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Une carence en fer chez une coureuse est fréquente : les règles constituent une cause majeure, à laquelle s’ajoutent les pertes liées à la course à pied et les besoins de l’entraînement. Selon les études, 15 à 35 % des athlètes féminines seraient concernées (Sim et al., 2019). En cas de fatigue persistante, le bon réflexe est de consulter et de faire une prise de sang.
L’essentiel à retenir :
Les coureuses sont 2 à 3 fois plus exposées que les coureurs. Les règles sont la première cause, et la course ajoute ses propres pertes (chocs, sueur, hepcidine après l'effort).
Des règles abondantes (protection à changer toutes les 1-2 h, caillots, plus de 7 jours) sont LE signal à signaler à ton médecin ou ta gynéco.
Tes besoins en fer varient selon ta contraception et tes phases de vie : grossesse, post-partum, ménopause.
Une fatigue qui ne passe pas, surtout avec des règles irrégulières ou absentes pendant une grosse prépa, doit faire penser au fer ET au RED-S.
Seule une prise de sang (ferritine + hémoglobine) confirme une carence. En attendant, on baisse l'intensité, pas forcément le plaisir et on évite de s’auto-médicamenter.
Tu cours régulièrement, tu prépares un semi-marathon ou tu cherches simplement à progresser en course à pied ? Le fer mérite une place dans ta stratégie nutritionnelle.
Ce minéral participe au transport de l’oxygène, à la production d’énergie et au bon fonctionnement de tes muscles. Quand tes réserves diminuent, tes sensations à l’entraînement peuvent changer. Tu peux te sentir plus fatiguée, récupérer moins bien ou avoir davantage de difficultés à tenir tes allures habituelles.
Les femmes qui courent sont particulièrement concernées. Les règles peuvent entraîner des pertes importantes, tandis que l’entraînement d’endurance augmente les besoins et peut perturber la disponibilité du fer dans l’organisme.
La bonne nouvelle ? Une carence en fer peut être dépistée et prise en charge. Encore faut-il savoir reconnaître les signaux d’alerte, comprendre les résultats de ta prise de sang et adapter ton alimentation sans te supplémenter à l’aveugle.
🚨 Rappel : des règles douloureuses ou gênantes méritent un avis médical
Des règles très abondantes, douloureuses ou difficiles à gérer ne sont pas une fatalité. Elles ne doivent pas non plus être considérées comme le prix à payer pour être une femme sportive. Si tes règles perturbent tes entraînements, ton sommeil ou ta vie quotidienne, parles-en à un médecin ou à une sage-femme. Il en va de même si tu constates un changement inhabituel de tes saignements. Des règles abondantes peuvent notamment favoriser une carence en fer. Il est donc important d’en rechercher la cause et de ne pas se contenter de compenser les pertes avec des compléments alimentaires.
Pourquoi les coureuses ont-elles plus de carences en fer que les coureurs ?
Quelques rappels : à quoi sert le fer ?
Le fer est indispensable à plusieurs fonctions de ton organisme. Il entre notamment dans la composition de l’hémoglobine, une protéine présente dans les globules rouges. Son rôle ? Transporter l’oxygène de tes poumons vers les organes et les muscles. Il aide tes muscles à utiliser l’oxygène et il est impliqué dans plusieurs réactions métaboliques pour produire de l’énergie.
En course à pied, ces fonctions sont essentielles. Tes muscles ont besoin d’oxygène pour soutenir l’effort, particulièrement lorsque tu augmentes ton volume d’entraînement ou que tu travailles à des intensités élevées.
La carence en fer correspond à des réserves insuffisantes. Elle peut exister alors que ton taux d’hémoglobine reste normal.
L’anémie ferriprive apparaît lorsque le manque de fer est suffisamment important pour perturber la fabrication des globules rouges et diminuer l’hémoglobine.
Ces deux situations ne se dépistent donc pas exactement de la même manière.
La ferritine, un indicateur de tes réserves
La ferritine est une protéine qui stocke le fer dans l’organisme. Son dosage sanguin permet d’estimer tes réserves en fer. Une ferritine basse constitue un signal important de carence. Toutefois, une ferritine normale ou élevée ne suffit pas toujours à exclure une carence : elle peut augmenter en cas d’inflammation, notamment après un effort intense ou une infection.
Le médecin interprète donc ce résultat avec ton hémoglobine, les autres paramètres sanguins et ton contexte clinique. Il n’existe pas une valeur de ferritine universelle permettant de déterminer à elle seule si toutes les coureuses sont aptes à s’entraîner ou à performer. Les seuils dépendent notamment du contexte clinique et des recommandations utilisées. Tu remarqueras d’ailleurs que la fourchette écrite sur la prise de sang est assez large !
Quels sont les apports recommandés en fer ?
Tes besoins dépendent notamment de tes pertes sanguines, de ton alimentation et de ta situation physiologique.
Selon les références nutritionnelles de l’Anses, les apports satisfaisants en fer sont de l’ordre de :
11 milligrammes par jour pour les femmes ayant des pertes menstruelles faibles à modérées.
16 milligrammes par jour pour les femmes ayant des pertes menstruelles élevées.
Ces valeurs correspondent à des repères d’apport alimentaire. Elles ne constituent ni une prescription individuelle ni une dose de supplémentation.
Si tu as des règles abondantes, il est particulièrement important de veiller à tes apports. Une carence avérée peut toutefois nécessiter une prise en charge spécifique, au-delà des seules adaptations alimentaires.
Les règles abondantes : un facteur de risque de carence en fer chez la coureuse à ne pas banaliser
Chaque menstruation entraîne une perte de sang et donc une perte de fer. Si tes règles sont abondantes, ces pertes peuvent devenir suffisamment importantes pour épuiser progressivement tes réserves. Le terme médical utilisé pour désigner des règles anormalement abondantes est ménorragie.
Mais comment savoir si tes règles sont abondantes ? Sans mesurer précisément ton volume sanguin, plusieurs indices peuvent t’alerter :
Tu dois changer de serviette ou de tampon toutes les une à deux heures.
Tu dois utiliser simultanément plusieurs protections pour éviter les fuites.
Tu dois te lever la nuit pour changer de protection ou tu constates des fuites dans tes vêtements ou tes draps.
Tes règles durent plus de sept jours.
Tu observes régulièrement des caillots de sang volumineux.
Tes règles limitent tes activités quotidiennes ou t’obligent à modifier tes entraînements.
Ces repères ne permettent pas de poser un diagnostic à eux seuls. Ils justifient toutefois d’en parler à un professionnel de santé.
Peut-on calculer précisément la quantité de fer perdue pendant les règles ? Pas simplement à partir du nombre de protections utilisées. Les volumes de sang varient beaucoup d’une femme à l’autre, et les protections n’ont pas toutes la même capacité d’absorption. Mieux vaut donc éviter de donner un chiffre individuel trompeur.
Les coureuses sont-elles particulièrement concernées par la carence en fer ?
Une étude publiée en 2016 par Bruinvels et ses collaborateurs s’est intéressée aux pertes menstruelles abondantes chez les sportives.
Parmi les 1 073 coureuses interrogées lors du Marathon de Londres 2015, environ 36 % rapportaient des règles abondantes selon les critères utilisés par les chercheurs. Dans une autre partie de l’étude, réalisée par questionnaire en ligne auprès de 789 sportives, cette proportion atteignait 54 %. Ces résultats reposent sur des questionnaires et ne représentent pas nécessairement toutes les coureuses. Ils montrent néanmoins que le sujet mérite une véritable attention dans le sport féminin.
Si tu reconnais plusieurs de ces signes, prends rendez-vous pour en parler. Un bilan médical permettra d’évaluer tes pertes, de rechercher une éventuelle carence et de proposer une prise en charge adaptée. Les règles abondantes se prennent en charge : ce n’est pas une fatalité.

La course à pied augmente-t-elle les pertes en fer ?
Oui, la course à pied peut augmenter les carences en fer. Pour en savoir plus, tu peux consulter cet article dédié.
💡 À retenir : les pertes menstruelles, les contraintes liées à l’endurance et des apports insuffisants peuvent se cumuler. C’est cette combinaison qui rend certaines coureuses particulièrement vulnérables.
Fatigue du cycle, manque de fer ou surcharge : comment faire la différence ?
Fatigue de fin de cycle ou carence en fer ?
Tu te sens moins en forme avant tes règles ? Tes jambes semblent plus lourdes et tes allures habituelles te demandent davantage d’efforts ?
Plusieurs causes peuvent expliquer ces sensations. Les variations hormonales du cycle, le sommeil, la charge d’entraînement, les apports alimentaires et une éventuelle carence en fer peuvent tous jouer un rôle.
La fatigue liée au cycle peut apparaître à une période relativement régulière, puis s’atténuer après le début des règles ou quelques jours plus tard. Mais ce schéma varie d’une femme à l’autre. Une carence en fer peut, elle, entraîner une fatigue plus persistante. Tu peux aussi remarquer une baisse progressive de tes performances, un essoufflement inhabituel ou une récupération moins bonne. Cependant, aucun de ces signes ne permet de distinguer les deux situations avec certitude. Une carence peut également coexister avec des symptômes prémenstruels.
Si la fatigue revient régulièrement, persiste ou s’aggrave, consulte ton médecin. Une prise de sang pourra notamment rechercher une carence en fer et une éventuelle anémie.
Si une carence est confirmée, une supplémentation peut être nécessaire. Elle doit être adaptée à tes résultats biologiques et à la cause de la carence, avec un suivi médical.
🚨Rappel : Si ton médecin te prescrit un médicament à base de fer, suis en priorité cette prescription. Ne le remplace pas de toi-même par un complément alimentaire.
Certains traitements peuvent provoquer des effets indésirables digestifs, comme des nausées, des douleurs abdominales ou de la constipation. Si tu les tolères mal, parles-en à ton médecin ou à ton pharmacien. Il pourra adapter la dose, la fréquence de prise ou la forme du traitement.
Le bisglycinate de fer est une forme présente dans certains compléments alimentaires. Il pourrait être mieux toléré sur le plan digestif par certaines personnes. Le choix du produit dépend de ta situation et ne doit pas retarder la prise en charge d’une carence avérée.
Carence en fer ou RED-S : quels signaux croiser ?
Une carence en fer peut survenir chez une coureuse qui mange suffisamment pour couvrir ses besoins énergétiques. Elle peut notamment être liée à des règles abondantes, à des pertes répétées ou à une alimentation pauvre en fer.
Le RED-S, ou syndrome de déficit énergétique relatif dans le sport, est différent. Il apparaît lorsque l’énergie disponible après les dépenses liées à l’exercice ne suffit pas, de manière problématique et prolongée, à assurer les fonctions de l’organisme.
Ton corps doit alors économiser de l’énergie. Plusieurs systèmes peuvent être affectés :
la fonction hormonale,
la santé osseuse,
l’immunité,
la récupération,
les performances.
Les deux situations peuvent se cumuler. Une alimentation insuffisante peut notamment apporter trop peu de fer, tandis que les perturbations physiologiques associées au RED-S peuvent aggraver les difficultés de récupération.
Voici quelques repères pour comprendre ce qui doit t’alerter :
| Carence en fer possible | RED-S possible |
|---|---|
Fatigue persistante | Fatigue persistante |
Essoufflement inhabituel à l’effort | Baisse durable des performances |
Réserves en fer diminuées à la prise de sang | Blessures répétées, notamment osseuses |
Règles abondantes ou autres pertes de sang | Cycles irréguliers ou absence de règles |
Difficultés à maintenir tes allures | Récupération altérée, infections répétées ou autres signes associés |
Ce tableau n’est pas un outil de diagnostic. Les symptômes se chevauchent et une sportive peut présenter les deux problèmes en même temps.
Si tu constates une baisse de tes performances associée à des règles qui deviennent irrégulières, à des blessures répétées ou à une restriction alimentaire, ne te limite pas à rechercher une carence en fer.
💡 Il existe aujourd’hui un consensus scientifique autour du Red-S porté par les travaux de Mountjoy et al. (2023) et le consensus du Comité international olympique sur le RED-S.
C. Quels signes, au-delà de la fatigue, doivent t’alerter ?
La fatigue est fréquente chez les coureuses, mais elle n’est pas le seul signe possible d’un manque de fer.
D’autres manifestations peuvent apparaître :
Un essoufflement inhabituel pour une allure auparavant confortable,
Une baisse des performances sans explication évidente,
Des jambes lourdes,
Une chute de cheveux,
Des difficultés à récupérer entre les séances,
Des palpitations ou une sensation de cœur qui bat plus vite à l’effort,
Des maux de tête, des vertiges ou une sensation de faiblesse,
Des difficultés de concentration,
Une pâleur inhabituelle.
Ces signes ne sont pas spécifiques à la carence en fer. Ils peuvent aussi avoir d’autres causes, et certaines carences ne provoquent aucun symptôme évident au début. Si tu présentes un essoufflement important, un malaise, des douleurs thoraciques ou des palpitations marquées, demande rapidement un avis médical. En cas de symptômes sévères ou soudains, appelle les services d’urgence. Ne cherche pas à compenser ces signes en augmentant simplement ton apport en fer. Il faut d’abord comprendre ce qui les provoque.
Contraception, grossesse, post-partum, ménopause : comment évoluent tes besoins en fer ?
Tes besoins en fer ne sont pas figés. Ils évoluent au fil de la vie notamment avec les pertes menstruelles, la grossesse, l’accouchement et la ménopause.
Ta contraception change-t-elle tes pertes en fer ?
Certaines contraceptions modifient les saignements. Elles peuvent donc influencer indirectement tes pertes en fer.
Le stérilet au cuivre
Le stérilet au cuivre est une contraception sans hormones. Il libère des ions de cuivre dans l’utérus et provoque une réaction inflammatoire locale de l’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus (Ortiz et al. (2007), Copper-T intrauterine device and levonorgestrel intrauterine system: biological bases of their mechanism of action.). Cette réaction, renforcée par le cuivre, perturbe notamment le fonctionnement des spermatozoïdes et empêche la fécondation. Cette inflammation locale fait partie du mécanisme contraceptif normal. Elle ne signifie pas que tu as une infection. En revanche, le stérilet au cuivre peut augmenter le volume et la durée des règles, particulièrement pendant les premiers mois après sa pose. Si tes pertes menstruelles sont importantes, tes réserves en fer peuvent diminuer progressivement.
Si tu as déjà des règles abondantes ou une carence en fer, parles-en au professionnel de santé qui te suit. Il pourra évaluer les pertes et discuter avec toi des options contraceptives adaptées à ta situation.
Le stérilet hormonal
Le dispositif intra-utérin hormonal libère un progestatif, le lévonorgestrel, qui agit notamment sur la muqueuse de l’utérus. Il peut diminuer les saignements menstruels et, chez certaines femmes, les faire disparaître. Il peut donc être utile lorsque les règles abondantes contribuent à une carence en fer.
La différence avec le stérilet au cuivre est importante : le cuivre peut augmenter les saignements, alors que le dispositif hormonal les réduit souvent. Ces effets varient selon les femmes. Le choix de la contraception doit rester une décision médicale partagée, en fonction de tes besoins et de tes préférences.
Les autres moyens de contraception
La pilule contraceptive combinée, certains progestatifs et d’autres méthodes hormonales peuvent également modifier les saignements. Les contraceptions hormonales qui diminuent les pertes menstruelles peuvent aider à limiter les pertes de fer. À l’inverse, certaines méthodes peuvent entraîner des saignements irréguliers ou prolongés, surtout au début.
Il ne faut donc pas classer toutes les contraceptions hormonales de la même manière. Leur effet sur les réserves en fer dépend surtout de leur impact réel sur tes saignements.
💡 À noter : une contraception qui supprime les règles ne signifie pas nécessairement que tes réserves en fer sont suffisantes. Elle peut réduire les pertes futures, mais elle ne corrige pas automatiquement une carence déjà installée.

Grossesse : des besoins en fer qui augmentent
Pendant la grossesse, ton organisme doit soutenir le développement du bébé et du placenta. Le volume sanguin maternel augmente également, ce qui accroît les besoins liés à la fabrication des globules rouges. Les besoins en fer augmentent donc au cours de cette période. Une carence peut avoir des conséquences pour la mère et la grossesse. Le suivi médical permet de surveiller la situation et de proposer une supplémentation lorsqu’elle est indiquée.
Tu peux continuer à pratiquer une activité physique pendant une grossesse sans complication, si le professionnel qui te suit te donne le feu vert. La course à pied doit être évaluée individuellement en fonction de ta pratique antérieure, de ton état de santé et du déroulement de la grossesse.
En cas de fatigue inhabituelle, d’essoufflement disproportionné ou de baisse marquée de tes capacités, ne mets pas automatiquement ces sensations sur le compte de la grossesse ou de l’entraînement. Parles-en rapidement à ton médecin ou à ta sage-femme.
Post-partum : reconstituer les réserves après l’accouchement
Après l’accouchement, les réserves en fer peuvent être diminuées. Plusieurs facteurs l’expliquent :
Les pertes sanguines pendant l’accouchement,
Une éventuelle carence déjà présente pendant la grossesse,
Les besoins liés à la grossesse et à la fabrication des globules rouges,
Des saignements plus importants que prévu ou prolongés après l’accouchement.
Le risque dépend notamment du volume de sang perdu et de ton statut en fer avant l’accouchement. La fatigue du post-partum est fréquente, mais elle ne doit pas masquer une éventuelle anémie. Si tu as perdu beaucoup de sang, si tu es très fatiguée ou si tu es essoufflée, demande un avis médical.
Ménopause : les pertes menstruelles diminuent, mais pas tous les risques
Lorsque les menstruations cessent définitivement à la ménopause, les pertes de fer liées aux règles disparaissent. Les besoins en fer diminuent généralement par rapport à ceux d’une femme qui a des menstruations. Mais cela ne signifie pas que toute carence devient impossible.
Des pertes digestives, une alimentation insuffisante, une pratique intensive de la course à pied, certains troubles de l’absorption ou d’autres problèmes médicaux peuvent encore entraîner une carence.
Après la ménopause, toute carence en fer confirmée par une prise de sang doit conduire à rechercher sa cause, plutôt que de l’attribuer d’emblée à l’entraînement ou à l’alimentation. Si tu continues à courir régulièrement, garde de bonnes habitudes alimentaires et consulte si tu observes une fatigue persistante ou une baisse inexpliquée de tes performances.
Comment protéger tes réserves de fer quand tu cours régulièrement ?
La prévention repose sur trois axes : couvrir tes besoins alimentaires, tenir compte de tes pertes et repérer suffisamment tôt une éventuelle carence.
Pourquoi l’endurance peut fragiliser tes réserves ?
Quand tu cours régulièrement, ton organisme doit renouveler ses globules rouges, réparer les tissus sollicités et soutenir la production d’énergie.
Les pertes liées aux menstruations et à certains mécanismes de l’exercice s’ajoutent à ces besoins. En parallèle, les périodes d’entraînement intense peuvent modifier temporairement l’absorption du fer via l’hepcidine.
Si tu manges insuffisamment, si tu évites plusieurs familles d’aliments ou si tu augmentes fortement ton kilométrage sans adapter tes repas, l’équilibre peut devenir défavorable. Le problème ne vient donc pas nécessairement d’un seul aliment manquant. Il peut résulter d’un cumul entre pertes, besoins élevés, absorption variable et apports insuffisants.
Miser sur des apports réguliers en fer
Le premier réflexe consiste à intégrer régulièrement des aliments qui apportent du fer. Le fer alimentaire existe sous deux formes principales :
Le fer héminique, présent dans les aliments d’origine animale. Il est généralement mieux absorbé par l’organisme.
Le fer non héminique, présent dans les végétaux, les légumineuses, les céréales et certains aliments enrichis. Son absorption varie davantage selon la composition du repas.
Si tu manges de tout, tu peux alterner les sources animales et végétales. Si tu suis une alimentation végétarienne, une attention particulière aux apports et à l’association des aliments est utile.
Voici quelques exemples de portions concrètes :
| Aliment | Portion indicative | Intérêt nutritionnel |
|---|---|---|
Lentilles cuites | 150 à 200 grammes | Source de fer non héminique |
Pois chiches cuits | 150 à 200 grammes | Source de fer non héminique |
Haricots rouges cuits | 150 à 200 grammes | Source de fer non héminique |
Tofu | 100 à 150 grammes | Apport variable selon le produit |
Bœuf cuit | 100 à 120 grammes | Source de fer héminique |
Moules cuites | 100 à 150 grammes | Source de fer, teneur variable |
Céréales enrichies en fer | Selon l’étiquette | Apport dépendant du produit |
Ces portions illustrent des possibilités alimentaires. Elles ne garantissent pas à elles seules de couvrir tes besoins quotidiens. Les teneurs en fer varient selon les produits, les marques et les modes de préparation. L’objectif est d’intégrer des sources de fer dans ton alimentation de manière régulière, sans te limiter à un seul aliment ni multiplier inutilement les portions.
Tu es végétarienne ? Associe le fer végétal à la vitamine C
Le fer des végétaux est moins facilement absorbé que le fer héminique. Mais une alimentation végétarienne bien construite peut apporter du fer et en quantité suffisante. Une stratégie simple consiste à associer les aliments riches en fer à une source de vitamine C au cours du même repas.
👉 Par exemple :
Lentilles et poivrons crus,
Salade de pois chiches et tomates,
Tofu accompagné de brocolis,
Haricots rouges avec une salsa de tomates,
Pain complet et kiwi ou agrume au cours du repas.
La vitamine C améliore l’absorption du fer non héminique. À l’inverse, certains composés du thé et du café peuvent la réduire lorsqu’ils sont consommés en même temps que le repas. Si tes réserves sont faibles, tu peux les décaler (2 heures minimum) plutôt que de les boire systématiquement à table.
Tu n’as pas besoin de supprimer le thé, le café ou les aliments riches en fibres. L’idée est de jouer sur les associations et le moment de consommation, sans rendre ton alimentation compliquée. Tout est une question de timing finalement.
Quel est bon moment pour consommer du fer autour de tes séances
Après un effort d’endurance, ton organisme augmente temporairement la production d’hepcidine. son rôle est de “bloquer la sortie” du fer des cellules vers le sang. Cette hausse est souvent observée dans les trois à six heures suivant l’effort. Des études (GSSI (2023), Contemporary Approaches to the Identification and Treatment of Iron Deficiency in Athletes) ont montré que le fer pouvait être mieux absorbé lorsqu’il était consommé le matin ou peu après une séance, avant le pic d’hepcidine. Tu peux donc en tenir compte pour organiser tes repas, notamment si tu cours le matin.
👉 Par exemple, un petit-déjeuner comprenant du pain complet et une source de vitamine C, ou un repas associant des lentilles et des légumes riches en vitamine C, peut contribuer à tes apports en fer. Mais attention : les 30 minutes qui suivent ta séance ne constituent pas une fenêtre obligatoire. Les recherches sur l’absorption à court terme ne prouvent pas qu’un horaire précis améliore systématiquement les réserves en fer à long terme.
Une étude publiée en 2023 chez des danseuses a comparé une supplémentation en fer le matin et le soir pendant huit semaines. Les deux horaires ont permis d’améliorer les réserves en fer de façon comparable. Cette étude portait sur une supplémentation, et non sur tous les repas de toutes les sportives : elle ne permet donc pas de conclure que le timing ne compte jamais, mais elle rappelle que ses effets ne sont pas systématiques.
Tu n’as pas besoin de décaler un repas essentiel ou de rester sans manger après l’effort pour respecter une fenêtre théorique. La récupération énergétique reste prioritaire.
Surveiller tes pertes et ne pas attendre d’être épuisée
Une alimentation adaptée est essentielle, mais elle ne peut pas toujours compenser des pertes importantes ou corriger une carence installée. Si tes règles sont abondantes, si tu as déjà présenté une carence ou si tu augmentes fortement ton volume d’entraînement, discute avec ton médecin de l’intérêt d’un bilan biologique adapté à ta situation. Ne demande pas uniquement un dosage de ferritine sans contexte : le professionnel de santé pourra choisir les analyses pertinentes, notamment pour interpréter correctement tes réserves en fer et rechercher une anémie.
Enfin, évite de prendre du fer en prévention sans indication. La supplémentation peut être utile lorsque la carence est avérée, mais elle doit être adaptée et suivie médicalement.
Le fer est indispensable à ta santé et à tes performances en course à pied. Les menstruations, les pertes liées à l’endurance et des apports insuffisants peuvent se cumuler et fragiliser tes réserves.
Pour les protéger :
Intègre régulièrement des aliments riches en fer.
Si tu es végétarienne, associe les sources végétales de fer à la vitamine C.
Ne banalise pas des règles abondantes ou gênantes.
Consulte si ta fatigue persiste ou si tes performances diminuent sans explication.
Fais interpréter tes résultats biologiques par un professionnel de santé.
Si un traitement médicamenteux à base de fer t’est prescrit, suis cette prescription et signale les éventuels effets digestifs.
Ne prends pas de complément de fer sans avis médical.
Tu n’as pas besoin d’attendre d’être anémique pour prendre soin de tes réserves. Une prise en charge précoce permet de comprendre l’origine du problème et d’adapter tes habitudes, ton traitement si nécessaire et ton entraînement.
Ton objectif n’est pas seulement de courir plus vite : c’est aussi de pouvoir courir longtemps, en bonne santé.

Mélanie
Publié le , mis à jour le
Mélanie FRECHON, passionnée de cuisine, de sport (triathlon) et de nutrition depuis toujours ! Je suis diététicienne nutritionniste diplômée d’État et spécialisée en nutrition du sport. Mon coeur de cible est et restera la nutrition du sport. Je suis spécialisée dans la prise en charge des sportifs d’endurance. Toutefois, je prends aussi en charge les autres types de sport mais aussi les futures mamans, les jeunes enfants et les personnes à la recherche d’une amélioration globale de leur hygiène de vie. https://melanie-nutritionniste.fr/
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