Journée internationale des droits des femmes : manifesto à la gloire des coureuses

Manon
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Sommaire
Le droit de courir : quand Stamata Revithi, Kathrine Switzer (et tant d’autres) ont pris la place qu’elles souhaitaient occuper
La sensibilisation aux bienfaits du sport pendant la grossesse et au droit de courir enceinte continue
Courir quand on est mère : un engagement que l’on prend avec soi-même… et qui ne regarde que soi !
Courir où et quand l’on veut : une action qui en dit long sur notre liberté d’être et d’agir
Le droit de courir dans une tenue pensée pour les femmes (et de notre choix) : quand la prise en compte de nos spécificités engendre un sentiment de considération, et notre progression
Courir à son propre rythme : une revendication pour s'apprécier à sa juste valeur, sans comparaison

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La journée internationale des droits des femmes. Une journée, chaque année la même depuis 1977 et son officialisation par l’Organisation des Nations unies (ONU). Le 8 mars. Un rendez-vous pris avec la moitié de l’humanité, pour lui rappeler qu’elle compte, qu’elle est importante, qu’elle possède des droits fondamentaux que nul ne peut prétendre lui soustraire… et que si un devoir lui incombe, c’est bien celui de s’efforcer à acquérir ceux qui ne lui sont pas encore — ou partiellement — accordés.
Pour nous, qui courons, courir apparaît comme étant aussi évident que le fait de marcher. Et on ne peut imaginer interdire à quelqu’un de se déplacer. Pourtant, nous — les femmes — ne sommes tolérées dans les compétitions, et plus largement dans l’espace public en tant que sportives, que depuis une petite centaine d’années. Dans cet article, nous te proposons de revenir un peu en arrière — car oui, ce n’était véritablement il n’y a pas si longtemps 🙊 — afin de mesurer le chemin parcouru par nos prédéce-sœurs pour faire valoir leurs droits, qui sont aujourd’hui les nôtres. On adoptera aussi un œil critique sur la situation actuelle des coureuses et sur les violences et les préjugés qu’elles subissent dans leur pratique et qui les brident dans la pleine expansion de leurs foulées. Heureusement, comme tu t’apprêtes à le constater, il y aussi de belles choses à souligner.
💡 On ne veut pas parler ici de combat pour les droits des femmes, car si des droits inhérents ne devraient jamais être soustraits dans la violence, il en va de même pour leur reconquête. Oui, voilà. Parlons plutôt d’une reconquête pacifique de nos droits. Comme le dit Nicole Kidman, alias Silvia Broome, dans le film The Interpreter, « just a belief that words and compassion are the better way. Even if it's slower than a gun ». En français, cela donne : « juste la conviction que les mots et la compassion sont la meilleure solution, même s’ils sont plus lents qu’une arme à feu ».
Les faits sont là : les femmes défendent leurs droits via des actes inoubliables, des convictions chevillées au corps, des discours poignants et une sororité indéfectible.

Le droit de courir : quand Stamata Revithi, Kathrine Switzer (et tant d’autres) ont pris la place qu’elles souhaitaient occuper
Le premier marathon olympique de l’ère moderne s’est tenu aux Jeux olympiques d’Athènes, en 1896. Au départ, 17 coureurs, et pas une femme. Enfin si, une outsider qui s’est vue refuser le départ avec ses compères : la coureuse Stamata Revithi a ainsi effectué le même parcours que celui des hommes le lendemain. Sa performance n’a malheureusement jamais été reconnue par les instances officielles de l’époque. Mais nous la reconnaissons, à notre humble échelle, à travers ces mots : merci, Stamata — qui signifie « arrête ! » en grec, un drôle de prénom pour une femme inarrêtable.
Autre acte de bravoure, en 1967, Kathrine Switzer s’aligne sur le marathon de Boston, dont le règlement n’interdit pas explicitement aux femmes de participer à la course à laquelle il se réfère (pourquoi en parler quand il coule de source que celles-ci n’ont tout bonnement pas leur place sur un tel événement ?). Tandis qu’elle s’adonne à son effort, le directeur de course — Jock Semple — la bouscule et tente de lui arracher son dossard. Des images fortes qui ont fait le tour du monde et ébranlé ses certitudes étroites et rétrogrades. Après sa course, Kathrine est disqualifiée et suspendue par la fédération américaine d’athlétisme. Elle milite ensuite pour que le marathon de Boston soit ouvert aux femmes et pour que les Jeux olympiques proposent un marathon à cette partie de l’humanité totalement occultée. Le premier marathon olympique féminin a ainsi vu le jour aux JO de Los Angeles, en 1984… 88 ans après le premier marathon olympique masculin ! Oui, les calculs ne sont pas bons, Kevin. Pas bon du tout. Les femmes ont (TROP) longtemps été exclues de la sphère sportive. Et on comprend pourquoi certains hommes craignaient leur présence : non pas pour les protéger contre les méfaits du sport (pour veiller à ce que leur utérus ne se décroche pas, par exemple 🤡), mais par peur de les y voir performer — plus qu’eux, en tout cas — et qu’elles ne mesurent l’étendue de leurs capacités, de leur force. Quand on y pense, compte tenu du retard conséquent que les femmes accusent sur leurs semblables, leur remontada n’en est que plus impressionnante : les femmes talonnent les hommes alors que ces derniers ont pris le départ du premier marathon olympique presque 100 ans avant elles. Sexe faible, mon œil.
Et en parlant d’anecdotes aberrantes, savais-tu que le 800 mètres féminin a fait son apparition aux Jeux olympiques d’Amsterdam, en 1928, avant de disparaître pendant une trentaine d’années. Eh oui, comprends-tu, l’événement a été largement controversé, l’épreuve ayant été jugée trop longue (🥲) pour des êtres aussi fragiles. On marche sur la tête. Le 800 mètres féminin ne réapparaît officiellement au programme des JO qu’en 1960, à Rome.
💡 Si nous avons choisi d’illustrer la place des femmes dans le sport, et plus spécifiquement dans le monde de la course à pied, à travers l’exemple des Jeux olympiques, c’est parce qu’il s’agit d’un événement mondial, qui reflète donc l’état d’esprit global de l’humanité à plusieurs périodes données. Par ailleurs, à l’image de l’engouement pour le sport qui suit naturellement une olympiade, on imagine bien qu’un événement d’une telle ampleur dans lequel les femmes ne sont presque pas représentées rendait la pratique du sport au quotidien assez marginale et clivante pour celles qui s’y risquaient… Quant à leurs consœurs, peut-être n’avaient-elles même pas conscience du fait qu’une pratique sportive soit une option dans leur vie, faute de représentations.
La sensibilisation aux bienfaits du sport pendant la grossesse et au droit de courir enceinte continue
Le corps des femmes fait l’objet de nombreux commentaires… parfois émis par des hommes qui ont un avis bien tranché sur le sujet. À croire que le ressenti des femmes et la connaissance de leur propre corps ne comptent pas. C’est ainsi que des idées préconçues s’immiscent dans l’imaginaire collectif. « On pourrait devenir des hommes, développer de grosses jambes, avoir la poitrine poilue et l’utérus qui descend. C’est ce qu’on croyait à l’époque. Et c’est ce que les femmes croyaient aussi. C’était terrible. », raconte Kathrine Switzer pour le média Radio-Canada. Si aujourd’hui, on tend à dépasser ces croyances qui semblent absurdes, d’autres persistent. À commencer par certaines relatives à la sacro-sainte grossesse. Oui, courir enceinte est encore un sujet qui fait débat. On craint la fausse couche, alors pour l’éviter, on entend parfois dire qu’il vaut mieux rester alitée. Pourtant, l’écrasante majorité des fausses couches survient sans qu’on ne puisse en trouver la cause. Par ailleurs, toutes les opinions consistant à croire, qu’en courant, le bébé puisse se décrocher, naître prématurément ou afficher un faible poids de naissance, sont également des non-sens. Que cela soit bien clair : le fait de rester en mouvement pendant la grossesse via la pratique d’une activité physique ne présente que des avantages : maintien de la santé cardiovasculaire et de la condition musculaire, amélioration de la circulation sanguine, contrôle de la prise de poids, sommeil facilité, et cætera. Évidemment, on recommande davantage la pratique de la course à pied aux femmes qui couraient déjà avant leur grossesse, mais commencer à courir enceinte est tout à fait possible sous aval médical, en l’absence de contre-indications, à condition de demeurer à l’écoute de ses sensations et d’y aller progressivement (exactement comme une femme qui n’est pas enceinte, ou un homme, en fait 💁🏽 !).
Si l’on a connaissance des bienfaits du running pendant la grossesse et de notre droit de nous adonner à ce sport, c’est parce que des femmes engagées nous ont ouvert la voie. On pense notamment à l’ultra-traileuse et gynécologue Blandine L’Hirondel qui partage son savoir et fait de la prévention sur son compte Instagram @lagynecosportive. Il y a aussi les athlètes qui nous montrent qu’il est possible de courir enceinte : Anaïs Quemener, Alice Michel, Romane Lemière ou encore Marine Gibard.
Et parce que notre droit de courir passe par une reconnaissance concrète de notre statut de femme dans l’écosystème de la course à pied, des organisations de course prennent des mesures pour garantir notre inclusion et l’égalité de nos droits avec les hommes. L’Ultra-Trail du Mont-Blanc met par exemple à la disposition des femmes des produits menstruels et des articles d’hygiène sur les postes de ravitaillement de ses courses. Dans sa politique d’inclusion, l’organisation garantit aussi aux femmes enceintes, à leurs compagnons/compagnes, à celles et ceux qui adoptent un enfant ou qui ont recours à une mère porteuse ou à la PMA, un remboursement complet de leur dossard et un report de leur inscription. 🙏
💡 Si la course à pied pendant la grossesse est un droit, ce n’est toutefois pas un devoir. On peut ainsi choisir, ou être contrainte de ne pas courir pendant cette période (inconfort, nausées, envie/besoin de se reposer, et cætera). Enfin, le droit de courir enceinte ne doit pas effacer le droit de ne pas vouloir d’enfant. Tous les droits se valent pourvu qu’ils n'impactent pas de manière délétère ceux des autres. « La liberté des un(e)s s’arrête là où commence celle des autres ».

Courir quand on est mère : un engagement que l’on prend avec soi-même… et qui ne regarde que soi !
La culpabilité maternelle, tu connais ? C’est un sentiment qui naît dès lors que l’on devient mère. À croire qu’il est inscrit dans notre code génétique. Les mères n’ont pas besoin que les autres les toisent et les critiquent ouvertement pour culpabiliser. Elles le font très bien toutes seules. Mais vraiment, les jugements d’autrui ne concourent pas à les apaiser. Alors si tu penses qu’une mère qui court est égoïste, premièrement, garde-le pour toi ; et ensuite, remets-toi en question.
Tout ce que l’on fait pour soi est par essence égoïste, et il n’y a rien de péjoratif à cela. Ce qui l’est, en revanche, c’est de s’octroyer le droit de vitupérer auprès d’une mère, surtout lorsqu’elle n’a sollicité aucun avis extérieur. Bien plus qu’un acte égoïste, courir est vital à qui s’y épanouit. C’est une soupape de décompression, un temps pour souffler, un moment pour soi. Et quel mal peut-il bien y avoir à se recentrer lorsqu’on est sollicitée et que l’on se dédie et s’oublie auprès des autres à longueur de journée ? Nous avons le droit de courir, nous avons le devoir d’être égoïstes. Au nom de l’amour que l’on porte à celles et ceux qui comptent sur nous (et pour nous), et surtout au nom de notre amour-propre, continuons de penser à nous pour acquérir la force nécessaire pour pousser les meubles, et faire de la place aux autres.
Il nous vient en tête quelques exemples de mères qui pensent à elles et qui, simplement à travers cela, inspirent des milliers d’autres à faire de même. Il y a bien sûr Sophie Power, que l’on a découvert à travers le formidable cliché d’Alexis Berg (voir ci-dessous), en train d’allaiter son bébé de trois mois lors de l’UTMB 2018. On pense aussi à Christine de Geloes, maman de six enfants qui s’illustrent sur ultra-trail ces dernières années. Et combien sont-elles à courir pendant que leurs enfants dorment ou sur leur pause du midi, dans un quotidien bien rempli ? Combien sont-elles à courir dans l’ombre, sans jamais quémander d’éloges, dévorant pleinement — et la culpabilité au cœur — ce droit de courir qu’elle revendique chaque fois qu’elles enfilent leur paire de baskets ? On vous voit, et on vous admire.
Courir où et quand l’on veut : une action qui en dit long sur notre liberté d’être et d’agir
À côté de certains États totalitaires dans lesquels les femmes sont exclues de la vie publique, le droit de courir peut paraître bien dérisoire. Et pourtant, c’est tout le contraire. Courir, ce n’est pas juste courir. C’est le droit de se déplacer, de se dépenser, de s’essayer à une activité physique puis de changer d’avis, de progresser, de prendre confiance en soi, de s’affirmer.
Avoir le droit de courir quand on est une femme n’est pas une chance ; c’est normal. En être privé(e) est une injustice. Remettre cela entre les mains de la chance revient à nous contenter de ce à quoi on nous autorise l’accès, et c’est exactement de cette manière que fonctionnent les oppresseurs : petit à petit, ils réduisent nos libertés, pour que la plus infime d’entre elles nous apparaisse comme étant une chance inouïe. Il ne manquerait plus qu’on nous demande de dire merci.
Courir quand et où l’on veut, cela nous paraît si naturel qu’on ne le conscientise pas. Pourtant, quand on y réfléchit bien, ce droit d’être et d’agir dans le respect des autres est le fondement même de notre liberté. N’avoir de comptes à rendre à personne, s’organiser comme on le souhaite, choisir de courir sur un nouvel itinéraire ou de faire demi-tour, courir un jour le matin et le lendemain en soirée. Il n’y a pas de règles qui tiennent, pas de code à respecter ; juste nous, qui décidons de tout, en jonglant avec nos impératifs.
Tout cela paraît bien beau, mais en vérité, au milieu de ces décisions qui nous appartiennent, il y a (trop) souvent des facteurs indésirables qui viennent entacher notre moment de sport. Et ces derniers sont presque tout le temps des hommes. Des hommes qui nous sifflent, nous klaxonnent, font peser sur nous des regards malsains et malaisants. Et parfois, ces hommes passent à l’attaque. Tu penses que ça n’arrive qu’aux autres ? Moi aussi, je le croyais, avant d’en être victime, en 2016, lors d’un footing. Une agression sexuelle qui s’est soldée par la fuite de mon bourreau, lâche jusqu’au bout. Mais qu’attendre d’autre de lui ? Les policiers m’ont dit que j’avais eu de la chance dans mon malheur, et je suis révoltée qu’on en arrive à parler de chance dans ce genre de situation. J’ai le droit de courir en paix, sans risquer de me faire agresser, et ceux qui veulent faire mentir cette règle commettent un crime.
Comme moi, tu te méfies peut-être des hommes que tu croises, tu évites les passages étroits, tu es à l’affût du moindre danger. Cela ne devrait pas être le cas, et tant qu’il en sera ainsi, cela signifie que nos droits ne seront pas respectés.
Le droit de courir dans une tenue pensée pour les femmes (et de notre choix) : quand la prise en compte de nos spécificités engendre un sentiment de considération, et notre progression
Avec un hijab, en collant, en short ou en culotte de course à pied, tu es entièrement libre de te vêtir suivant tes convictions et tes préférences. Et heureusement d’ailleurs. Tu as ainsi la garantie de te sentir à l’aise et à ton avantage au cours de l’effort, et cela n’a rien d’un effet placebo. On ne peut accéder à nos retranchements lorsqu’on n’est pas un minimum convaincu(e) par son apparence.
Dans le meilleur des mondes, on aimerait clamer que l’on s’habille comme on le souhaite, mais la vérité, c’est qu’on réfléchit souvent deux fois avant de porter un mini short moulant. Les relous ne sont jamais bien loin, et notre patience, elle, est depuis longtemps épuisée. Donc, pour être parfaitement honnêtes, nous nous habillons en considérant deux facteurs : le vêtement doit nous plaire et nous mettre en valeur, mais il doit aussi suffisamment nous protéger des regards appuyés.
En plus du droit de nous vêtir comme on l’entend (et pour nous sentir en sécurité), on peut aussi compter sur un large choix de vêtements pensés en toute considération de nos spécificités morphologiques de femmes. Tiens, par exemple, depuis quelques années, il existe des sacs de trail conçus pour les femmes. Je n’oublierai jamais le jour où un chef de produit m’a présenté cet objet révolutionnaire : j’ai trouvé cela tellement évident et pourtant, je n’aurais jamais pensé en avoir besoin. Il faut dire que nous, les femmes, nous adaptons et nous conformons toute notre vie à des systèmes et des objets majoritairement pensés par et pour les hommes. Enfin ça, c’était avant. Porter un sac de trail qui fit au buste d’un homme dépourvu de poitrine ? Très peu pour nous.
Oui, heureusement que des marques s’engagent pour produire des vêtements pour les femmes. C’est notamment le cas de Wilma, une jeune marque créée en 2020 par Céline Champonnet. La vocation de Wilma ? Accompagner les femmes dans leurs aventures sportives en concevant du textile 100 % adapté à elles, à leur morphologie et à leurs problématiques. Wilma est ainsi à l’origine de deux innovations mondiales pour les cyclistes : Bloody Queen®, une technologie textile intégrée au cuissard pour pouvoir rouler pendant ses règles sans tampons ni cup menstruelle ; et Wild™, un système de pad amovible et interchangeable, équipé de la technologie Bloody Queen®. Pour les coureuses, Wilma conçoit des vêtements confortables, respirants, au maintien adéquat et évidemment super jolis. Pour la communauté Campus, la marque offre 15 % de réduction avec le code WILMA4CAMPUS. Merci Wilma ! 🫶

Courir à son propre rythme : une revendication pour s'apprécier à sa juste valeur, sans comparaison
Messieurs, par pitié, arrêtez avec vos posts « sortie récup’ avec Madame » pour justifier votre allure. Tout le monde s’en fiche. En plus, vous avez beau être convaincus d’être vraiment plus forts qu’elles, croyez-nous sur parole : nous sommes bien plus douées que vous ne l’imaginez. On entend aussi souvent dire que le sport féminin n’est pas aussi impressionnant à regarder que son pendant masculin 🤦♀️. On a ainsi pu assister à des échanges complètement lunaires dans lesquels des hommes dénigrent ouvertement la pratique sportive des femmes. Comme en témoigne une rencontre entre Marc Madiot et Jeannie Longo, en 1987, sur le plateau de l’émission À chacun son tour. Le coureur cycliste y affirme face à la championne au calme olympien, « je suis contre le cyclisme féminin […] le sport doit avoir un côté esthétique […] je regarderai le cyclisme féminin le jour où elles mettront des maillots un peu plus jolis, des cuissards un peu plus jolis et des chaussures un peu plus jolis, c’est tout ». N’en déplaise aux hommes, la dernière de nos préoccupations lorsque nous faisons du sport est de leur plaire. Nous avons bien d’autres aspirations.
Depuis, Monsieur Madiot a avoué regretter ses propos, à l’image de Jock Semple, le directeur de course du marathon de Boston qui avait tenté d’arracher le dossard 261 de Kathrine Switzer. Comme quoi, si les discriminations sont systémiques, notre responsabilité quant au fait de ne pas les perpétuer nous est propre. Merci d’avoir osé aller à contre-courant de vos convictions passées, messieurs. Vous contribuez aussi à revendiquer nos droits. 🙏
Par ailleurs, outre les préférences individuelles de chacun(e) en matière de sport masculin ou féminin lorsqu'il est question de se divertir, il nous semble important de souligner que l’unique fonction de la pratique sportive n’est pas la performance individuelle. Celle-ci est secondaire, car nul ne saurait s’adonner littéralement corps et âme à un sport sans aimer rien qu'un peu ce dernier. Alors soyons indulgent(e)s les un(e)s envers les autres ; tout le monde n'a pas pour vocation de devenir champion(ne) du monde.
Dans notre enquête running 2025, nous avons demandé aux coureurs et aux coureuses quelles étaient leurs motivations à courir :
se sentir bien dans son corps, pour 63 % de femmes et 58 % d’hommes ;
se lancer des défis, pour 60 % de femmes et 66 % d’hommes.
Chez Campus, nous sommes profondément heureux(ses) de pouvoir soutenir et accompagner les femmes dans leurs projets sportifs, et de vivre à une époque où nous avons la possibilité de pleinement démocratiser l’accès à la pratique de la course à pied pour tous et toutes. Nous le faisons à travers nos plans d’entraînement individualisés, des webinaires axés sur la grossesse et la course à pied au féminin, grâce à nos ambassadrices engagées et inspirantes (@coursptitetomate, @depuisquejecours, et beaucoup d’autres), mais aussi nos ambassadeurs que nous savons respectueux des droits des femmes. Tu auras aussi peut-être remarqué que nous sommes adeptes de l’écriture inclusive, car considérer les femmes passe notamment par le langage, et la place qu’on veut bien leur laisser lorsqu’on parle et que l’on écrit à leur sujet. Enfin, parce que Campus n’existerait pas sans eux et elle : nous sommes fier(ère)s que notre quatuor de fondateur(trice)s compte Élodie dans ses rangs, et que ses compères n’aient pas eu à se poser la question de s’ils devaient ou non se lancer dans cette aventure avec une femme. Qu’ils l’aient reconnue pour ses compétences et aient été portés par sa passion ; comme cela devrait être le cas pour n’importe quel être humain. ✨
Les droits ne sont jamais perpétuellement acquis, et notre devoir est d’en prendre conscience afin de les choyer, de les faire vivre au quotidien et de détecter les signaux nous montrant qu’autrui tente d’y porter atteinte. Alors, mesdames, au nom de nos droits, courons comme des filles ! La tête haute et le regard fier, pour honorer les femmes qui nous ont précédées, nos contemporaines et toutes celles à venir.
À titre personnel, je suis reconnaissante d'avoir le droit de travailler et de publier cet article sans avoir à me cacher derrière un pseudonyme masculin. Je suis reconnaissante de pouvoir exercer mon droit d’être mère au foyer, de courir librement, et de rédiger cet article tout en allaitant mon bébé, le cœur brûlant de gratitude, je dois l’avouer, pour celles et ceux qui se sont engagé(e)s en faveur de l’égalité, tous genres et origines confondues, celles et ceux qui y œuvrent actuellement et celles et ceux qui suivront.

Manon
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