Les courses
La Zegama-Aizkorri est une course de 42 kilomètres et 2 736 mètres de dénivelé positif disputée dans le Pays basque espagnol, et considérée comme étant l’une des épreuves les plus mythiques de trail running. Son aura repose sur trois piliers : un terrain extrêmement technique, une ambiance unique portée par des dizaines de milliers de spectateur(trice)s sur les sentiers, et un plateau élite qui réunit chaque année les meilleur(e)s spécialistes du skyrunning. En 2026, la Zegama-Aizkorri célébrait sa 25e édition et a couronné le Marocain Elhousine Elazzaoui pour la seconde année consécutive, et la Suédoise Tove Alexandersson qui signe, au passage, le record féminin de la course.
L’essentiel à retenir :
Zegama-Aizkorri est une course de 42 kilomètres et 2 736 mètres de dénivelé positif au départ de Zegama, dans le Pays basque.
Il s’agit de l’une des courses de skyrunning les plus difficiles au monde.
L’édition 2026 a eu lieu le 17 mai (25e édition).
En 2026, Elhousine Elazzaoui s'impose en 3h45'07” (doublé après 2025), et Tove Alexandersson pulvérise le record féminin en 4h08'09”.
Cette épreuve est mythique pour plusieurs raisons : son terrain technique, sa météo imprévisible, ses 10 000 spectateur(trice)s dans la montée de Sancti Spiritu, et il s’agit aussi de la manche d'ouverture des Golden Trail World Series.

Qu'est-ce que la Zegama-Aizkorri ?
La Zegama-Aizkorri est devenue en moins de vingt-cinq ans une référence absolue du trail et du skyrunning mondial.
Une course née en 2002 au Pays basque
Créée en 2002 dans le village de Zegama, au cœur du massif de l’Aizkorri, Zegama-Aizkorri s’est rapidement imposée comme une épreuve culte du calendrier international. Cette course est notamment portée par une atmosphère digne d’une étape de montagne du Tour de France : des cloches retentissent et une foule compacte se presse sur les crêtes pour encourager les coureur(se)s. Par ailleurs, contrairement à de nombreuses organisations de trails qui modifient régulièrement les tracés de leurs courses, la Zegama a su conserver son identité et son parcours, puisque ce dernier n’a pas bougé d’une semelle depuis la première édition ! Cette continuité contribue à construire sa légende et permet de comparer les performances des athlètes d’une édition à l’autre.
Une épreuve de skyrunning
La Zegama appartient à la famille du skyrunning, une discipline de course en montagne pratiquée en haute altitude, généralement au-delà de 2 000 mètres, sur des terrains très pentus pouvant dépasser les 30 % d’inclinaison. Cette pratique combine endurance, force, vélocité, technicité et passages alpins, sans toutefois aller au-delà des difficultés d’escalade de niveau 2 (possible usage des mains). Le mot “sky”, qui signifie “ciel” en anglais, reflète l’esprit de cette discipline tournée vers les sommets, le vide et la recherche d’altitude.
Voici de quelles manières le skyrunning se différencie des disciplines suivantes :
l’ultra-trail : la distance reste “courte” (42 kilomètres), sans gestion longue durée comme sur un 100 kilomètres ou un UTMB, par exemple ;
le trail classique : la technicité du terrain et l’intensité de course sont nettement supérieures ;
la course sur route : l’effort est discontinu et musculairement éprouvant, notamment dans les descentes.

Toutes les épreuves proposées à Zegama : marathon, KV et Junior trail
L’événement Zegama-Aizkorri ne se limite pas à sa course reine. Un kilomètre vertical (KV) de 5,2 kilomètres et 1 015 mètres de dénivelé positif et un Junior trail de 10,4 kilomètres et 505 mètres de dénivelé positif ont également lieu.
Quel est le parcours de la Zegama et pourquoi est-il aussi exigeant ?
La réputation de la Zegama vient autant de son profil difficile que de la brutalité de son terrain.
42 kilomètres et 2 736 mètres de dénivelé positif
Sur le papier, la distance de 42 kilomètres semble “raisonnable”. Mais les 2 736 mètres de dénivelé positif changent totalement la nature de l’effort. Par ailleurs, le parcours traverse quatre sommets majeurs du massif de l’Aizkorri et alterne montées très raides, descentes cassantes et ultra techniques, sections boueuses lorsque la météo est capricieuse, et relances permanentes. Bref, la Zegama-Aizkorri ne laisse aucun répit aux coureur(se)s, et c’est précisément ce qui fait sa difficulté si on la compare à un marathon sur route classique, où l’on court à allure stable, sans terrain piégeux ni changement abrupt de dénivelé. À savoir que les meilleurs de la discipline bouclent l’épreuve sous les 4 heures… C’est dire le niveau d’intensité demandé !
Les passages emblématiques : Aratz, Aizkorri, Aitxuri, Sancti Spiritu
Le tracé de Zegama-Aizkorri passe par plusieurs points devenus iconiques dans l’univers du trail : Aratz, Aizkorri, Aitxuri (point culminant du parcours), Sancti Spiritu (probablement la montée la plus célèbre du trail mondial). C’est notamment dans cette section que l’on retrouve les images emblématiques de supporters formant un véritable tunnel humain autour des coureur(se)s.
Le terrain (dalles calcaires, boue, crêtes exposées…)
Outre le dénivelé positif et négatif, les difficultés majeures de la Zegama résident surtout dans la technicité du sol. Les coureur(se)s doivent en effet composer avec des dalles calcaires glissantes, des racines humides, de la boue, des pierriers instables et des crêtes exposées aux éléments. Il faut dire que cette course se tenant au mois de mai dans le Pays basque, les intempéries sont encore fréquentes à cette période de l’année. Or, la météo joue un rôle important dans la difficulté de l’épreuve. Par exemple, une édition sèche peut voir naître des records, comme ce fut le cas en 2022, avec l’actuel record de l’épreuve de Kilian Jornet. Au contraire, une édition humide transforme le parcours en véritable patinoire et les chronos sont alors rallongés de plusieurs minutes.

Palmarès et records de la Zegama-Aizkorri
En 25 éditions, le parcours de la Zegama est le même. Cette constance dans l’organisation concourt largement au prestige de l’épreuve, puisque les chronos établis d’une année à l’autre peuvent facilement être comparés.
Le règne de Kilian Jornet (11 victoires)
Impossible d’évoquer Zegama-Aizkorri sans parler de Kilian Jornet. Le Catalan a en effet construit une partie de sa légende sur ces sentiers avec onze victoires à son compteur ! Il a remporté cette épreuve en 2007, 2008, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2016, 2019, 2022 et 2024. Sa capacité à descendre vite sur terrain humide, à monter tout en vélocité et à maintenir une intensité maximale pendant l’effort en font un traileur redoutable… le meilleur à Zegama en tout cas (et pas seulement !). En 2026, Jornet décroche une 43e place suite à une douleur aux releveurs qui l’a empêché de s’exprimer aux avant-postes. Par respect pour le dossard et pour l’amour du trail, des supporters et de cette épreuve qu’il chérit tant, l’athlète a rallié la ligne d’arrivée en 4h19’23”. Une performance tout à fait louable quand on sait la densité de ce rendez-vous mondial du skyrunning.
Les records actuels du parcours
Les records de Zegama-Aizkorri sont extrêmement dépendants des conditions météo : quelques millimètres de pluie suffisent à drastiquement durcir la course. Il est donc important de garder en tête que les chronos effectués d’une édition à l’autre sont à replacer dans le contexte météo dont ils découlent.
Chez les hommes, le record de l’épreuve est détenu par Kilian Jornet depuis 2022, en 3 heures 36 minutes et 40 secondes. Chez les femmes, le record de Nienke Brinkman (4 heures 16 minutes et 43 secondes, établi en 2022) a été pulvérisé en 2026 par Tove Alexandersson, en 4 heures 08 minutes et 09 secondes.
Le top 10 de l’édition 2026 : Elazzaoui signe un doublé après sa victoire en 2025, et Alexandersson s’empare du record féminin de l’épreuve
Le top 10 masculin de l’édition 2026 de la Zegama-Aizkorri
| Place | Nom de l’athlète | Pays d’origine | Chrono |
|---|---|---|---|
1. | Elhousine Elazzaoui | Maroc 🇲🇦 | 3h45’07” |
2. | Daniel Pattis | Italie 🇮🇹 | 3h45’27” |
3. | Taylor Stack | États-Unis 🇺🇸 | 3h52’17” |
4. | Manuel Merillas Moledo | Espagne 🇪🇸 | 3h53’14” |
5. | Robert Pkemoi Matayango | Kenya 🇰🇪 | 3h53’28” |
6. | Rémi Bonnet | Suisse 🇨🇭 | 3h53’57” |
7. | Maximilien Drion du Chapois | Belgique 🇧🇪/Suisse 🇨🇭 | 3h55’05” |
8. | Benjamin Roubiol | France 🇫🇷 | 3h55’21” |
9. | Aitor Ajuria | Espagne 🇪🇸 | 3h57’56” |
10. | Antonio Martínez Pérez | Espagne 🇪🇸 | 3h58’20” |
Le top 10 féminin de l’édition 2026 de la Zegama-Aizkorri
| Place (classement au scratch) | Nom de l’athlète | Pays d’origine | Chrono |
|---|---|---|---|
1. (23.) | Tove Alexandersson | Suède 🇸🇪 | 4h08’09” |
2. (53.) | Malen Osa Ansa | Espagne 🇪🇸 | 4h23’56” |
3. (58.) | Sara Alonso Martinez | Espagne 🇪🇸 | 4h25’51” |
4. (64.) | Ida Amelie Robsahm | Norvège 🇳🇴 | 4h28’19” |
5. (77.) | Maria Fuentes Olcina | Espagne 🇪🇸 | 4h33’10” |
6. (99.) | Judith Wyder | Suisse 🇨🇭 | 4h38’31” |
7. (103.) | Barbora Bukovjan | République Tchèque 🇨🇿 | 4h39’22” |
8. (105.) | Lucille Germain | France 🇫🇷 | 4h40’15” |
9. (114.) | Julie Lelong | France 🇫🇷 | 4h43’36” |
10. (117.) | Estel Roig Fortin | Espagne 🇪🇸 | 4h45’28” |
Le palmarès de la Zegama-Aizkorri
Le palmarès masculin de la Zegama Aizkorri
| Athlète | Pays d’origine | Chrono | Édition | Date |
|---|---|---|---|---|
Juan Martin Tolosa | Espagne 🇪🇸 | 4h14’23” | 1re | 7 juillet 2002 |
Fernando Garcia | Espagne 🇪🇸 | 4h08’44” | 2e | 7 juillet 2003 |
Mario Poletti | Italie 🇮🇹 | 4h06’46’ | 3e | 23 mai 2004 |
Rob Jebb | Royaume-Uni 🇬🇧 | 3h54’18” | 4e | 29 mai 2005 |
Ricardo Mejía | Mexique 🇲🇽 | 4h03’41” | 5e | 28 mai 2006 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h56’59” | 6e | 23 septembre 2007 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h59’33” | 7e | 25 mai 2008 |
Ricky Lightfoot | Royaume-Uni 🇬🇧 | 4h03’12” | 8e | 24 mai 2009 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h56’30” | 9e | 16 mai 2010 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h57’39” | 10e | 29 mai 2011 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h56’04” | 11e | 20 mai 2012 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h54’38” | 12e | 26 mai 2013 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h48’38” | 13e | 25 mai 2014 |
Tadei Pivk | Italie 🇮🇹 | 3h51’11” | 14e | 17 mai 2015 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h50’03” | 15e | 22 mai 2016 |
Stian Angermund-Vik | Norvège 🇳🇴 | 3h45’08” | 16e | 28 mai 2017 |
Rémi Bonnet | Suisse 🇨🇭 | 3h53’56” | 17e | 27 mai 2018 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h52’47” | 18e | 2 juin 2019 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h36’40” | 21e | 29 mai 2022 |
Manuel Merillas Moledo | Espagne 🇪🇸 | 3h42’01” | 22e | 14 mai 2023 |
Kilian Jornet | Espagne 🇪🇸 | 3h38’07” | 23e | 26 mai 2024 |
Elhousine Elazzaoui | Maroc 🇲🇦 | 3h43’28” | 24e | 25 mai 2025 |
Elhousine Elazzaoui | Maroc 🇲🇦 | 3h45’07” | 25e | 17 mai 2026 |
Le palmarès féminin de la Zegama Aizkorri
| Athlète | Pays d’origine | Chrono | Édition | Date |
|---|---|---|---|---|
Rosa Lasagabaster | Espagne 🇪🇸 | 6h05’27” | 1re | 7 juillet 2002 |
Ester Hernàndez | Espagne 🇪🇸 | 5h08’52” | 2e | 7 juillet 2003 |
Anna Serra | Espagne 🇪🇸 | 5h27’51” | 3e | 23 mai 2004 |
Corinne Favre | France 🇫🇷 | 5h03’57” | 4e | 29 mai 2005 |
Angela Mudge | Royaume-Uni 🇬🇧 | 4h43’04” | 5e | 28 mai 2006 |
Corinne Favre | France 🇫🇷 | 4h50’01” | 6e | 23 septembre 2007 |
Corinne Favre | France 🇫🇷 | 5h00’46” | 7e | 25 mai 2008 |
Emanuela Brizio | Italie 🇮🇹 | 4h38’19” | 8e | 24 mai 2009 |
Emanuela Brizio | Italie 🇮🇹 | 4h47’51” | 9e | 16 mai 2010 |
Oihana Kortazar | Espagne 🇪🇸 | 4h42’50” | 10e | 29 mai 2011 |
Oihana Kortazar | Espagne 🇪🇸 | 4h52’30” | 11e | 20 mai 2012 |
Emelie Forsberg | Suède 🇸🇪 | 4h48’12” | 12e | 26 mai 2013 |
Stevie Kremer | États-Unis 🇺🇸 | 4h46’43” | 13e | 25 mai 2014 |
Azara García | Espagne 🇪🇸 | 4h41’23” | 14e | 17 mai 2015 |
Yngvild Kaspersen | Norvège 🇳🇴 | 4h50’58” | 15e | 22 mai 2016 |
Maite Maiora | Espagne 🇪🇸 | 4h34’27” | 16e | 28 mai 2017 |
Ida Nilsson | Suède 🇸🇪 | 4h38’38” | 17e | 27 mai 2018 |
Eli Anne Dvergsdal | Norvège 🇳🇴 | 4h36’06” | 18e | 2 juin 2019 |
Nienke Brinkman | 4h16’43” | Pays-Bas 🇳🇱 | 21e | 29 mai 2022 |
Daniela Oemus | Allemagne 🇩🇪 | 4h31’54” | 22e | 14 mai 2023 |
Sylvia Nordskar | Norvège 🇳🇴 | 4h29’12” | 23e | 26 mai 2024 |
Sara Alonso Martínez | Espagne 🇪🇸 | 4h27’25” | 24e | 25 mai 2025 |
Tove Alexandersson | Suède 🇸🇪 | 4h08’09” | 25e | 17 mai 2026 |
💡 Les éditions 19 et 20 (en 2020 et 2021) ont été annulées à cause du Covid.
Pourquoi la Zegama est-elle considérée comme une course mythique ?
La légende de la Zegama repose sur trois éléments clés : une culture populaire forte, un parcours presque immuable et une place stratégique dans le calendrier mondial.
L'ambiance Sancti Spiritu : quelques 10 000 personnes sur un sentier
Tu es peut-être déjà tombé(e) sur des clichés montrant des dizaines de milliers de personnes réparties sur un sentier, et encourageant des traileur(se)s qui traversent ce véritable couloir de ferveur : c’est le Sancti Spiritu. Passage iconique de la Zegama, dont l'ambiance n'a rien à envier à celle des grandes étapes alpines du Tour de France !
Un tracé inchangé depuis 25 ans
Dans le milieu du trail, les parcours des différentes épreuves du calendrier évoluent souvent dans l’objectif de répondre à des contraintes environnementales, dans le cadre de nouveaux partenariats, pour assurer la sécurité des coureur(se)s, pour se diversifier et attirer de nouveaux/nouvelles sportif(ve)s, ou encore pour des raisons logistiques. La Zegama est une exception. Et pour cause, son tracé demeure inchangé depuis sa création, soit précisément 25 ans en 2026. Comme expliqué précédemment, cette continuité offre des points de repères concrets et permet notamment de comparer les époques, les records et les performances des athlètes.
Une place stratégique dans le calendrier : ouverture des Golden Trail World Series (GTWS)
La Zegama ouvre traditionnellement la saison des Golden Trail World Series. Résultat : les meilleur(e)s coureur(se)s veulent être de la partie. La course sert donc de référence pour évaluer le niveau de chacun(e) en début de saison. Et on ne croit pas exagérer en affirmant que, pour beaucoup d’athlètes, gagner ici vaut presque un titre mondial officieux…

Comment s'inscrire et se qualifier pour la Zegama ?
Participer à la Zegama est devenu presque aussi difficile que de boucler cette épreuve. On t’explique.
Tirage au sort
Contrairement à certaines grandes courses, il n’existe pas de système de qualification pour accéder au marathon principal. L’accès aux dossards repose sur une pré-inscription suivie d’un tirage au sort. Au total, 500 dossards à distribuer, dont des dossards élites et partenaires. À savoir que l’édition 2026 comptait 21 coureurs pourvus d’un indice UTMB à plus de 900, c’est stratosphérique !
Quel tarif pour s’aligner sur la Zegama-Aizkorri ?
Le tarif d’inscription à la Zegama-Aizkorri est de 75 €.
Avec son mélange de technicité, d’histoire, de culture basque et de densité élite, la Zegama-Aizkorri est tout simplement mythique. Comme en témoigne sa 25e édition, en 2026, avec le doublé d’Elhousine Elazzaoui (victoires en 2025 et en 2026) et le record de Tove Alexandersson, sans parler du champion espagnol, Kilian Jornet, qui a été entamé par un parcours qu’il connaît pourtant par cœur ! Décidément, la Zegama est impitoyable (et c’est pour ça qu’on l’aime).

Manon
Publié le , mis à jour le
partager







