Qu'appelle-t-on "aisance respiratoire" en running ?

Lou
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Sommaire
Comment puis-je retrouver une aisance respiratoire en courant ?
🫁 L’endurance fondamentale, cette allure où l’on respire librement
🌬️Comment savoir si l’on est en EF ?
👃 Faire ses footings en respirant uniquement par le nez : un exercice radical pour travailler l'aisance respiratoire ?
Quid des séances d’intensité ? Peut-on toujours rester en aisance respiratoire ?
🫄 Adopter une respiration ventrale le plus longtemps possible
😤 Respirer dans la cage thoracique quand l’effort devient trop intense

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Courir en ayant l’impression que l’air circule librement, sans lutte ni essoufflement excessif : c’est souvent ce que les coureur(se)s décrivent comme la véritable aisance respiratoire. Cette sensation est certes agréable mais elle constitue surtout un indicateur précieux pour calibrer son effort et progresser durablement en course à pied. Bonne nouvelle : même si tu as souvent l’impression de manquer de souffle, cette aisance se travaille et s’améliore avec l’entraînement.
Comment puis-je retrouver une aisance respiratoire en courant ?
Retrouver une respiration fluide en running ne passe pas par des techniques complexes ou des exercices de respiration sophistiqués. La clé réside surtout dans la gestion de l’allure et dans la capacité du corps à développer son système aérobie.
💡 En clair : apprendre à courir plus lentement… pour mieux respirer et in fine, être capable de courir plus vite. C'est la définition même du cercle vertueux.
🫁 L’endurance fondamentale, cette allure où l’on respire librement
L’endurance fondamentale (EF) correspond à l’allure que tu peux maintenir en restant aux alentours de 75 % de ta FCM (fréquence cardiaque maximale). C’est dans cette zone de travail que tu vas construire la base de ton endurance.
À cette intensité, la respiration reste confortable, tu peux parler, échanger quelques phrases et maintenir une conversation sans être interrompu(e) par l’essoufflement. On parle souvent du “talk test” ou test dit de la conversation : si discuter devient difficile, c’est probablement que l’allure est trop élevée.
👉 Physiologiquement, l’endurance fondamentale permet de développer des adaptations essentielles pour les coureur(se)s :
amélioration de la capillarisation musculaire, ce réseau de petits vaisseaux qui apporte l’oxygène aux fibres musculaires ;
augmentation du nombre et de l’efficacité des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules ;
optimisation du débit cardiaque et de la circulation de l’oxygène ;
En courant régulièrement à cette allure confortable, le corps apprend à utiliser l’oxygène plus efficacement.
💡 Conséquence ? La respiration devient progressivement plus calme, plus régulière et bien moins coûteuse en énergie pour la même allure (voire une allure plus élevée).
🌬️Comment savoir si l’on est en EF ?
L’endurance fondamentale (EF) peut se repérer grâce à plusieurs indicateurs simples. Le plus intuitif reste la facilité respiratoire.
Si tu peux discuter en courant sans reprendre ton souffle toutes les deux phrases, tu es probablement dans la bonne zone d’effort. À l’inverse, si ta respiration devient bruyante, rapide ou saccadée, l’intensité est trop élevée pour une sortie d’endurance.
D’autres repères permettent d’affiner cette perception :
une fréquence cardiaque située généralement aux alentours de 75 % de ta FCM (fréquence cardiaque maximale)
une sensation d’effort (RPE) modérée sur l’échelle de Borg, autour de 3 à 4 sur 10
une allure souvent plus lente que ce que l’on imagine, surtout chez les débutant(es).
En effet, beaucoup de coureur(se)s découvrent qu’ils ou elles courent trop vite lors de leurs footings. Ralentir peut sembler frustrant au début, mais c’est souvent la condition pour retrouver une respiration fluide et construire une base d’endurance solide. Avec le temps, cette allure deviendra naturellement plus rapide… tout en te permettant de conserver la même aisance respiratoire.
👃 Faire ses footings en respirant uniquement par le nez : un exercice radical pour travailler l'aisance respiratoire ?
Parmi les méthodes parfois proposées pour retrouver une respiration plus contrôlée, la respiration nasale est un exercice particulièrement efficace. Le principe est simple : courir en respirant uniquement par le nez pendant une partie du footing voire sur l’intégralité de ta sortie en endurance fondamentale voire en endurance active. Cette contrainte oblige naturellement à ralentir l’allure et favorise une respiration plus profonde.
Respirer par le nez présente plusieurs avantages physiologiques :
l’air est filtré, humidifié et réchauffé avant d’atteindre les voies respiratoires ;
le rythme respiratoire devient plus lent et plus régulier ;
le diaphragme est davantage sollicité, ce qui encourage une respiration ventrale.
Pour de nombreux(ses) coureur(se)s, cette technique peut réguler naturellement l’intensité. Si l’allure devient trop rapide, respirer uniquement par le nez devient impossible, signal clair qu’il faut lever le pied.
⚠️ Attention : l’objectif n’est pas de courir tout le temps de cette manière, mais d’utiliser cet exercice comme un repère ponctuel. À éviter en cas de nez bouché.
Quid des séances d’intensité ? Peut-on toujours rester en aisance respiratoire ?
Lorsqu’on court plus vite, par exemple lors d’une séance de VMA, d’un travail aux seuils ou d’une compétition, la respiration change naturellement. L’organisme demande davantage d’oxygène pour soutenir l’effort, ce qui augmente la fréquence respiratoire.
💡 Dans ces situations, chercher à garder une respiration totalement calme serait illusoire. L’objectif devient plutôt de respirer efficacement pour accompagner l’intensité.
🫄 Adopter une respiration ventrale le plus longtemps possible
La respiration ventrale, aussi appelée respiration diaphragmatique, consiste à mobiliser le diaphragme plutôt que de respirer uniquement avec le haut de la cage thoracique. Concrètement, l’abdomen se gonfle légèrement à l’inspiration et se relâche à l’expiration. Cette mécanique permet d’augmenter le volume d’air inspiré à chaque cycle respiratoire.
Chez les coureur(se)s, cette respiration présente plusieurs avantages :
elle améliore l’oxygénation musculaire ;
elle limite la respiration superficielle et saccadée ;
elle retarde l’apparition de l’essoufflement ;
elle stimule le système nerveux parasympathique, ce qui favorise un état de calme et une respiration plus efficace pendant l’effort.
En pratique, il est intéressant d’essayer de maintenir cette respiration ventrale le plus longtemps possible pendant l’effort, notamment lors des phases d’échauffement, des footings ou des portions de course moins intenses telles que les phases de récupération. Avec l’habitude, ce type de respiration devient plus naturel et permet de mieux gérer les variations d’intensité.
💡 Astuce : commence à l’utiliser dans ton quotidien, quelques minutes le soir ou le matin par exemple, pour te familiariser avec la sensations sans avoir à penser à autre chose. Peu à peu, cela deviendra bien plus aisé à mettre en pratique durant tes entraînements running, d'abord sur tes footings et tes sorties longues, puis potentiellement sur quelques séances de fractionné adaptées.
😤 Respirer dans la cage thoracique quand l’effort devient trop intense
Lorsque l’intensité augmente fortement, par exemple lors d’une fraction rapide proche de la VMA ou d’un sprint final, la respiration devient plus rapide et plus superficielle.
Dans ces situations, la respiration thoracique prend naturellement le relais. La cage thoracique se soulève davantage pour permettre des cycles respiratoires plus courts mais plus fréquents. Ce phénomène est parfaitement normal : il correspond à une adaptation du corps pour répondre à une demande élevée en oxygène.
L’essentiel est de garder une respiration rythmée et coordonnée avec la foulée, souvent selon des schémas comme : inspiration sur deux foulées, expiration sur deux foulées ou inspiration sur trois foulées, expiration sur deux. Ces rythmes varient selon les coureur(se)s et l’intensité de l’effort. L’objectif n’est pas de suivre un cadre rigide, mais de trouver son propre rythme respiratoire pour accompagner efficacement l’effort.
Après cette phase intense, la respiration retrouve progressivement un rythme plus calme pendant la récupération.

L’aisance respiratoire en course à pied n’est pas un don réservé aux athlètes expérimenté(e)s : elle se construit avec le temps et la pratique. En privilégiant l’endurance fondamentale et en apprenant à écouter son souffle, chacun peut retrouver une respiration plus fluide. Finalement, bien courir commence par un principe très simple : ralentir un peu… pour mieux respirer.

Lou
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