Conseils running
Débuter la course à pied après 40 ans (ou la continuer) reste parfaitement compatible avec la progression. Le VO2max, la masse musculaire et certaines capacités de récupération évoluent avec l’âge, mais une partie de ces changements dépend aussi de ton niveau d’activité. La bonne stratégie ? Ajuster ta récupération et renforcer tes muscles, sans bannir pour autant le fractionné ou les séances intenses. On t’accompagne pas à pas.
L’essentiel à retenir :
Après 40 ans, le VO2max et la masse musculaire tendent progressivement à diminuer. Mais l’âge n’explique pas tout : la baisse du volume et de l’intensité d’entraînement joue également un rôle majeur.
La récupération mérite davantage d’attention : plutôt qu’un délai universel, adapte l’espacement des séances difficiles à tes sensations et à ton historique sportif.
La course d’endurance loisir n’use pas automatiquement les genoux : les données disponibles sont plutôt rassurantes chez les coureur(se)s récréatif(ve)s.
Deux leviers deviennent particulièrement intéressants pour durer : conserver de l’intensité dans ton entraînement et pratiquer régulièrement du renforcement musculaire.
Qu'est-ce qui change vraiment dans ton corps après 40 ans ?
Passer le cap des 40 bougies ne transforme évidemment pas ton organisme du jour au lendemain. Plusieurs évolutions physiologiques s’installent progressivement avec l’âge, mais leur ampleur dépend énormément de ton entraînement, de ton sommeil, de ton alimentation et, surtout, de ton CV sportif(ve).
De combien baisse ta VO2max chaque décennie ?
Le VO2max, soit la quantité maximale d’oxygène que ton organisme peut utiliser pendant l’effort, tend à diminuer avec l’âge. Une revue de Hawkins et Wiswell publiée dans Sports Medicine rapporte des déclins variables selon les études et souligne justement que la diminution de l’activité physique contribue fortement à cette évolution.
Autrement dit : ton année de naissance ne décide pas seule de ton VO2max. Continuer à travailler les intensités élevées aide à entretenir cette qualité.
Pourquoi perds-tu du muscle, et pourquoi est-ce un vrai sujet ?
La masse musculaire commence elle aussi à diminuer progressivement à l’âge adulte. La littérature évoque souvent une perte moyenne d’environ 3 à 8 % par décennie après 30 ans, qui s’accélère surtout à un âge plus avancé. Cette diminution liée à l’âge fait partie du processus pouvant conduire à la sarcopénie, c’est-à-dire une perte importante de masse et de fonction musculaires.
La contre-mesure est connue : continuer à solliciter ses muscles. Deux séances hebdomadaires de renforcement musculaire pour coureur(se)s constituent un excellent complément à la course.
Tendons, articulations, récupération : qu'est-ce qui prend plus de temps ?
Avec l’âge, les tissus musculo-tendineux évoluent également. En revanche, attention au raccourci “après 40 ans, on récupère forcément moins bien”. Les études comparant directement les sportif(ve)s jeunes et masters donnent des résultats contrastés : niveau d’entraînement, type de séance et dommages musculaires comptent énormément.
La bonne approche consiste donc à individualiser en fonction des sensations : si tes jambes n’ont pas récupéré d’une séance intense, décale la suivante.
| Ce qui évolue | Ordre de grandeur | Ce que tu peux faire |
|---|---|---|
VO2max | Déclin progressif avec l’âge, très variable selon l’entraînement | Garder du travail à haute intensité |
Masse musculaire | Environ 3 à 8 % par décennie après 30 ans d’après la littérature | Renforcement régulier |
Récupération | Très individuelle | Espacer les séances difficiles si nécessaire |
Santé osseuse | Vigilance croissante avec l’âge, particulièrement après la ménopause | Course, renforcement et suivi adapté |
Peut-on encore progresser en course à pied après 40 ans ?
Bien sûr. Et si tu commences à 42 ou 45 ans, ta marge de progression peut même être énorme.
À partir de 35 ans, tu entres dans les catégories master en course à pied :
M0 de 35 à 39 ans,
M1 de 40 à 44 ans,
puis une nouvelle catégorie tous les cinq ans.
Les travaux menés sur les coureur(se)s masters montrent que les performances d’endurance ne s’effondrent pas à 40 ans. Une étude de Lepers et Cattagni portant sur les performances au marathon entre 1980 et 2009 montrait même une amélioration importante des performances des catégories masters au fil des décennies.
Ton antériorité sportive est souvent plus informative que ton âge. Quelqu’un qui commence aujourd’hui peut progresser pendant plusieurs années. Un(e) coureur(se) entraîné(e) depuis vingt ans dispose logiquement d’une marge plus réduite.
Courir après 40 ans abîme-t-il les genoux ?
Voilà un mythe qui a la vie dure.
Une méta-analyse publiée en 2017 dans le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, portant sur 114 829 personnes dans les études méta-analysées, retrouvait une prévalence d’arthrose de la hanche ou du genou de 3,5 % chez les coureur(se)s récréatif(ve)s, contre 10,2 % chez les témoins et 13,3 % chez les coureur(se)s compétitif(ve)s.
Cela ne prouve pas que courir protège directement de l’arthrose : les auteurs parlent bien d’une association, pas d’un lien de causalité. Mais cela contredit clairement l’idée selon laquelle la course loisir détruirait mécaniquement les articulations.
Néanmoins, n’oublie jamais qu’une douleur persistante, un gonflement, un traumatisme ou une modification durable de ta foulée doivent t’amener à consulter un(e) professionnel(le) de santé. Et en cas de reprise après une longue interruption ou si tu présentes des facteurs de risque cardiovasculaire, parle également de ta reprise à ton médecin.
Comment structurer ta semaine d'entraînement après 40 ans ?
En réalité, le principe reste le même qu’à tous les âges : combiner endurance facile, intensité, récupération et renforcement.
Combien de séances de course par semaine ?
Il n’existe pas de nombre magique lié à l’âge. Si tu débutes, deux à trois sorties peuvent déjà permettre de progresser. Un(e) coureur(se) régulier(e) peut parfaitement en réaliser quatre, cinq ou davantage si son expérience et sa récupération le permettent. La progressivité reste plus importante qu’un plafond kilométrique arbitraire.
Faut-il garder du fractionné et de la VMA ?
Le fractionné consiste à alterner des périodes rapides et des périodes de récupération ; la VMA, ou vitesse maximale aérobie, correspond à la vitesse minimale à laquelle tu atteins ta consommation maximale d’oxygène.
Après 40 ans, supprimer toute intensité par peur de “trop en faire” serait contre-productif si tu la tolères bien. Garde des séances rapides, mais évite surtout d’empiler les journées difficiles.
Après une séance particulièrement exigeante, laisser environ 48 heures avant le prochain gros stimulus constitue un repère simple et prudent. Garde à l’esprit que n’est pas une frontière physiologique universelle : tes sensations et ton niveau d’entraînement restent prioritaires.
Quelle place pour le renforcement musculaire ?
Une place de choix, à n’en pas douter ! Squats, fentes, travail des mollets et de la chaîne postérieure, gainage permettent d’entretenir force et fonction musculaires. Deux séances par semaine représentent un bon objectif.
Et le cross-training ? Vélo, natation ou elliptique permettent d’ajouter du travail cardiovasculaire sans reproduire exactement les mêmes contraintes mécaniques que la course, ce qui peut être intéressant au cas par cas.

Comment récupérer quand on court après 40 ans ?
Nous n’avons de cesse de le répéter chez Campus : la récupération n’est pas du temps perdu, loin de là. Elle fait partie intégrante de l’entraînement.
Avant de compter précisément tes heures entre deux séances, observe surtout tes marqueurs personnels : fatigue générale, sommeil, courbatures, jambes lourdes, motivation et sensations au footing suivant.
Le sommeil reste un levier majeur de récupération. Si tes nuits sont régulièrement trop courtes, commence donc par regarder combien d'heures de sommeil sont préconisées quand on court.
Un footing très facile, une marche ou quelques kilomètres de vélo peuvent aussi servir de récupération active. Mais lorsqu’une vraie fatigue s’installe, rien ne remplace le repos.
Courir après 40 ans quand on est une femme : qu'est-ce qui change ?
Autour de la quarantaine, certaines coureuses entrent progressivement en périménopause, la période de transition hormonale précédant la ménopause. Ses manifestations sont extrêmement variables : sommeil perturbé, bouffées de chaleur ou modification du cycle peuvent notamment influencer les sensations à l’entraînement.
La transition ménopausique est également une période importante pour la santé osseuse. Les travaux disponibles soutiennent l’intérêt de l’exercice, notamment du renforcement musculaire et des activités mettant le squelette en charge, même si la littérature spécifique à la périménopause reste encore limitée.
Il n’existe en revanche pas de règle imposant d’adapter systématiquement toutes ses séances à chaque phase du cycle. Le meilleur indicateur reste ton ressenti individuel.
👉 Pour aller plus loin, retrouve notre guide consacré au running et à la ménopause.
Comment (re)commencer à courir à 40 ans quand tu repars de zéro ?
Ici encore, avoir 40 ans ne justifie pas une méthode radicalement différente : c’est surtout ta dernière année sportive qui compte.
Si tu repars après plusieurs années sans courir, alterner marche et course permet d’augmenter progressivement le temps passé en mouvement sans chercher immédiatement à courir 30 ou 45 minutes sans interruption. Tes capacités cardiovasculaires peuvent revenir relativement vite ; muscles, tendons et habitudes de charge ont besoin d’une progression plus patiente.
Pendant tes premières semaines, concentre-toi sur trois objectifs : régularité, aisance et progressivité. Pas besoin de battre ton alter ego de 25 ans dès le troisième dimanche matin.
💡 Notre guide pour reprendre la course à pied après une coupure t’aidera à construire cette reprise. Et si ton objectif est avant tout la longévité, découvre aussi comment commencer ou continuer à courir après 60 ans.

Lou
Publié le , mis à jour le
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