EXPériences

Joan

Biarritz

Je n'ai battu aucun record, pourtant cette course est la plus réussie que je n'ai jamais faite.

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Il y a quasiment un an, le staff Campus évoque l'intérêt de trouver des courses afin d'en être partenaire. Je tombe sur la création d'un marathon international à Biarritz et le propose à Elodie (membre de l'équipe Campus). Elle fera le reste avec brio et nous voici avec le projet tout "Campus Coach à Biarritz le 05 juin".

Nous avons déployé beaucoup d'énergie pour faire vivre l'événement en interne sur Discord, sur Instagram et sur Facebook et en externe avec les reconnaissances officielles, les articles, les vidéos et les photos. Personnellement, je veux que la venue de Campus ici soit un succès, j'ai probablement cumulé pas mal de fatigue mentale mais ça en vaut la peine !

Spoiler : ce week-end au même titre que celui passé à Paris en octobre 2021 sera inoubliable !

Parlons running maintenant.

🏃🏻 42,195km

📈 500mD+

🎯 Objectif moins de 4h

🚀 RP en 3h28min (premier marathon 2018)


Il y a 12 semaines, je sortais de 27 semaines de programme TRAIL et mon objectif A avait été réalisé avec succès : 80km 5200mD+ ⛰

Comme je suis raisonnable, j'ai programmé un 100km 14 semaines plus tard en objectif B...et le marathon de Biarritz, 2 semaines avant ce TRAIT, qui sera mon dernier gros entraînement avant l'affûtage, objectif C disons. J'ai lancé un plan Campus marathon 12 semaines plutôt agressif : 2 sorties en EF, 2 fractionnés, 1 sortie longue avec allure spécifique pour ce marathon.

Il est bien préparé et je sors d'un pic de forme !

Le jour-J : équipement Scott carbon RC, chaussette Sidas, boxer Saxx, short de trail Scott, t-shirt Campus Pacer, gilet Salomon 5L avec 1,4L boisson d'effort Authentic nutrition et 3 gels Maurten. Échauffements léger avec mobilité puis 15min EF.

Je pars sur la ligne 25 min avant le départ avec pour but d'aller devant (objectif C mais compétiteur). Je croise deux personnes ayant fait des reconnaissances de parcours avec nous pendant la préparation et qui m'interpellent. On s'encourage mutuellement, ça fait plaisir. J'aperçois un maillot Campus fondateur tout devant ainsi que Jérôme à côté, je les rejoins. Je ne connaissais pas Didier, le fondateur venu de Bordeaux, une belle surprise. Une photo d'équipe et c'est parti 🏁

On part très vite puis je me cale à l'allure marathon du plan Campus (4:35 min/km), l'objectif étant de gagner du temps sur les 5 premiers kilomètres majoritairement descendant, qui seront bouclés en 22 min (4:29 min/km). Je me fais interpeller par Maxime, le campusien béarnais venu prendre des photos 📸

Niveau sensation, je fais le point, très bonnes jambes, ça tourne sans forcer.

Dans les côtes, on fera en mode trail à la sensation, c'est-à-dire, jamais le souffle fort et jamais les jambes qui forcent ou pire qui brûlent. Je me méfie de cette distance et j'aurais besoin de cette énergie plus tard. Je croise Oihan au niveau du lac, avant la première grosse côte à 11% 📈

Le 10km est passé en 47 min puis le semi en 1h44min, je suis réglé comme une horloge alors qu'on n'a pas le moindre mètre de plat.

Malgré ça, je me fais doubler par pas mal de groupes (57 coureurs exactement). Mentalement je n'aime pas ça mais je l'accepte ; la course est encore longue. Encore une fois, je joue la prudence, l'allure tourne autour des 5:00 min/km correspondant à mon endurance active. Entre le KM20 et le KM28, j'avais prévu d'accélérer à 4:45 min/km car c'était sur une voie verte, une partie plate du parcours d'après le profil. En réalité il n'y a pas vraiment de plat, c'est du faux plat et je ne me sens pas de partir plus vite que 4:55 min/km. D'ailleurs, au KM23, un coureur s'écroulera devant moi à cause d'une crampe fulgurante, ce qui me conforte dans ma décision 🤝

Les ravitaillements sont placés tous les 5km, j'en saute un sur deux et quand je m'y attarde, je récupère un verre ou une bouteille d'eau gazeuse que je bois en marchant. Le reste je me le met sur la nuque (oui j'ai marché).

On arrive à Bidart avec une énorme côte de 3km que j'attendais et craignais car nous sommes au KM28 et c'est là où on va commencer à voir qui a encore des jambes 😳 Jusqu'à la fin je sais qu'il y aura une succession de grosses montées et descentes, le 2e semi est plus dur que le 1er. Je monte au train, on me double et j'en redouble, je me concentre sur ma technique en montée, relâché sur le haut, agile et en médio-pied sur le bas. Pas de souffle fort, ne pas forcer sur les jambes. Au KM32, très grosse descente. Là encore je suis très prudent, je crains vraiment les crampes même si je n'ai aucun signe de tension musculaire.

KM33, nous rejoignons les coureurs du semi et je me fais interpeller par mes amis/voisins Leila et Clément ; ça me fait un bien fou de voir du monde et de courir en groupe. Ravito 150m plus loin pour se rafraîchir. Je suis content car il y a monde et en plus je double beaucoup, même si je ne sais pas qui fait quelle course, mentalement ça aide 🧠 Les km défilent et je suis toujours au même rythme.

J'aperçois Elodie "Allez Campus !" 📣

Je prends conscience que je me dirige vers la fin sans la moindre difficulté...et ça, ce n'est pas normal. Sur marathon il y a un mur, on doit souffrir non ?

KM39, le phare est là, ça veut dire qu'il reste seulement 2 côtes 💪🏼 J'avais conseillé à pas mal de monde d'en garder jusque là puis d'appuyer si possible. Eh bien on va appuyer alors ! Mais alors par contre, comment je fais pour doubler ? C'est blindé de monde, des groupes s'étalent sur toute la largeur de la route, je zigzag, je ralentis, j'accélère. C'est aussi assez irréel car on voit des gens frais faisant le 10km avec le smile, alors que d'autres du semi et marathon sont en hypoglycémie ou en grande détresse. Je les encourage ; aujourd'hui je vais bien, mais je connais cette état.

Je continue ma remontée sans regarder l'allure ; de toute façon je ne peux même pas aller plus vite vu la densité. Je me surprends même à sauter les trottoirs alors qu'on est en train de monter l'avant-dernière côte du parcours.

KM41, c'est fini, il ne reste que la dernière, la plus courte et la plus terrible : 150m à 14,4% 📈 Celle-là je vais l'éclater. J'ai encore du jus et je n'ai encore monté aucune côte en force, c'est le moment de lui manquer de respect. Je suis un peu ralenti par les gens qui marchent tous dedans (c'est normal en vrai), mais je me faufile, je prends mon 2e meilleur temps sur ce segment Strava 🚀


J'aperçois Oihan en haut et je l'appelle car il ne m'a pas vu, il semble surpris de me voir. Je regarde mon chrono et je sais que la course est déjà réussie du coup je suis complètement euphorique et file à fond vers l'arrivée à 800m. Je regarde ma montre, apparemment je suis sous les 4:00 min/km, c'est assez irréelle. 🤩 Je cherche ma famille, on m'appelle, ils sont là ! Un peu plus loin, je vois Sophie mais elle non. Je lui crie dessus (désolé Sophie) et je passe la ligne d'arrivée avec beaucoup de bonheur.... 3h35min 👊🏼

Je n'ai battu aucun de mes records, pourtant j'affirme que cette course est la plus réussie que j'ai jamais fait.

Je dois absolument m'inspirer de cette expérience pour les prochaines. Respecter ses sensations du jour, pas de pression du chrono et maîtrise de soi.

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