Courir avec une poussette est possible et sans danger, pourvu que cette pratique ait lieu dans un cadre adapté. Concrètement, il y a des éléments sur lesquels il n’est pas envisageable de transiger et qu’il convient de considérer avec le plus grand sérieux. Tout d’abord, l’âge à partir duquel ton bébé est théoriquement « prêt » à courir avec toi dans sa poussette est six mois ; mais en pratique, il est nécessaire qu’il puisse maintenir seul sa tête, donc cela peut être plus tard, en fonction du développement de chaque enfant. Côté matériel, la poussette de course à pied avec laquelle tu choisis de courir doit notamment intégrer une roue avant blocable et une dragonne (une lanière reliée au guidon de la poussette à passer autour de ton poignet). Outre l’aspect logistique évoqué, courir avec son enfant implique également que l’on soit nous-mêmes prêts à courir. Une maman doit, par exemple, avoir effectué sa rééducation périnéale et bénéficier de l’aval de sa sage-femme avant d’enfiler ses baskets. Par ailleurs, il est important de comprendre que courir avec une poussette est bien différent du fait de courir sans : on court nécessairement plus lentement et à la sensation ; il n’est pas question de cibler des allures. Dans cet article complet, on t’expose avec précision les prérequis à cocher avant de courir avec ton bébé. Tu sauras également ce que la course à pied avec une poussette modifie dans ta façon de courir et comment bien courir avec cet accessoire imposant. Enfin, on t’expliquera de quelle manière t’entraîner avec une poussette tout en sécurisant ton bébé. 🐣
L’essentiel à retenir :
On ne court pas avec bébé avant qu’il ait environ six mois, lorsqu’il maintient bien (et seul) sa tête et son dos. Avant cela, il est évidemment possible de marcher tout en poussant la poussette.
Il est nécessaire d’investir dans une poussette prévue pour la course à pied (roue avant blocable, suspensions, frein à main, dragonne au poignet, et cætera). Une poussette classique ne convient pas à cette pratique.
Tu vas courir plus lentement, et c'est normal : à effort égal, compte 20 à 45 s/km de plus selon ta façon de pousser, et beaucoup plus en côte. C’est pour cela, qu’avec une poussette, tu dois courir à la sensation ou au cardio, et non au chrono.
La technique pour courir avec une poussette ? Conserver le buste droit, adopter une foulée un peu plus courte, installer ses deux mains sur le guidon pour plus de stabilité (ou alterner une main puis l’autre) et ne jamais lâcher la poussette.
Avant de courir avec une poussette, il faut que tu aies reçu le feu vert de ta sage-femme si tu viens d'accoucher. Après un accouchement, la reprise de la course à pied est en effet possible après la rééducation périnéale, et à condition de se sentir physiquement et mentalement prête. Une dernière chose : préfère courir sans poussette lors de tes premières sorties.
Peut-on courir avec une poussette ?
Courir avec une poussette est tout à fait possible. Mais avant de s’adonner à cette pratique formidable où le partage est de mise, il faut répondre à quelques conditions qui concernent l’âge de bébé (et sa tonicité), le type de poussette employé et la capacité physique du parent qui va piloter la poussette (plus précisément s’il s’agit d’une maman qui vient d’accoucher).

À quel âge bébé peut-il t'accompagner dans sa poussette lorsque tu cours ?
L’âge moyen requis pour mettre un bébé dans une poussette et aller courir avec lui se situe entre six et huit ou neuf mois. Plus qu’un âge, il s’agit d’attendre que bébé dispose du tonus musculaire et du contrôle moteur suffisants pour stabiliser efficacement sa tête, son cou et son dos face aux mouvements répétés lorsqu’il est assis dans sa poussette. Si l’enfant est trop immature, les secousses engendrées par la course à pied peuvent provoquer une sollicitation excessive des muscles de son cou et une position inconfortable, voire inadaptée. Par ailleurs, si sa tête bascule vers l'avant, le fait que son menton se rapproche de sa poitrine et peut réduire le passage de l'air. C’est pour cela que le site australien Raising Children Network rappelle que le maintien d'une position allongée protège les voies respiratoires des bébés qui ne contrôlent pas encore suffisamment leur tête et leur cou.
💡 Avant six mois, il convient de transporter bébé dans une nacelle ou un siège auto adapté, pour marcher uniquement. En cas de doute sur ta reprise de la course à pied ou sur la maturité musculaire et motrice de ton enfant, demande son avis à ta sage-femme ou ton pédiatre.
Pourquoi une poussette classique ne suffit-elle pas pour courir ?
Tandis qu’une poussette classique est pensée pour le quotidien et les balades, une poussette de running intègre des éléments clés qui contribuent à la stabilité, à la maniabilité et à la sécurité du bébé et du parent pendant la course à pied. Explications.
Les équipements clés que doit intégrer une poussette de running
| Équipement | Intérêt principal |
|---|---|
Roue avant blocable | Elle permet de verrouiller la roue avant en position fixe pour éviter qu'elle ne pivote pendant la course à pied. La poussette conserve ainsi une trajectoire plus stable. Le déverrouillage permet de retrouver une meilleure maniabilité à pied, lors des promenades. |
Suspensions | Elles absorbent une partie des chocs et des vibrations provoqués par les irrégularités du terrain : racines, cailloux, petits trous ou trottoirs. Elles améliorent le confort de bébé, limitent les secousses ressenties dans l'assise et contribuent à préserver la stabilité de la poussette. |
Grandes roues gonflables | Elles favorisent le franchissement des petites irrégularités et améliorent le comportement de la poussette sur les chemins. Elles amortissent une partie des vibrations, offrent une bonne adhérence et facilitent le maintien d'une trajectoire régulière. |
Frein à main | Généralement placé sur le guidon, il permet de ralentir ou de contrôler la vitesse de la poussette sans avoir à interrompre sa foulée. Il est particulièrement utile dans les descentes, où la poussette peut prendre de la vitesse et entraîner le parent. Il permet de mieux maîtriser son allure et de conserver le contrôle. |
Dragonne | Cette sangle relie le poignet du parent au guidon de la poussette. Elle permet de conserver une liaison physique avec celle-ci, même si le parent lâche accidentellement la poignée. Elle limite ainsi le risque que la poussette parte seule, notamment dans une pente. |
Et toi, quand ton corps est-il prêt à pousser une poussette en courant ?
La rééducation du périnée est généralement effectuée avec une sage-femme six semaines après l’accouchement, à condition que le périnée soit prêt et ait suffisamment récupéré. Ensuite, comme précisé dans ce guide publié en mars 2019, intitulé Returning to running postnatal – Guidelines for medical, health and fitness professionals managing this population, il est préférable d’attendre au minimum douze semaines avant de reprendre la course à pied après un accouchement. La reprise peut évidemment survenir plus tard, si la maman ne se sent pas prête, ou si elle a subi des complications pendant sa grossesse et/ou son accouchement (césarienne, déchirure, utilisation d’instruments pour aider bébé à sortir et pouvant abîmer le périnée, et cætera). Par ailleurs, le fait de pratiquer la course à pied avant la grossesse et de courir enceinte joue évidemment sur la reprise du running en post-partum.
Une fois sa rééducation périnéale effectuée, les douze semaines post-accouchement passées et l’accord de sa sage-femme obtenu, la femme peut reprendre la course à pied… mais sans son bébé dans un premier temps ! Pour se (re)familiariser avec la course à pied et dans l’optique de préserver son corps d’une charge supplémentaire, il est préférable d’effectuer ses premières sorties running sans poussette ; au moins en attendant d’être plus à l’aise.
💡 Évidemment, un parent qui n'a pas accouché peut courir avec une poussette sans contrainte de timing le concernant, pourvu que bébé ait au moins six mois et soit capable de tenir sa tête, son cou et son dos seul.
Qu'est-ce que la poussette change à ta façon de courir ?
Courir avec une poussette n’est pas si anodin qu’il n’y paraît. Même si les modèles actuels pensés pour la course à pied améliorent considérablement le confort de course, la façon de courir (vitesse, longueur de foulée, et cætera) est tout de même impactée.
Pourquoi cours-tu plus lentement avec une poussette à effort égal ?
Publiée en 2017 dans la revue PLOS ONE, l'étude d'Alcantara et Wall-Scheffler, intitulée Stroller running: Energetic and kinematic changes across pushing methods, analyse les conséquences de la course avec une poussette sur la biomécanique et la dépense énergétique du coureur. Les chercheurs ont recruté 16 coureurs (10 hommes et 6 femmes), âgés en moyenne de 22,8 ans. Tous pratiquaient la course à pied au moins trois fois par semaine, mais aucun n'avait encore jamais couru avec une poussette. Les participants ont effectué plusieurs essais de 800 mètres sur une piste d’athlétisme dans quatre conditions : sans poussette, avec une poussée à deux mains, avec une poussée à une main et selon la technique « push/chase », qui consiste à pousser la poussette devant soi et à la lâcher avant de courir derrière. Pour simuler la présence d'un enfant, la poussette était lestée avec un mannequin de 16 kg. Les chercheurs ont mesuré la vitesse de course, la longueur de foulée, la fréquence cardiaque et la dépense énergétique des coureurs. En convertissant les vitesses moyennes des coureurs en allure au kilomètre, les chercheurs ont obtenu les valeurs suivantes :
Course à pied sans poussette : 5 min 04 s/km
Course à pied avec une poussette poussée à deux mains : 5 min 24 s/km
Course à pied avec une poussette poussée avec la technique « push/chase » (pousser-lâcher) : 5 min 43 s/km
Course à pied avec une poussette poussée à une main : 5 min 47 s/km
Ainsi, à effort et fréquence cardiaque comparables, les coureurs ralentissent et raccourcissent leur foulée lorsqu'ils courent avec une poussette. Les auteurs estiment aussi que courir à vitesse constante avec une poussette pourrait augmenter la dépense énergétique de 5 à 8 %, selon la technique de poussée utilisée.
Est-ce difficile de courir avec une poussette en côte ?
Publiée en 2020 dans la revue Frontiers in Physiology, l'étude de Sandbakk et ses collaborateurs, intitulée Energetic Cost and Kinematics of Pushing a Stroller on Flat and Uphill Terrain, analyse les conséquences de la poussée d'une poussette sur la dépense énergétique et la biomécanique de la marche et de la course, selon le dénivelé. Les chercheurs ont recruté 17 adultes physiquement actifs (8 hommes et 9 femmes). Les participants ont réalisé plusieurs tests sur tapis roulant, avec et sans poussette, sur deux inclinaisons : un terrain quasiment plat (1 %) et une montée à 10 %. La poussette pesait 15,3 kg et était lestée de 9 kg supplémentaires pour simuler le poids d'un enfant, soit 24,3 kg au total. Les chercheurs ont étudié différentes vitesses de marche et de course. Les résultats montrent que le surcoût énergétique est faible en marche lente (6 km/h) sur terrain plat, mais environ trois fois plus grand en montée à 10 %. Les auteurs de cette étude expliquent cette différence par le fait qu'en côte, le coureur doit non seulement vaincre la résistance au roulement des roues, mais aussi fournir un effort supplémentaire pour déplacer le poids de la poussette et de son occupant contre la gravité. L'étude souligne également que le fait de pousser une poussette entraîne une foulée plus courte et plus véloce.
Courir avec une poussette augmente-t-il le risque de blessure ?
Deux études menées à la Pennsylvania State University apportent des éléments de réponse sur les conséquences de la course à pied avec une poussette sur la santé des parents.
La première étude, réalisée par Kim et al. (2026), s'intéresse directement aux blessures déclarées par les parents. Les chercheurs ont interrogé 255 personnes, dont 200 couraient régulièrement avec une poussette et 55 sans poussette. Résultat : 19 % des coureurs à poussette déclarent avoir subi une blessure de surcharge (lésion qui survient suite aux impacts répétés, lorsque le corps n’a pas assez de temps pour récupérer et s'adapter), contre 30 % des coureurs sans poussette. Le taux de blessures rapporté pour 1 000 miles parcourus était également inférieur dans le groupe des coureurs avec poussette (0,19 contre 0,42). Ces résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence : l'étude repose en effet sur un questionnaire déclaratif et les différences observées pourraient notamment s'expliquer par le fait que les parents courant avec une poussette adaptent peut-être leur allure, la distance de leurs sorties ou leur volume kilométrique hebdomadaire.
La seconde étude, publiée en 2025 par Mahoney et al., examine les modifications biomécaniques liées à la pratique de la course à pied avec poussette. Les chercheurs ont comparé la foulée de 38 coureurs avec et sans poussette. Ils ont observé une diminution de 8 à 17 % de plusieurs indicateurs de charge verticale, notamment les forces d'impact¹ et les taux de chargement². En revanche, certains indicateurs de contraintes en torsion³ augmentent de plus de 400 %. Cette différence pourrait s'expliquer par la position des bras sur le guidon : le fait de pousser la poussette limite la rotation naturelle du haut du corps et modifie les contraintes exercées sur les jambes et les pieds. En conclusion, les données récoltées à la suite de cette étude ne montrent pas que courir avec une poussette augmente le risque de blessure, mais révèlent plutôt une modification de la répartition des contraintes mécaniques.
¹À chaque foulée, le pied entre en contact avec le sol et subit une force de réaction. Cette force se transmet ensuite aux différentes structures du membre inférieur (pied, cheville, tibia, genou).
²Le taux de chargement indique à quelle vitesse la force augmente au moment où le pied touche le sol.
³La torsion correspond au moment où le pied se pose et que le corps poursuit sa rotation au-dessus de l'appui.
Comment pousser une poussette sans abîmer sa foulée ?
Courir avec une poussette requiert quelques ajustements techniques qui ne doivent pas compromettre la stabilité de la poussette ni la sécurité de ton enfant.
Deux mains, une main ou pousser-lâcher : quelle technique choisir ?
Comme nous le disions précédemment, l'étude d'Alcantara et Wall-Scheffler (2017) a comparé trois façons de pousser une poussette : à deux mains, à une main et selon la technique « push/chase » (pousser-lâcher). Les résultats montrent que la poussée à deux mains permet de courir plus rapidement que les deux autres méthodes, et que 69 % des participants l’ont préférée. Voici les différences entre les trois techniques de poussée.
Deux mains, une main ou pousser-lâcher : quelle technique choisir ?
| Technique | Stabilité | Effet sur la foulée | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
À deux mains | Très bonne : les deux mains maintiennent la poussette dans l'axe. | La foulée est moins perturbée et reste relativement naturelle. | À privilégier sur la majorité des parcours, notamment lorsque le terrain est irrégulier ou en descente. |
À une main | Plus limitée : le contrôle de la direction repose sur un seul bras. | Le bras libre accompagne le mouvement et participe à l'équilibre du corps. Il faut toutefois éviter de compenser en faisant pivoter excessivement le buste. | Sur de courtes portions de terrain plat, en alternant régulièrement le bras qui pousse. |
Pousser-lâcher (push/chase) | Insuffisante pour garantir le contrôle permanent de la poussette. | Elle permet de retrouver temporairement une foulée sans contrainte au niveau des bras, mais impose de courir derrière la poussette. | À ne pas reproduire avec un enfant à bord : il ne faut jamais lâcher le guidon pendant la course. |
💡 Notre conseil : privilégie la poussée à deux mains. Même si alterner les bras peut te sembler plus confortable sur certaines portions, garder les deux mains sur le guidon te permet de mieux contrôler ta trajectoire et de réagir rapidement en cas d'obstacle.
Quelle posture adopter pour protéger ton dos ?
Lorsque tu cours avec une poussette, tu peux être tenté de te pencher vers l’avant pour accompagner la poussée et te laisser entraîner par la poussette en mouvement. Cette position peut pourtant créer des tensions au niveau des épaules, des cervicales et du bas du dos, surtout lorsque les sorties se prolongent.
Voici quelques repères pour conserver une posture confortable :
Garde le buste droit : évite de te pencher en permanence sur le guidon, conserve un alignement naturel entre ta tête, tes épaules et ton bassin.
Relâche les épaules : détends tes bras, relâche tes épaules et ne crispe pas tes mains sur le guidon.
Règle la hauteur du guidon : idéalement, celui-ci doit se situer à hauteur du nombril ou légèrement en dessous ; tu dois pouvoir le tenir sans modifier ta posture.
Comment gérer les montées, les descentes et les virages ?
En montée, adopte une foulée courte et dynamique, conserve les deux mains sur le guidon et n'hésite pas à marcher lorsque la pente devient trop raide et difficile à aborder.
Pour éviter de te laisser embarquer par la descente, garde impérativement les deux mains sur le guidon, conserve la dragonne autour de ton poignet, utilise le frein à main pour maîtriser ta vitesse, réduis ton allure et évite les descentes trop raides ou accidentées.
Une poussette de running étant plus longue et encombrante qu'une poussette classique, elle demande davantage d'espace pour changer de direction. Pour aborder un virage, ralentis, conserve les deux mains sur le guidon et évite les changements de trajectoire brusques.
Comment intégrer les sorties poussette à ton entraînement ?
Qui a dit que courir avec une poussette ne comptait pas pour de l’entraînement ? Audrey Tanguy est notamment adepte de cette pratique depuis les premiers mois de vie de son fils. Sa troisième place lors de l’édition 2026 du Grand Raid des Templiers témoigne de la possibilité d’être performante tout en étant maman.
Mais courir avec une poussette ne s'improvise pas pour autant, et toutes les séances ne se prêtent pas à cet exercice. On t’explique comment intégrer ces sorties à ton programme sans perdre de vue tes objectifs.
Faut-il courir à l'allure ou à la sensation avec une poussette ?
Courir avec une poussette tout en souhaitant respecter des allures de course n’est pas compatible. Comme nous l’avons vu, le fait de courir avec une poussette modifie la biomécanique de course et le poids supplémentaire à pousser amène naturellement à ralentir. Aussi, pour s’entraîner avec une poussette, il est plus juste de privilégier le RPE (ressenti d’effort, noté sur une échelle de 1 à 10) ou la fréquence cardiaque. Ces indicateurs permettent de convertir une allure de course sans poussette à une allure de course avec poussette, en se basant sur un ressenti d’effort et/ou une fréquence cardiaque similaires. Garde tout de même à l'esprit que la fatigue, la chaleur et les contraintes liées à la poussée peuvent influencer ta fréquence cardiaque.
Quelles séances faire (ou éviter) avec une poussette ?
Courir avec une poussette est particulièrement adapté à certaines typologies de séances. C’est notamment le cas des footings en endurance fondamentale et des sorties de récupération, au cours desquelles tu adoptes naturellement une allure faible et où l’objectif est d’être en aisance et non de se mettre en difficulté. Les séances de côtes courtes basées sur le ressenti d’effort peuvent aussi s’effectuer avec une poussette à condition que le dénivelé ne soit pas trop important.
D’autres types d’entraînement ne sont au contraire pas du tout compatibles avec le running poussette, comme le fractionné court à haute intensité, qui implique de brusques changements d’allure et des accélérations difficiles à réaliser avec une poussette. Les séances à allure spécifique (allure 10 kilomètres, semi-marathon, marathon, et cætera) ne se prêtent pas du tout à cet exercice puisque la poussette modifie automatiquement ta vitesse de course. Les séances sur piste d'athlétisme ne sont également pas conseillées en poussette en raison des nombreux changements de direction, et plus encore lorsque la piste est fréquentée. Enfin, puisqu’ils réduisent ta marge de contrôle sur la poussette, il faut aussi éviter les sprints et les descentes rapides.
Comment reprendre et augmenter la durée de tes sorties running avec poussette ?
Pour commencer à courir avec une poussette (et après avoir repris la course à pied sans poussette dans un premier temps), tu peux effectuer 15 à 20 minutes de course à pied sur terrain plat. Tu peux évidemment alterner marche et course si tu en ressens le besoin. Lors de cette première sortie, l’objectif n’est pas de maintenir une allure cible, mais de te familiariser avec la poussée, ta nouvelle posture et la maniabilité de la poussette. D’ailleurs, c’est aussi une première pour bébé qui doit, lui aussi, prendre ses marques. Une fois que vous vous sentez tous les deux à l’aise, vous pouvez augmenter progressivement la durée de vos sorties, à raison d’environ 5 minutes par sortie ou par semaine, selon vos sensations. Une fois le running poussette sur terrain plat maîtrisé, et à condition que ta poussette soit conçue pour la course à pied, tu peux intégrer progressivement de petites côtes à tes séances et emprunter des chemins relativement stables.
💡 Rien ne t’oblige à augmenter la durée de tes entraînements à chaque sortie. Si tu ressens une gêne ou si ton enfant manifeste des signes d'inconfort (pleurs inhabituels, agitation, signes de fatigue, et cætera), raccourcis ta séance.

Une sortie poussette compte-t-elle dans ton plan d’entraînement ?
Of course ! Une sortie poussette a pleinement sa place dans ton plan d’entraînement et compte pour une séance à part entière. Comme précisé précédemment, elle se prête tout à fait à un footing, à une sortie récupération ou à une séance de côtes courtes réalisée à partir du ressenti d’effort. Si tu prépares une compétition, nous te recommandons toutefois de conserver, si cela est possible pour toi, une ou deux séances clés sans poussette chaque semaine. Ces dernières te permettront de retrouver ta foulée naturelle et de travailler tes allures spécifiques avec précision. Et parce qu’on sait qu’il est parfois difficile de s’organiser pour trouver du temps pour soi, notamment si l’on est parent solo, nous tenons tout d’abord à saluer tout ce que tu accomplis au quotidien, et surtout, à te rassurer : si le running poussette est ton seul accès à la course à pied, c’est amplement suffisant. Alors conserve autant que possible ces moments, et chéris-les, ils sont précieux ! ✨
Comment assurer la sécurité et le confort de bébé dans la poussette pendant la sortie running ?
Courir avec une poussette induit forcément de courir avec son bébé. Jusqu’ici, nous avons beaucoup parlé de la façon dont tu pouvais aborder cette pratique dans de bonnes conditions ; il est maintenant temps de nous concentrer sur ton bébé, et sur la manière d’assurer son confort et sa sécurité pendant la pratique.
Que vérifier avant chaque départ de running poussette ?
Avant de partir courir, prends quelques instants pour effectuer quelques vérifications :
Vérifie que le harnais de sécurité à 5 points (il maintient l'enfant par les épaules, les hanches et l'entrejambe) soit correctement attaché et ajusté à la morphologie de ton bébé.
Assure-toi que la roue avant soit bien verrouillée en position fixe.
Contrôle le fonctionnement du frein à main.
Vérifie que les pneus sont suffisamment gonflés, conformément aux indications du fabricant.
Assure-toi qu’aucun objet (lacet, couverture, etc.) ne risque de se coincer dans les roues de la poussette.
Pense à prévoir de l'eau (pour toi et pour bébé), une protection solaire et une tenue adaptées, et un petit jouet si nécessaire.
Jette un coup d'œil à bébé pour t'assurer qu’il est confortablement installé et que sa position ne gêne pas sa respiration.
Enfin, passe la dragonne de la poussette autour de ton poignet. Tu es prêt à partir !
Combien de temps bébé peut-il rester dans la poussette ?
Pendant que tu cours, bébé, lui, reste assis ou semi-allongé dans sa poussette. Il régule donc moins facilement sa température corporelle et peut prendre froid ou chaud plus rapidement que tu ne le penses. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas maintenir un enfant de zéro à quatre ans, attaché dans un équipement de transport pendant plus d'une heure d'affilée. Nous te recommandons de privilégier les sorties courtes pour habituer bébé à la poussette et d’en augmenter progressivement la durée lorsqu’il grandit, à condition qu’il apprécie les sorties en poussette. Prévois aussi des pauses régulières pour t'assurer qu'il va bien. Pendant que tu cours, utilise la fenêtre de surveillance de la capote pour vérifier régulièrement son état, sa position et sa respiration. Enfin, demeure attentif aux signes d'inconfort de ton bébé (pleurs inhabituels, agitation, somnolence excessive, signes de surchauffe, et cætera) et arrête-toi si tu vois qu’il a besoin de toi.
Comment adapter sa sortie poussette au froid, à la chaleur et au soleil ?
La météo est un élément majeur à considérer lorsque tu cours avec ton bébé. Contrairement à toi, il ne régule pas aussi bien sa température corporelle, ne produit pas autant de chaleur par l'effort, et reste exposé aux conditions extérieures. Il faut donc adapter sa tenue, les protections utilisées et ton parcours aux températures.
Lorsqu'il fait froid, habille ton bébé avec une couche supplémentaire, protège ses extrémités (mains, pieds et tête) avec des vêtements adaptés, vérifie régulièrement sa température en touchant sa nuque ou son thorax (contrairement aux idées reçues, un bébé qui a les mains froides n’a pas nécessairement froid), et évite les sorties lorsque les températures sont particulièrement basses, notamment s’il y a du vent ou de l'humidité.
Lorsqu'il fait chaud, privilégie les sorties tôt le matin ou en fin de journée, lorsque les températures sont plus douces. Choisis des vêtements légers et respirants, vérifie régulièrement que bébé ne transpire pas excessivement et qu'il ne présente pas de signes de surchauffe. Enfin, prévois de l'eau pour toi et pour ton enfant.
Lorsqu'il y a du soleil, prévois un chapeau, installe la capote pare-soleil de ta poussette et privilégie des parcours ombragés. Veille aussi à ne jamais entièrement recouvrir la poussette avec un lange pour « protéger » bébé du soleil. Cette technique emprisonne la chaleur au sein de l’habitacle et peut amener bébé à être en surchauffe.
Quels parcours choisir pour courir avec une poussette ?
Si une poussette de running est conçue pour absorber une partie des vibrations et des irrégularités du terrain, elle ne supprime pas pour autant les secousses. La pédiatre américaine, Melissa Kramer, explique d’ailleurs que, jusqu'aux douze mois de l’enfant, il est préférable de courir sur des surfaces régulières, car il développe encore sa musculature et sa stabilité. Pour courir avec une poussette, il faut donc privilégier les surfaces dotées d’un revêtement lisse et les endroits où la circulation routière est interdite, comme c’est le cas dans les voies vertes ou les allées des parcs. À l'inverse, évite de courir avec ta poussette sur des pavés, des chemins caillouteux, des sentiers avec des racines apparentes et des ornières, des trottoirs étroits et des routes sans bas-côtés sécurisés. 🙏
Courir avec une poussette est un moment privilégié avec son bébé, mais il faut s’y préparer un minimum. Poussette adaptée, âge de bébé, aval de la sage-femme (si c’est la maman en post-partum qui souhaite courir avec son bébé), technique de poussée, posture et sécurisation de bébé sont autant de points sur lesquels il convient de se renseigner au préalable dans l’optique de pratiquer dans les meilleures conditions qui soient. Maintenant que c’est ton cas, te sens-tu prêt à courir avec ton enfant ? 👀
Auteur de l’article

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Manon a débuté l’athlétisme à l’âge de 15 ans. Elle pratique la marche athlétique pendant 6 ans et est sacrée championne de France junior du 10 000 mètres en 2013. Pour concilier son statut d’athlète de haut niveau et ses études, elle intègre un cursus sport études. Elle se consacre ensuite à la course à pied et, en 2018, signe un chrono de 3h06'57'' au marathon de Marseille. En 2023, elle remporte le marathon de Crète. Aux 6 heures de Vallet (sur un circuit d’un kilomètre), elle effectue 74 kilomètres. Elle remporte aussi des trails dans sa région natale (Pays-de-la-Loire). Manon exerce la profession de journaliste/rédactrice depuis 2019. Elle commence ce métier à la rédaction des sports du quotidien Ouest France, où elle rédige des piges sur le cyclisme et la course à pied. Elle travaille ensuite pour des marques et des magazines dans le secteur du running. Elle écrit pour Campus depuis septembre 2024 et publie son ouvrage "Cœurir, un hymne à la course à pied", en octobre 2025. 🎙️ “Le sport est ma passion commune et indissociable à l’écriture... car pour courir comme pour écrire, il faut un peu d'élan et cela nous apporte beaucoup d'inspiration !”
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