en compétition n’est rendue possible que sous présentation d’un Pass Prévention Santé valide, tandis que souscrire à une licence athlé Forme/Santé (axée sur une pratique loisir de la course à pied) ne nécessite pas de générer un PPS. Comme précisé précédemment, la Société Française de Cardiologie recommande aux coureur(se)s amené(e)s à s’aligner sur des compétitions d’effectuer un électrocardiogramme. Ces dernier(ère)s réalisant des efforts particulièrement intenses, il est important de vérifier que leur muscle cardiaque leur permet de s’adonner pleinement au dépassement de soi auquel ils/elles aspirent.
Pour ce qui est des coureur(se)s non-affilié(e)s à la Fédération Française d'Athlétisme, l’ECG n’est pas obligatoire. Mais il est judicieux de suivre les recommandations émises par la SFC ; autrement dit, d’effectuer un ECG à différentes périodes en fonction de la tranche d’âge à laquelle on appartient. On te divulgue tous les détails juste après.
💡 Dans tous les cas, il faut retenir qu’un ECG n’est jamais obligatoire, que l'on soit sportif(ve) ou non… Toutefois, dans l’optique de prendre soin de sa santé, il appartient à chacun(e) d’engager sa responsabilité individuelle.
Pourquoi faire un électrocardiogramme quand on pratique la course à pied ?
L'électrocardiogramme améliore considérablement le dépistage des maladies cardiaques susceptibles d'entraîner une mort subite à l'effort par rapport à une consultation reposant uniquement sur un examen clinique et une auscultation. C'est pourquoi la Société Française de Cardiologie recommande aux sportif(ve)s pratiquant la compétition de réaliser un ECG. Ça vaut le coup d’y consacrer quelques minutes, non ? D’autant plus quand on sait que l'examen est totalement indolore et ne présente aucun risque.
Qu'est-ce qu'un ECG mesure exactement ?
Un électrocardiogramme mesure l’activité électrique du cœur. À chaque battement, une impulsion électrique part du nœud sinusal (le stimulateur naturel du cœur) et parcourt le muscle cardiaque afin de coordonner sa contraction. Des électrodes placées sur le thorax, les poignets et les chevilles enregistrent ces signaux et les retranscrivent sous forme d'un tracé. Grâce à ce tracé, le/la cardiologue peut analyser plusieurs paramètres essentiels tels que :
la fréquence cardiaque (le nombre de battements cardiaques par minute) ;
la régularité du rythme cardiaque ;
la vitesse de propagation de l'influx électrique dans le cœur ;
certains signes pouvant révéler une anomalie du muscle cardiaque ou de son fonctionnement.
Quelles anomalies l’électrocardiogramme peut-il détecter ?
Plus l'effort est intense, plus ton cœur est amené à pomper rapidement le sang afin d'alimenter tes muscles en oxygène. Dans la grande majorité des cas, cela se fait sans encombre… sauf pour certaines personnes présentant une anomalie cardiaque sans le savoir. On parle alors de pathologie silencieuse, car elle ne provoque aucun symptôme au quotidien. L'ECG permet alors de mettre en évidence certaines maladies cardiaques :
Chez les sportif(ve)s, l'une des plus redoutées est la cardiomyopathie hypertrophique, une maladie caractérisée par un épaississement anormal du muscle cardiaque. Souvent d'origine génétique, elle constitue l'une des principales causes de mort subite chez les jeunes sportif(ve)s.
L'électrocardiogramme permet également de détecter certains troubles du rythme cardiaque (arythmie), lorsque le cœur bat trop vite, trop lentement ou de manière irrégulière.
Certaines anomalies de conduction électrique, comme le syndrome de Wolff-Parkinson-White (anomalie congénitale de la conduction électrique du cœur qui provoque de la tachycardie) ou le syndrome du QT long (trouble de l'activité électrique du cœur caractérisé par un allongement de l'intervalle QT), peuvent également être suspectées grâce à cet examen.
Enfin, chez les coureur(se)s plus âgé(e)s, l'ECG peut révéler des signes évocateurs d'une maladie coronarienne (relative aux artères du cœur) ou d'un ancien infarctus du myocarde (urgence médicale qui survient lorsqu'une artère coronaire se bouche) passé inaperçu.
Si une anomalie est détectée, le/la cardiologue pourra compléter son diagnostic par une échographie cardiaque (examen d’imagerie médicale), un Holter ECG (dispositif portable miniaturisé qui enregistre l'activité électrique du cœur pendant 24 à 72 heures) ou un test d'effort.
💡 Un électrocardiogramme ne remplace pas l'écoute des signaux envoyés par ton corps. Même si ton dernier ECG est normal, si tu ressens une douleur thoracique, un essoufflement inhabituel, des palpitations ou un malaise à l'effort, consulte rapidement un(e) professionnel(le) de santé.

Pourquoi le sport intensif justifie ce dépistage ?
Si courir régulièrement est excellent pour la santé cardiovasculaire, les compétitions et les entraînements à haute intensité imposent au cœur des contraintes bien plus importantes qu'un effort modéré. Par exemple, lors d'un marathon, d'un semi-marathon ou d'une séance de fractionné, la fréquence cardiaque peut rester élevée pendant une longue période. Si une anomalie cardiaque existe sans avoir été diagnostiquée, cette augmentation de la charge de travail peut favoriser la survenue d'un malaise ou d'un trouble du rythme. C'est précisément pour cette raison que la Société Française de Cardiologie recommande un ECG chez les sportif(ve)s pratiquant la compétition, et ce, même si ces dernier(ère)s se sentent en parfaite santé.
💡 Réaliser un électrocardiogramme ne signifie donc pas que tu as un problème cardiaque. C'est simplement une façon de vérifier que ton cœur est capable de supporter les contraintes de la course à pied et de continuer à courir en toute sérénité.
À quel âge et à quelle fréquence faire un électrocardiogramme ?
À quel âge et à quelle fréquence faire un électrocardiogramme ?
| Tranche d’âge des sportif(ve)s | Fréquence de l’ECG |
|---|---|
De 12 à 20 ans | Tous les 3 ans |
De 20 à 35 ans | Tous les 5 ans |
Après 35 ans | ECG + test d'effort (fréquence à discuter avec un(e) professionnel(le) de santé) |
ECG de repos ou ECG d'effort : pour lequel faut-il opter ?
L'électrocardiogramme de repos et le test d'effort poursuivent le même objectif : évaluer la santé de ton cœur. Ils ne répondent toutefois pas aux mêmes questions et ne sont pas indiqués dans les mêmes situations.
En quoi consiste un ECG de repos ?
L'ECG de repos est l'examen de référence pour obtenir une mesure de base, évaluer un cœur au repos, dépister des anomalies chroniques ou des troubles du rythme immédiats. L'ECG de repos est un examen simple, rapide et totalement indolore. Tu es allongé(e) sur une table d'examen pendant que plusieurs électrodes sont placées sur ton thorax, tes poignets et tes chevilles. Elles enregistrent l'activité électrique de ton cœur pendant quelques secondes.
Qu'apporte l'ECG d'effort ?
L'ECG d'effort, aussi appelé épreuve d'effort, consiste à réaliser un effort physique progressif sur tapis ou sur vélo. Pendant ce temps-là, ta fréquence cardiaque, ta pression artérielle et un électrocardiogramme sont enregistrés en continu. L’ECG d’effort est surtout utilisé pour révéler des problèmes cachés (comme un manque d'oxygène, des artères coronaires bouchées, certains troubles du rythme déclenchés par l'exercice, et cætera) qui n'apparaissent pas quand le cœur est au repos. L’intérêt de ce test augmente après 35 ans et la présence de facteurs de risque cardiovasculaire. Enfin, le test d'effort peut être complété par une mesure de la fréquence respiratoire (épreuve d'effort cardio-respiratoire) dans certains cas.
Qui a besoin d'un test d'effort ?
➡️ Un(e) cardiologue peut proposer un test d'effort à un(e) patient(e) qui présente une douleur thoracique ; un essoufflement inhabituel ou des palpitations à l'effort ; un malaise ou une perte de connaissance pendant l'exercice ; des antécédents personnels ou familiaux de maladie cardiovasculaire ; ou encore plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire (tabagisme, hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol, obésité, et cætera).
➡️ Le risque de maladie coronarienne augmentant progressivement après 35 ans, on recommande aux sportif(ve)s de contrôler leur activité cardiaque via un ECG d’effort à cette période.
➡️ Dans tous les cas, c'est le/la médecin qui détermine l'examen qui est le plus adapté à ton profil, et qui ajuste la fréquence à laquelle ce dernier doit être réalisé.
Où faire un ECG ? À quel prix ? Est-il remboursé ?
Un électrocardiogramme est réalisé chez un(e) cardiologue, sur prescription du/de la médecin traitant(e). Le prix d’un ECG standard est fixé à 14,77 €, mais il faut compter plus pour un test d’effort ou le port d’un Holter ECG (qui va mesurer l’activité électrique du cœur en ambulatoire pendant 24 à 72 heures). Pour finir, un électrocardiogramme est remboursé par la Sécurité sociale à hauteur de 70 % à condition de respecter le parcours de soins coordonnés (prescription par le/la médecin traitant(e)). Une dernière précision pour la route : un ECG réalisé dans l’optique d’obtenir un certificat médical n’est pas remboursé.
En pratique, l'ECG n'est pas obligatoire pour courir, mais il est recommandé par la Société Française de Cardiologie pour vérifier que ton cœur est capable de supporter les contraintes de la course à pied, et plus encore si tu es un(e) adepte de la compétition. Et n’oublie pas : en cas de douleur thoracique, de palpitations, d'essoufflement inhabituel, de malaise ou d'antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire, ne tarde pas à consulter un(e) médecin qui pourra t'aiguiller quant aux tests à réaliser pour s'assurer que ta santé te permet de t'adonner à la course à pied en toute tranquillité d'esprit. 🙏

Manon
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