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L'UTMB 2026 a été remporté par l'Américain Ben Dhiman en 18 heures 16 minutes et 29 secondes, premier homme sous les 19 heures, et par la Française Blandine L'Hirondel en 21 heures 54 minutes et 49 secondes, première femme sous les 22 heures. Mais avec un départ décalé de deux heures pour cause d'orages et un parcours raccourci à 174 kilomètres, aucun des deux chronos n'est homologué comme record.
Et pourtant, cette édition 2026 restera. Pas seulement pour les deux chronos les plus rapides jamais courus autour du Mont-Blanc, mais pour ce paradoxe : une course vidée de ses stars avant même le départ, et qui délivre tout de même la performance la plus impressionnante de son histoire. On te déroule tout, et surtout ce que ça t'apprend si tu prépares ton propre trail.
L'essentiel à retenir :
Ben Dhiman (USA) remporte l'UTMB 2026 en 18h16'29 : personne n'était jamais passé sous les 19 heures sur cette course.
Blandine L'Hirondel (France) gagne chez les femmes en 21h54'49, première femme sous les 22 heures et première victoire française depuis 2016.
Aucun de ces deux chronos n'est un record officiel : le départ a été décalé de 2 heures pour orages et le parcours raccourci à 174 kilomètres.
Hécatombe chez les favori(te)s : Tom Evans, Ruth Croft, Kilian Jornet et Jim Walmsley absents ; Vincent Bouillard et Courtney Dauwalter abandonnent dans la nuit.
Ce qu'il faut en retenir pour ton propre trail : une course peut se jouer sur la capacité mentale à rebondir face aux imprévus, sur la gestion du départ et... sur l'estomac. Bonne nouvelle : ça se travaille !
Qui a gagné l'UTMB 2026 ?
Ben Dhiman chez les hommes, Blandine L'Hirondel chez les femmes. Deux victoires très différentes : une démonstration de force d'un côté, une victoire arrachée dans la douleur de l'autre.
Ben Dhiman, la démonstration et la consécration sur l’UTMB 2026
Deuxième en 2025, derrière Tom Evans, l’Américain avait le couteau entre les dents pour cette nouvelle édition. Dans le peloton de tête dès le départ, il part seul aux alentours de La Balme (à peine plus de 40 kilomètres de course) et ne sera jamais rattrapé. Preuve de son envie d’en découdre : il améliore son propre chrono de 1 heure et 35 minutes.
Les chiffres de sa course sont impressionnants : 30 minutes d'avance à La Fouly, et surtout 9 minutes 23 secondes d'arrêt cumulé sur 174 kilomètres. À titre de comparaison, la plupart des coureur(se)s de tête passent entre 30 et 45 minutes aux ravitaillements. Sans parler des coureur(se)s amateur(ice)s qui s’arrêtent plusieurs heures.
Mais ne va pas croire que Ben Dhiman a été épargné par le tant redouté tour du Mont Blanc : un bâton cassé, une chute sur une pierre, et une arrivée à Chamonix le genou en sang confirment que sur ultra-trail, même les plus hautes performances s’accompagnent (souvent) de belles déconvenues.
💡 On note aussi la magnifique performance de notre Français Baptiste Chassagne qui casse lui-aussi la barre des 19 heures en passant la ligne d’arrivée au bout de 18 heures 47 minutes et 38 secondes de course.
Blandine L'Hirondel, dix ans d'attente
Chez les femmes, c'est une autre histoire. Blandine L'Hirondel prend la tête dès Saint-Gervais, aux alentours du 23e kilomètre et gère : 13 minutes d'avance à mi-course, 40 minutes à Vallorcine.
Mais il ne faut jamais crier victoire trop vite sur l'UTMB ! En effet, la fin est plus rude pour notre Française. Trois petites chutes tirent la sonnette d’alarme, suivies d’une plus grosse sur le terrain technique vers La Flégère, dans la dernière descente. Mais rien n’aura eu raison de la détermination de Blandine qui franchit la ligne d’arrivée et laisse éclater au grand jour toutes les émotions d’une année difficile qui se termine en apothéose. On a encore des frissons.
Blandine L’Hirondel et l’UTMB en quelques mots :
Première femme sous les 22 heures sur l'UTMB.
Triplé OCC (2021) – CCC (2022) – UTMB (2026) : elle n'est que la 2e femme à réussir ce grand chelem, après Ruth Croft. Côté masculin, seul Xavier Thévenard l'a fait.
Première victoire française chez les femmes depuis Caroline Chaverot en 2016.
Elle finit 26e au scratch, alors qu'elle était encore 82ᵉ au 32e kilomètre
Les podiums et top 10 complets
Top 10 Hommes - UTMB 2026
| Place | Coureur | Temps |
|---|---|---|
🥇 | Ben Dhiman | 18h16'29 |
🥈 | Baptiste Chassagne | 18h47'38 |
🥉 | Caleb Olson | 18h48'24 |
4. | Virgile Morisset | 19h00'23 |
5. | Joaquín López | 19h06'48 |
6. | Hannes Namberger | 19h13'51 |
7. | Gautier Bonnecarrère | 19h23'16 |
8. | Antoine Charvolin | 19h40'33 |
9. | Yannick Noël | 19h51'42 |
10. | Jean-Philippe Tschumi | 19h58'24 |
Top 10 Femmes - UTMB 2026
| Place | Coureuse | Temps |
|---|---|---|
🥇 | Blandine L'Hirondel | 21h54'49 |
🥈 | Rachel Entrekin | 22h15'54 |
🥉 | Emily Schmitz | 22h17'28 |
4. | Careth Arnold | 23h05'20 |
5. | Jazmine Lowther | 23h21'55 |
6. | Katarzyna Dombrowska | 23h27'34 |
7. | Lucy Bartholomew | 23h44'29 |
8. | Antonina Iushina | 23h49'58 |
9. | Anne-Cécile Thévenot | 24h02'00 |
10. | Anne-Sofie Pollestad | 24h04'56 |
Pourquoi les chronos de l'UTMB 2026 ne comptent pas comme records ?
Le parcours et l’heure de départ ont été modifiés, ce qui a créé des confusions et des incompréhensions sur les temps officiels et les records des épreuves.
Qu'est-ce qui a changé sur le parcours ?
Deux grosses vagues orageuses ont été annoncées sur le massif en fin de journée. Face aux dangers que représente un orage en montagne, l’organisation a décalé le départ de deux heures (19 heures 45 au lieu de 17 heures 45, vendredi 28 août) et a choisi d’adapter le parcours. Ce dernier a ainsi contourné le secteur des Pyramides Calcaires.
👉 Résultat : 174 kilomètres (173,6 kilomètres mesurés) pour environ 9 700 mètres de dénivelé positif, au lieu des 9 900 mètres prévus.
Quels sont les records officiels de l'UTMB ?
| Détenteur(ice) | Temps | Année | |
|---|---|---|---|
Record officiel hommes | Kilian Jornet | 19h49'30 | 2022 |
Record officiel femmes | Katie Schide | 22h09'31 | 2024 |
Meilleur temps 2026 (non homologué) | Ben Dhiman | 18h16'29 | 2026 |
Meilleur temps 2026 (non homologué) | Blandine L'Hirondel | 21h54'49 | 2026 |
Comment comparer deux éditions de l'UTMB, alors ?
Honnêtement : difficilement. Le tracé bouge presque chaque année selon la météo et l'état des sentiers. On a pu voir des chronos inférieurs au fil des ans, notamment en 2023 avec Jim Walmsley avec ses 19 heures 37 minutes et 43 secondes ou encore Tom Evans (19 heures 18 minutes et 58 secondes) en 2025, mais les parcours avaient été modifiés pour faire face, comme cette année, à des aléas climatiques.
C'est la leçon la plus transposable de cette édition, et elle vaut aussi pour toi : en trail, un chrono sans son contexte ne veut rien dire. Distance réelle, dénivelé réel, météo, état du sol, température. C'est exactement pour ça qu'on regarde l'Index UTMB plutôt que les temps bruts pour comparer deux performances.
Pourquoi autant de favoris ont abandonné sur l'UTMB 2026 ?
Deux critères ont mené à cette hécatombe du côté des favori(te)s : un plateau déjà amputé avant le départ et une nuit de course qui a fait le tri de manière brutale dans le premier tiers de course.
UTMB 2026 : que s'est-il passé au Lac Combal ?
C'est là que la course a basculé. On dénombre 48 abandons sur ce seul point de passage, situé au kilomètre 68 (68e kilomètre) et parmi eux, quatre favori(te)s en 27 minutes au petit matin du samedi : Rod Farvard, Vincent Bouillard, Josh Wade, Courtney Dauwalter.
L’abandon de Vincent Bouillard notamment a suscité de vives réactions tant le Français était attendu sur le podium. En effet, le vainqueur de l’édition 2024, tout juste auréolé d'un record à la Western States, menait la course à Saint-Gervais (22e kilomètre) avant de connaître une descente aux enfers avec un passage de la 13e à la 57e place dans la seule montée de la Croix du Bonhomme, puis à la 95e au Lac Combal. Il a fini par jeter l’éponge au kilomètre 71,8, après 7 heures et 55 minutes de course.
Concernant Courtney Dauwalter, on peut dorénavant affirmer que le Mont Blanc ne lui réussit plus aussi bien. Elle qui avait subi sa course l’année dernière, mettant un point d’honneur à franchir la ligne d’arrivée, a dû se résoudre à abandonner sur cette édition 2026, au même endroit que Vincent.
“We didn’t know if Hardrock still lingered, we didn’t know how my body would do, and we were ready for any result as long as we tried. Because how do you know if you don’t give it a shot?”
Courtney Dauwalter
*Nous ignorions si les séquelles de la Hardrock étaient encore présentes ou comment mon corps réagirait, mais nous étions prêts à accepter n'importe quel résultat, tant que nous aurions essayé. Car comment savoir si l'on ne tente pas sa chance ?
Le calendrier est-il le vrai coupable ?
C'est l'hypothèse la plus solide, et elle dépasse largement l'UTMB.
Vincent Bouillard arrivait de la Western States. Courtney Dauwalter enchaînait la Cocodona 250 (mai) puis la Hardrock 100 (juillet). François D'Haene et Ludovic Pommeret ont simplement choisi d'autres objectifs. Le circuit s'est densifié, et les grandes classiques paient elles-aussi l'addition.
Ajoute à ça le départ décalé à 19 heure 45, qui a rallongé la portion de course dans le noir sur un terrain rendu humide par les orages. La sélection s'est faite de nuit, sur la fatigue et le froid, pas sur la vitesse.
Que retenir de la course de Théo Detienne ?
Une prédiction juste, un estomac qui lâche, et une 71ᵉ place qui raconte plus de choses qu'un podium. La prophétie qui s'est réalisée contre lui
Avant le départ, Théo Detienne annonçait :
« Ça va être une édition très particulière. Beaucoup de favoris au départ, une course très nerveuse jusqu'à Courmayeur. Au final, la moitié des favoris abandonnera à Courmayeur et ce seront plutôt des outsiders qui joueront devant. »
Théo Détienne
Il avait raison sur tout. Sauf sur son propre sort. Quelques jours plus tôt, il disait aussi : « Je ne me suis jamais senti aussi fort. », tout en restant conscient de la difficulté et du caractère imprévisible d’une course comme l’UTMB. Victime de gros problèmes digestifs, malade et pris de vomissements, il décide de renoncer au classement et d’opter pour l’objectif du scénario catastrophe : terminer la course. C’est ce qu’il fait finalement en 24 heures et 41 secondes, prenant la 71e place.
⚠️ On parle ici d’une contre-performance pour un niveau élite ! On a pu lire que Théo avait terminé au fin fond du classement : loin s’en faut. Il réalise un temps exceptionnel pour la plupart des coureur(se)s amateur(ice)s. Veillons toujours à ne pas banaliser la performance et à les replacer dans leurs contextes.
Quels sont les résultats des autres courses de l'UTMB 2026 ?
La semaine de Chamonix, ce sont sept courses. Voici les vainqueurs de chacune.
| Courses | Hommes | Femmes |
|---|---|---|
ETC | Taylor Stack | Marie Nivet |
MCC | Gatien Airiau | Noémie Lepoutre |
OCC | Frédéric Tranchand | Lauren Gregory |
TDS | Rémy Brassac | Sarah Vieuille |
CCC | Cristian Minoggio | Yngvild Kaspersen |
💡 Si tu veux comprendre ce qui distingue ces formats les uns des autres, on a détaillé ça dans notre article sur les différents formats de courses de l'UTMB.
Qu'est-ce que l'UTMB 2026 t'apprend pour ton propre trail ?
C'est là que ça devient intéressant pour toi. Cette édition est un cas d'école, et les trois enseignements sont directement transposables à ton prochain trail.
Leçon 1 : partir trop fort, c’est (trop) risqué.
Même si l’Histoire nous montre que les choses ne sont pas si simples, on peut affirmer que souvent, celles et ceux qui sont devant au départ le sont rarement à l’arrivée. A contrario, un départ prudent peut permettre une magnifique remontada dans le dernier tiers de course.
Ainsi, évite de t’enflammer sur la ligne de départ, encore plus sur un ultra-trail aussi relevé que l’UTMB. Au contraire, adopte ton allure cible, laisse partir les élites (tu ne les retrouveras pas) et les trop téméraires (que tu reverras bien assez vite).
Leçon 2 : ton estomac est un organe qu'on entraîne
Théo Detienne a perdu sa course sur des vomissements, pas sur ses jambes. Et ce n'est pas un cas isolé : les troubles digestifs sont l'une des premières causes d'abandon en ultra.
La bonne nouvelle, c'est que ça se travaille. Teste ta stratégie nutritionnelle sur tes sorties longues, aux allures de course, avec les produits exacts et les quantités que tu prévois. Le ravitaillement, ça se travaille aussi minutieusement que l’entraînement “classique”.
Leçon 3 : savoir changer d'objectif en course est une compétence
C'est la compétence mentale la plus sous-estimée en trail : réviser ton objectif à mi-course sans tout lâcher. Un plan A qui s'effondre n'oblige pas à abandonner : il oblige à passer au plan B. Prépare-le avant le départ, pas comme une simple hypothèse lointaine mais bien comme une possibilité qu’il faut envisager et travailler.

Voilà, tu sais tout de cette nouvelle édition de l'UTMB. Rendez-vous en 2027 pour encore plus de larmes, de sourires, de frissons et d'émotions fortes !

Nolwenn
Publié le , mis à jour le
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