Quand on est une femme adepte de la course à pied et que l’on est sous contraception, il est logique de se demander de quelle manière cette dernière impacte nos performances sportives. Pilule, implant et DIU (dispositif intra-utérin) peuvent en effet modifier le cycle menstruel ainsi que les saignements, mais pour ce qui est de leurs effets sur les performances sportives, tout n’est pas aussi clair. Aussi, avant toute chose, il nous semble primordial d’effectuer un rappel : nul ne peut prétendre savoir quelle contraception convient aux femmes qui courent, sinon elles-mêmes. Et pour cause, aucune méthode unique ne peut contenter toutes les femmes, et surtout, s’accorder aux spécificités propres à chacune d’elles. Dans cet article, nous faisons donc le point sur ce que l’on sait réellement de la contraception et de son impact sur la performance en course à pied, tout en te rappelant que le choix d’une méthode contraceptive reste individuel et doit toujours être discuté avec un professionnel de santé.
L’essentiel à retenir :
Aucune contraception n’améliore ni ne dégrade franchement la performance sportive. Les effets des contraceptifs mesurés dans les études sont faibles et très variables : ta contraception ne déterminera donc pas ton chrono.
Il vaut mieux qu’une coureuse se concentre sur les effets indirects de sa méthode de contraception sur son corps et sur ses sensations (abondance des règles, fatigue, tolérance et régularité du cycle, et cætera), plutôt que sur ses performances sportives.
Un DIU au cuivre peut augmenter les saignements menstruels ; des pertes importantes et répétées peuvent contribuer à épuiser les réserves en fer.
L’absence de saignements sous contraception hormonale peut aussi rendre moins visible une perturbation menstruelle liée à un déficit énergétique. Dans le contexte du REDs, cette perturbation peut s’accompagner d'une fragilité osseuse accrue.
Le choix d’une contraception s’effectue avec un professionnel de santé. Il est important de l’informer de ta pratique sportive et de ta charge d’entraînement afin qu’il puisse te conseiller correctement. Aucun article, y compris celui-ci, ne remplace une consultation médicale.

La contraception a-t-elle un impact sur tes performances en course à pied ?
La question est légitime : si le fonctionnement naturel du cycle est impacté par certaines contraceptions, celles-ci peuvent-elles aussi modifier les performances sportives ? Tu le verras, cette interrogation permet surtout de déplacer le curseur vers ce qui doit constituer la priorité numéro 1 des femmes qui souhaitent utiliser une contraception, à savoir : opter pour une méthode compatible avec leur corps, leur règles, leur entraînement et leur santé. Et pour savoir si tu as fait le bon choix, il existe des indicateurs qui ne trompent pas et qui te sont uniques : tes sensations.
Que disent vraiment les études sur la pilule et la performance sportive ?
La revue systématique et méta-analyse d’Elliott-Sale et al. (2020), portant sur 42 études et 590 participantes, a étudié l’effet des contraceptifs oraux (et non de l’ensemble des méthodes contraceptives telles que les DIU, les implants, et cætera) sur les performances physiques des femmes. Cette revue systématique et méta-analyse a révélé que, comparées aux femmes ayant un cycle menstruel naturel, les utilisatrices de contraceptifs oraux peuvent avoir des performances légèrement inférieures en moyenne. Toutefois, le fait que seules 17 % des études aient été considérées comme étant de haute qualité et que, d’une étude à l’autre, les résultats pouvaient être très variables, on ne peut pas en conclure que les contraceptifs nuisent à la performance sportive. Évidemment, cela ne signifie pas que toutes les coureuses ressentent exactement la même chose ; tandis que certaines ne constatent aucune différence sur leurs performances sportives avec ou sans contraception, d’autres peuvent observer des changements de sensations, de saignements ou de symptômes.
Par ailleurs, le consensus du Comité international olympique indique qu’il n’existe actuellement pas suffisamment de données de haute qualité pour déterminer comment la contraception hormonale influence la performance, la récupération musculaire, la force, la fonction cardiovasculaire, les adaptations à l’entraînement ou le risque de blessure. Il recommande donc de discuter de la contraception avec un professionnel de santé et de la considérer d’abord selon les besoins contraceptifs et les considérations médicales de la concernée, plutôt qu'en fonction d'un éventuel avantage sportif.
Aussi, au-delà de l’impact de la contraception sur le chronomètre, il nous semble tout aussi intéressant de considérer le confort ou l’inconfort procurés par les contraceptifs dans un contexte de course à pied. Par exemple, une contraception qui réduit considérablement un flux de règles auparavant très abondant peut améliorer le confort d’une coureuse sans augmenter directement sa capacité à courir plus vite. À l’inverse, une méthode qui augmente les saignements peut la gêner et même, chose plus impactante encore, contribuer à diminuer ses réserves en fer.
Pourquoi tes sensations sont-elles d’excellents indicateurs ?
Sous contraception hormonale, les repères liés aux différentes phases du cycle peuvent devenir moins lisibles. Selon la méthode de contraception utilisée, les saignements peuvent être plus ou moins réguliers, abondants, faibles ou complètement absents. L’auto-observation et l’écoute de ses sensations deviennent alors centrales pour déceler une éventuelle carence en fer, ou encore un déficit énergétique. Aussi, nous te recommandons de faire le point avec ton médecin ou ta sage-femme (qui est, soit dit en passant, LA spécialiste de la femme apte à te prescrire tout type de contraception), si tu présentes les signaux suivants : une fatigue persistante, un essoufflement inhabituel à l’effort, une douleur osseuse localisée, une modification importante des saignements ou une disparition des règles inattendue. Pense également à préciser ta charge d’entraînement lors de ta consultation : le volume, la fréquence et l’intensité de ta pratique peuvent être utiles pour replacer tes symptômes dans leur contexte.
Sous contraception hormonale, les repères par « phase du cycle » s'appliquent-ils encore ?
Une contraception hormonale qui bloque l'ovulation modifie le fonctionnement naturel du cycle menstruel en mettant le système ovarien au repos. Cela peut être déroutant dans un premier temps, puisque certains symptômes, que l’on observe habituellement lorsqu’on ne prend pas de contraception, sont absents ou modifiés. Avec une pilule combinée (aussi dite œstroprogestative), par exemple, les variations hormonales ne correspondent pas à celles d’un cycle menstruel naturel. Les saignements survenant pendant la période sans hormones sont des saignements de privation, et pas des règles. D’autres contraceptions hormonales, comme l’implant ou le DIU hormonal, peuvent entraîner des saignements irréguliers ou la disparition des règles.
Il n’existe donc pas de modèle de cycle type, que l’on prenne ou non une contraception ; et les repères d’une femme ne seront pas les mêmes pour une autre. Par exemple, une femme (qui ne prend pas de contraception hormonale bloquant l'ovulation) en phase folliculaire (jours 1 à 13 du cycle) ne connaît pas forcément et systématiquement un regain d’énergie et une libido débordante (ce sont les symptômes généralement associés à cette phase) ; et une femme qui prend une pilule bloquant l'ovulation (et qui ne connaît donc pas de phase folliculaire), n’en est pas pour autant affaiblie. Comme précisé précédemment, le plus important est de suivre nos propres sensations et d’apprendre à décrypter ce qu’elles disent de notre cycle.

Quelle contraception choisir quand on est une coureuse ?
⚠️ Spoiler : il n’existe pas de contraception spécialement conçue pour les sportives. On t’aide ici à y voir plus clair dans les différentes méthodes de contraception afin que tu puisses identifier, avec l'aide d'un professionnel de santé, celle qui puisse éventuellement te convenir.
Pilule œstroprogestative ou microprogestative : quelles différences ?
La pilule œstroprogestative (ou pilule combinée) est un moyen de contraception oral qui associe un œstrogène et un progestatif. Son action contraceptive se déploie via trois axes : elle empêche l'ovulation, elle épaissit les sécrétions de glaire cervicale du col de l'utérus pour bloquer le passage des spermatozoïdes, et elle amincit la muqueuse de l’utérus (l’endomètre), ce qui empêche l’implantation d’un embryon. La pilule œstroprogestative se présente sous la forme d’une plaquette de vingt-et-une pilules à prendre quotidiennement pendant vingt-et-un jours (à raison d’une gélule par jour, donc), suivie d'un arrêt de sept jours pendant lequel surviennent des saignements de privation hormonale (ce ne sont pas des règles !). La plaquette peut aussi contenir vingt-huit pilules, à raison d’une prise en continu d’une pilule par jour. Dans ce cas-là, vingt-et-un ou vingt-quatre comprimés sont actifs, et quatre ou sept comprimés sont placebos. Cela permet de ne pas interrompre la prise entre les plaquettes, et d’éviter les oublis.
La pilule microprogestative (ou mini-pilule) est un contraceptif oral qui ne contient pas d’œstrogène, seulement une hormone progestative. Elle peut bloquer l'ovulation avec un risque d’aménorrhée (absence de règles), ou ne pas bloquer l’ovulation en épaississant la glaire cervicale pour empêcher le passage des spermatozoïdes (les règles surviennent alors généralement toutes les 4 semaines). Elle se présente sous la forme d’une plaquette de 28 comprimés et se prend en continu. La pilule microprogestative est idéale en cas de contre-indications aux œstrogènes (tabagisme, hypertension artérielle, fragilité cardiovasculaire, antécédents de thrombose, allaitement, et cætera). Il faut cependant veiller à la prendre à heure fixe ; pour te donner une petite idée, un retard de plus de trois heures peut avoir un impact sur son efficacité 😬). Dans le cadre de la pratique sportive, certaines femmes trouvent cette pilule « intéressante » car elle permet parfois de couper les règles.
DIU hormonal ou DIU au cuivre ?
Coureuse ou non, les deux DIU (dispositifs intra-utérins, aussi dits stérilets) ont un point commun important : ils évitent la contrainte de la prise quotidienne d’une pilule, avec le risque d’oubli qui l’accompagne. Leur influence sur les saignements est cependant très différente.
Tandis que le DIU au cuivre ne contient pas d’hormones et n’empêche pas le fonctionnement ovarien naturel, les saignements peuvent en revanche être plus abondants et plus longs, particulièrement pendant les premiers mois qui suivent la pose. Si tes règles étaient déjà abondantes avant la pose du DIU au cuivre, des pertes menstruelles d’autant plus importantes qui se répètent mois après mois, peuvent entraîner d’importantes pertes en fer (en plus de celles liées à l’endurance). Le consensus du Comité international olympique identifie d’ailleurs les règles abondantes et les volumes d’entraînement élevés comme des facteurs augmentant le risque de déficit en fer chez les sportives. Or, quand les réserves en fer sont trop faibles, le taux d’hémoglobine chute, et cela impacte la fatigue générale et l’endurance (l’hémoglobine est en effet une protéine riche en fer située dans les globules rouges qui sert à transporter l'oxygène des poumons vers les muscles).
Le DIU hormonal, lui, diffuse continuellement et en faible quantité, une hormone progestative (le lévonorgestrel). Il tend au fil du temps à réduire le volume, la durée et les douleurs des règles, si bien qu’une partie des utilisatrices n’a plus ses menstruations.
Quand demander un bilan sanguin à ton médecin ?
Si tu connais des saignements qui nécessitent de changer de protection toutes les heures pendant plusieurs heures, le besoin d'utiliser plusieurs protections simultanément ou des règles durant plus de sept jours, cela signifie que tu présentes probablement des saignements menstruels abondants qui justifient d'en parler à un professionnel de santé. Le bilan qu’il va te prescrire peut notamment comporter une ferritine (réserves en fer), ainsi que d’autres marqueurs comme l’hémoglobine. Si tu présentes une fatigue persistante ou un essoufflement inhabituel à l’effort, si tes performances diminuent sans explication évidente ou si tu as déjà connu une carence en fer, n’hésite pas à en parler à ton médecin. Plus généralement, tout type de symptômes ou de sensations anormales, gênantes ou douloureuses justifient un avis médical.
Implant, patch, anneau : en quoi consistent-ils ?
L’implant contraceptif est plutôt pratique ; il ne nécessite pas de prise quotidienne et permet de bloquer l’ovulation pendant trois ans. Inséré sous la peau du bras, il n’est pas plus gros qu’une allumette. Son principal inconvénient concerne les saignements, qui peuvent être difficiles à prévoir. Cela peut aller des spottings, en passant par des saignements irréguliers, des saignements prolongés ou encore, chez certaines femmes, une absence de règles.
Le patch contraceptif est un petit timbre adhésif collé sur la peau du ventre, des fesses, des bras ou du dos. Il diffuse en continu des œstrogènes et un progestatif pour bloquer l'ovulation. Il faut le changer une fois par semaine pendant 3 semaines, puis effectuer une semaine de pause sans patch (période de saignements de privation). Avec la pratique de la course à pied, le principal défi est que le patch reste correctement en place sur la peau et ne se décolle pas avec la transpiration.
L'anneau vaginal est un anneau en plastique souple inséré au fond du vagin par la femme elle-même. Il diffuse en continu de petites doses d'hormones (œstrogène et progestatif) et reste en place trois semaines d'affilée. Il faut ensuite le retirer une semaine, puis le réinsérer.

Et les méthodes contraceptives non-hormonales ?
Il existe aussi des méthodes contraceptives non-hormonales :
Les préservatifs externes (masculin) et internes (féminin) : ce sont les seules méthodes contraceptives qui protègent également contre les infections sexuellement transmissibles (IST) lorsqu'elles sont utilisées correctement.
Le diaphragme et la cape cervicale : ces dispositifs en silicone ou en latex se placent dans le vagin pour couvrir le col de l’utérus et empêcher le passage des spermatozoïdes. Ils sont généralement utilisés avec un spermicide.
Les spermicides : ces crèmes, gels ou ovules contiennent des substances qui neutralisent les spermatozoïdes. Leur efficacité contraceptive reste limitée lorsqu’ils sont utilisés seuls.
Le retrait : il consiste à retirer le pénis du vagin avant l’éjaculation. Cette méthode présente un risque d’échec important et ne protège pas des IST.
Les méthodes d’observation du cycle : elles reposent sur le suivi de différents indicateurs, comme la température basale, la glaire cervicale ou le calendrier, afin d’identifier les périodes fertiles et d’adapter les rapports en conséquence.
L’abstinence : elle consiste à ne pas avoir de rapport sexuel de façon temporaire pendant la période fertile ou de manière permanente.
Contraception et course à pied : quels marqueurs faut-il surveiller quand on court ?
Comme nous l’avons vu, une contraception hormonale qui bloque l’ovulation est associée à des saignements de privation, ou encore à une aménorrhée. Le fait que les règles soient masquées peut passer sous silence une baisse de disponibilité énergétique (qui se manifeste habituellement parfois par une absence de règles) et, à terme, affecter la santé osseuse.
Pourquoi une absence de règles sous contraception n'est pas forcément bon signe
Certaines méthodes contraceptives réduisent naturellement les saignements, jusqu’à parfois les faire disparaître ; et cette absence peut d’ailleurs être un effet attendu de la contraception. Mais parfois, une absence de règles n’est pas seulement due à la contraception, mais à un déficit énergétique. Et même lorsque des saignements de privation ont lieu sous contraception hormonale, ces derniers ne permettent pas de décrypter le cycle naturel de la femme, puisqu’ils ne correspondent pas à une menstruation issue d’un cycle ovulatoire naturel ; en d’autres termes, il s’agit de « fausses règles ». Une coureuse qui augmente fortement son volume d’entraînement tout en ne couvrant pas suffisamment ses besoins énergétiques peut développer une perturbation de la fonction reproductive sans que ses saignements ou leur absence ne constituent des signaux facilement identifiables… puisqu’on les associe automatiquement aux conséquences d’une contraception hormonale. Aussi, si tu constates une fatigue persistante, une baisse inhabituelle de tes performances, des blessures à répétition ou des douleurs osseuses, parles-en à un professionnel de santé en précisant ta contraception et ta charge d’entraînement.
Quel est le lien entre hormones, densité osseuse et fracture de fatigue ?
La prise d’une contraception hormonale qui bloque l’ovulation peut générer des saignements de privation ou un arrêt complet des saignements (pas des règles, puisque les règles surviennent après l’ovulation, et que, dans le cas échéant, il n’y a pas d’ovulation). Le piège, c’est de croire que parce qu’on a des saignements de privation ou que l’on a plus du tout de saignement, tout est normal, car l’on doit cela à notre contraception hormonale. Or, des saignements de privation ou une absence de ces derniers sous contraception hormonale ne signifient pas nécessairement que tout va bien. Les conséquences d’une contraception hormonale (saignements de privation ou absence de saignement) peuvent cacher un dysfonctionnement interne. En effet, il existe une autre cause à une absence de règles (on rappelle que des saignements de privation ne sont pas des règles) : un déficit énergétique. Autrement dit, le fait que les apports énergétiques soient inférieurs aux dépenses (métabolisme de base + dépenses liées à une activité physique). Or, un déficit énergétique chronique a de graves conséquences :
le manque d'apports caloriques et nutritionnels (calcium, vitamine D, protéines, et cætera) entraîne une baisse de la densité minérale (perte de masse et de solidité des os) ;
la chute des hormones sexuelles (œstrogènes ou testostérone) et l'élévation du cortisol augmentent la destruction du tissu osseux ;
le corps s'affaiblit, et l'apparition de fractures de fatigue ou de stress est favorisée ;
et cætera.
Pour une coureuse, une douleur osseuse localisée et persistante mérite donc d’être signalée à un professionnel de santé.
Qu'est-ce que le REDs, et pourquoi concerne-t-il les coureuses ?
Le déficit énergétique chronique dont nous te parlions porte un nom : le syndrome REDs, pour Relative Energy Deficiency in Sport. Ce syndrome désigne un ensemble de conséquences liées à une disponibilité énergétique insuffisante. Concrètement, l’organisme ne dispose pas de suffisamment d’énergie pour assurer correctement l’ensemble de ses fonctions. Cette situation peut être volontaire, par exemple lors d’une restriction alimentaire, mais aussi apparaître involontairement, notamment lorsque la charge d’entraînement augmente sans que les apports alimentaires ne soient revus à la hausse. Les conséquences potentielles du REDs dépassent largement une absence de règles (aménorrhée). La déclaration de consensus de 2023 du Comité International Olympique (CIO) sur le déficit énergétique relatif dans le sport (REDs) décrit notamment des effets possibles sur le métabolisme, la fonction reproductive, la santé musculosquelettique, l’immunité, la synthèse du glycogène, la santé cardiovasculaire et hématologique (relatif au sang, à la lymphe, et aux structures biologiques qui produisent les cellules du sang), ainsi que sur la performance.
Dans le cadre d’un REDs, la prise d’une contraception bloquant l'ovulation complique la lecture d’un des signaux classiques : les modifications du cycle menstruel. Mais si tu as une charge d’entraînement importante et que tu observes une fatigue inhabituelle, une baisse durable de tes performances, des blessures répétées ou des douleurs osseuses, consulte un professionnel de santé. Pense à lui indiquer ta méthode contraceptive, ton volume d’entraînement et les éventuels changements récents que tu as notés : ces informations lui permettront d’interpréter correctement tes symptômes dans leur contexte.
Comment gérer ses règles pendant une course ?
La majorité des femmes sportives veulent éviter d’avoir leurs règles le jour d’une compétition. Il faut dire qu’après avoir passé des mois à nous entraîner, l’ajout de cette contrainte supplémentaire (potentielles douleurs, ballonnements, et inconforts + organisation logistique à prévoir) est une chose dont on se passerait volontiers. Mais parfois, ça arrive. On t’explique comment gérer tes règles pendant une compétition.
Peut-on décaler ses règles pour un dossard ?
Le décalage des règles sous contraception avant une compétition est théoriquement possible, mais doit, en pratique, obligatoirement être décidé et encadré par un médecin ou une sage-femme. À savoir que toutes les contraceptions ne permettent pas de décaler ses règles de la même manière, et l’apparition de spottings ou de saignements imprévus reste possible. Si tu souhaites décaler tes règles avant ta course, parles-en donc plusieurs semaines à l’avance à ton médecin ou à ta sage-femme, afin de lui laisser le temps d’évaluer la faisabilité de cette demande.
Comment faire quand on a ses règles pendant une compétition ?
S’il y a bien une chose sur laquelle tu peux avoir la main, c’est sur l’aspect pratique. Choisis une protection qui soit adaptée à la durée de ton épreuve, prévois d’éventuels changements de protections sur le parcours, mais aussi des vêtements dans lesquels tu te sens à l’aise et que tu as déjà testé à l’entraînement. À l’image d’une paire de chaussures ou d’une stratégie nutritionnelle qui doit avoir été testée et validée en amont de ta course, nous te conseillons de faire de même avec tes protections hygiéniques.
Si tu es sujette aux douleurs menstruelles, nous te recommandons d'en parler avec un professionnel de santé afin de déterminer quelles médications s’offrent à toi.
💡 Le 22 septembre 2024, la marathonienne Li Meizhen a été surprise par ses règles alors qu’elle courrait le Marathon international du lac Hengshui. Elle a tout de même bouclé son épreuve en 2 heures 35 minutes et 07 secondes, un chrono d’autant plus incroyable étant donné les conditions dans lesquelles elle a dû courir… et que l’on imagine peu confortables.
La contraception fait partie intégrante de la vie des femmes, qui doivent apprendre à composer avec la méthode qu'elles ont choisie, leur quotidien et leur pratique sportive. Alors si tu souhaites opter pour une contraception, choisis-en une qui convienne à tes propres spécificités et que ton médecin ou ta sage-femme a validé en amont, et surtout, demeure constamment à l’écoute de tes sensations ; ce sont les meilleurs indicateurs qui soient quant à ta forme physique et mentale.
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Manon a débuté l’athlétisme à l’âge de 15 ans. Elle pratique la marche athlétique pendant 6 ans et est sacrée championne de France junior du 10 000 mètres en 2013. Pour concilier son statut d’athlète de haut niveau et ses études, elle intègre un cursus sport études. Elle se consacre ensuite à la course à pied et, en 2018, signe un chrono de 3h06'57'' au marathon de Marseille. En 2023, elle remporte le marathon de Crète. Aux 6 heures de Vallet (sur un circuit d’un kilomètre), elle effectue 74 kilomètres. Elle remporte aussi des trails dans sa région natale (Pays-de-la-Loire). Manon exerce la profession de journaliste/rédactrice depuis 2019. Elle commence ce métier à la rédaction des sports du quotidien Ouest France, où elle rédige des piges sur le cyclisme et la course à pied. Elle travaille ensuite pour des marques et des magazines dans le secteur du running. Elle écrit pour Campus depuis septembre 2024 et publie son ouvrage "Cœurir, un hymne à la course à pied", en octobre 2025. 🎙️ “Traileuse et marathonienne, le sport est ma passion commune et indissociable à l’écriture... car pour courir comme pour écrire, il faut un peu d'élan et cela nous apporte beaucoup d'inspiration !”
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