Coureur(se) lourd(e) : quelles chaussures de running choisir ?

Manon
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23 min de lecture
Sommaire
Je fais plus de 100 kg et/ou je suis en surpoids : suis-je trop lourd(e) pour courir ?
Qu’est-ce que ça veut dire, « un(e) coureur(se) lourd(e) » ?
Les piliers pour un entraînement safe et efficace
➡️ La progressivité (charge d’entraînement, intensité)
➡️ La variété
➡️ La régularité
➡️ La technique de course et les adaptations (mécaniques, physiologiques, etc.)
Les principaux critères des chaussures de running
➡️ L’amorti
➡️ La stabilité et le maintien
➡️ Le confort
Guide et comparatif des meilleures chaussures de running (homme et femme) : notre top 10
🚀 Les meilleurs modèles de chaussures de running route
⛰️ Les meilleurs modèles de chaussures de trail running

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On a toujours dit de toi que tu étais « trop gros(se) pour courir » ? Tu es pétri(e) de complexes et tu n’oses pas te lancer dans la pratique de la course à pied ? Tu aimerais courir mais, étant « un(e) coureur(se) lourd(e) », tu ne sais pas quelles chaussures choisir ; en plus, tu as beaucoup entendu que le bon choix de chaussures était décisif pour ne pas te blesser, « surtout pour quelqu’un de ta corpulence » ? Avant toute chose, laisse-nous te dire combien nous sommes désolé(e)s que tu aies été discriminé(e) de la sorte. Ton apparence physique ne devrait jamais être un sujet de conversation, à moins que tu souhaites toi-même l’évoquer. Ensuite, peu importe le poids qu’affiche ta balance, la course à pied n’est pas clivante : elle accepte toutes celles et ceux qui veulent bien s’y essayer.
Dans cet article, on démonte les clichés et les aberrations que l’on entend malheureusement trop souvent. On t’explique quels sont les critères d’une bonne paire de chaussures (qu’importe ton poids), et on te présente notre liste des chaussures équipées du meilleur amorti. Go ! 🏁
Je fais plus de 100 kg et/ou je suis en surpoids : suis-je trop lourd(e) pour courir ?
Trop gros pour courir, c’est ainsi que se nomme le livre de Vincent Machet. Un titre qui claque, qui dérange, presque. Parce qu’il est plus simple de dire de quelqu’un qu’il est gros dans son dos. D’emblée, la couverture donne le ton : oui, je suis trop gros pour courir, et pourtant, je cours. Ce récit autobiographique est une véritable bouffée d’air frais, un shot d’authenticité. Et surtout, cet ouvrage est d’utilité publique : il est la preuve que l’on ne se résume pas à notre apparence, mais à nos actes, et que les qu’en dira-t-on et les ce que l’on en dit ne racontent aucune vérité, ils spéculent et enferment les gens dans leurs insécurités et dans leurs certitudes qui manquent cruellement de perspective.
Alors, si tu te poses la question : non, tu n’es pas trop lourd(e) pour courir. Tu es tout à fait légitime à pratiquer la course à pied ; ne laisse personne — et surtout pas toi — te dire le contraire. Peu importe ton poids, tu as le droit de courir, et plus encore : tu dois bouger.
Et si tu crains de te blesser, sache que la plupart des études scientifiques sont unanimes : un IMC élevé ne constitue qu’un facteur parmi tant d’autres associé à un risque plus grand de se blesser. En fait, ce qui compte davantage, ce sont les antécédents de la personne qui court ou encore la progressivité. Évidemment, le fait que le poids corporel soit multiplié par trois ou quatre à chaque foulée, induit forcément que plus l’on est lourd(e), plus le poids supporté par les articulations est conséquent. D’où l’importance d’augmenter progressivement sa charge d’entraînement lorsqu’on débute… peu importe le poids que l’on fait.

Qu’est-ce que ça veut dire, « un(e) coureur(se) lourd(e) » ?
Parce que, dans cet article, il est clairement question de poids, penchons-nous justement sur celui que nous donnons aux mots, en l’occurrence ceux qui nous concernent ici : « coureur(se) lourd(e) ». Dans l’imaginaire collectif, on associe d’emblée la lourdeur, le poids, à la grosseur, alors que, clairement, c’est loin d’être toujours le cas. En fait, un poids qui nous semble élevé n’est pas nécessairement le fait de la masse graisseuse. Ce dernier peut être dû à la densité osseuse ou encore à la masse musculaire. Cette précision nous semble majeure, non pas pour justifier les éléments qui constituent le poids d’une personne, mais plutôt dans l’optique de souligner combien nos corps sont plus que les adjectifs avec lesquels on veut bien les qualifier. On n’est pas gros(se)s car on a la flemme de faire du sport, ni parce qu’on passe notre journée à grignoter. On est plus gros(se)s que d’autres car nous vivons avec un dérèglement hormonal, un deuil, une détresse émotionnelle, un stress extrême, ou tout bonnement car nous sommes et (nous aimons) ainsi, un point c’est tout. Cette mise en perspective nous paraît préférable au fait de ranger les gens dans des cases en leur disant, « vous, vous êtes lourd(e)s », « vous, vous êtes à la limite », « vous, vous êtes beaucoup trop maigres ». Nos enveloppes renferment un cœur, tâchons de nous en souvenir, et surtout, de nous efforcer d’en vérifier le contenu.
Les piliers pour un entraînement safe et efficace
Avant de nous focaliser sur le poids des coureur(se)s, nous préférons porter l’accent sur les piliers de l’entraînement : primordiaux, universels et permettant de se prémunir contre les risques de blessures.
➡️ La progressivité (charge d’entraînement, intensité)
La règle numéro un lorsqu’on souhaite s’adonner à la course à pied, c’est d’y aller progressivement. Et si on t’en parle autant, c’est que l’erreur commise par la majorité des coureur(se)s, est celle de se laisser dévorer par l’entrain et par la tentation — suivie de la mise en action — de courir trop vite, trop longtemps, et trop souvent. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, aux prémices de sa pratique, il est tout aussi normal de trouver ses premières foulées difficiles, que d’avoir l’impression de ne pas en faire suffisamment. Et au-delà de l’aspect sécuritaire recherché dans la progressivité, l’émotionnel compte tout autant et DOIT se manifester par le manque, les fourmillements dans les jambes. Si tu as l’impression de ne pas avoir le temps de souffler entre chaque entraînement, cela signifie que tu en fais probablement déjà trop. Bien sûr, il est tout à fait normal de ne pas constamment avoir envie de courir, mais il l’est tout autant de ressentir ce manque, notamment lors de nos jours de repos.
Ainsi, pour être parfaitement progressif(ve), nous te recommandons de ne pas augmenter de plus de 5 à 10 % ton volume kilométrique hebdomadaire d'une semaine à l'autre, ni l’intensité de tes séances. Alors oui, la progressivité peut être synonyme de frustration, mais n’oublie pas que cela s’avère nécessaire pour préserver ton intégrité physique et pour ne pas épuiser prématurément ta motivation.
➡️ La variété
Il faut un peu de tout pour en venir à un entraînement complet et efficace. Aussi, les séances de VMA comptent tout autant que celles de seuil, que les footings ou que les sorties longues. Chaque typologie de séance te permet en effet de développer des qualités essentielles à ta progression. Une prépa équilibrée comporte aussi bien un travail de vitesse que d’endurance fondamentale, car on ne bâtit pas l’une sans l’autre. 🙏
➡️ La régularité
Aussi importante que soit la progressivité, pour améliorer ses performances en course à pied, rien ne vaut la répétition du geste. La championne d’ultra endurance, Stéphanie Gicquel, en parle d’ailleurs très souvent dans les nombreux podcasts dans lesquels elle intervient. Ainsi, mieux vaut privilégier trois entraînements de 30 minutes chacun qu’une seule sortie running d’une heure et demie. C’est le fait de s’adonner à la course à pied régulièrement qui va permettre à ton corps de générer des adaptations nécessaires à une progression sans blessures.
➡️ La technique de course et les adaptations (mécaniques, physiologiques, etc.)
Le combo progressivité, variété et régularité conduit nécessairement à une optimisation de sa technique de course, puisque toutes les conditions sont alors réunies pour qu’elle s’améliore. On s’explique : c’est en courant progressivement (afin d’éviter les blessures), régulièrement et en travaillant tout un panel de vitesses que notre foulée est amenée à devenir de plus en plus efficace, et que nous peaufinons, sans même nous en rendre compte, notre technique de course. Évidemment, cela induit nécessairement de courir en conscience, de veiller à adopter une foulée silencieuse, une cadence rapide, de poser ses pieds sous son centre de gravité, et cætera ; en bref, d’essayer de s’améliorer pour qu’une amélioration survienne. Foulée après foulée, à force de répétition, l’acte de courir génère des adaptations :
mécaniques (augmentation de la densité minérale osseuse, de l’élasticité tendineuse, de la résistance à la fatigue musculaire, et cætera),
physiques (endurance, économie de course, vitesse, et cætera),
physiologiques (cardio-vasculaires, respiratoires, et cætera),
hormonales (baisse du cortisol, hausse de la sensibilité à l’insuline, augmentation des endorphines, et cætera),
psychologiques (résistance à la fatigue et à l’inconfort, résilience mentale, et cætera).

Les principaux critères des chaussures de running
Il y a certains critères de sélection incontournables en matière de chaussures de running qui revêtent davantage d’importance encore lorsqu’on est un(e) « coureur(se) lourd(e) » (comprends, avec un IMC supérieur à 25).
| IMC | STATUT |
|---|---|
En-dessous de 18,4 | Maigreur |
Entre 18,5 et 24,9 | Corpulence normale |
Entre 25 et 29,9 | Surpoids |
Entre 30 et 34,9 | Obésité modérée |
Entre 35 et 39,9 | Obésité sévère |
Au-dessus de 40 | Obésité morbide |
➡️ L’amorti
L’amorti est le principal argument de vente des distributeurs qui cherchent à convaincre les « coureur(se)s lourd(e)s » d’opter pour l’une de leurs paires pourvues de ce critère. En fait, peu importe le poids qui s’affiche sur ta balance lorsque tu te pèses, l’amorti est intéressant dans la mesure où il permet, comme son nom l’indique, d’amortir les impacts à chaque foulée.
Si l’amorti a ses adeptes, il a toutefois généralement du mal à convaincre les partisan(e)s du running minimaliste, ou plus encore : pieds nus, qui permet d’accéder à sa foulée naturelle (dépourvue de drop et d’amorti).
Les personnes qui débutent la course à pied (quel que soit leur poids) ou étant sujettes aux blessures peuvent ressentir une contrainte sur leur talon d’Achille. Dans ce cas, une semelle avec un drop élevé permet de soulager ce tendon.
➡️ La stabilité et le maintien
Qui n’a jamais rêvé de ne plus se tordre les chevilles et d’être solide sur ses appuis ? Tout le monde. Ainsi, un maintien latéral et au niveau du talon demeure préférable et fortement appréciable, notamment lors d’un trail et/ou d’une sortie longue, ou la technicité du terrain et/ou la fatigue musculaire nous conduisent facilement vers la maladresse. Par ailleurs, un bon renfort au niveau des talons est la garantie d’un maintien optimal.
Enfin, c’est si évident qu’on l’oublie parfois : veiller à un bon laçage, c’est la garantie d’une chaussure qui ne reste pas collée dans une mare de boue et qui ne se fait pas la malle lorsqu’un(e) autre coureur(se) vient malencontreusement buter contre notre talon.
➡️ Le confort
Le confort passe par des caractéristiques telles que l’amorti, la stabilité et le maintien, car lorsqu’on se sent protégé(e), on est tout de suite plus à l’aise. Voici nos autres recommandations pour une chaussure confortable à souhait :
un chaussant suffisamment large pour ne pas comprimer ses pieds,
une mousse qui convienne à nos propres préférences (plus molle pour plus de moelleux, plus rigide pour davantage de dynamisme…),
un mesh respirant, extensible et résistant aux frottements.
Guide et comparatif des meilleures chaussures de running (homme et femme) : notre top 10
Maintenant que tu sais tout des qualités qui font une bonne chaussure, on t’aide à trouver celle qui convient le mieux à ton pied*, à tes objectifs et à ta morphologie.
*Si tu as des besoins spécifiques en matière de podologie, nous t’invitons à te rapprocher d’un(e) podologue qui saura t’aiguiller correctement.
🚀 Les meilleurs modèles de chaussures de running route
🚀 Les meilleurs modèles de chaussures de running route
| Modèle/Marque | Points forts | Points faibles | Pour quels types de coureur(se)s, de distances, de terrains ? | Pour des coureur(se)s de quel poids ? |
|---|---|---|---|---|
New Balance Fresh Foam X 1080 v14 | Excellent amorti moelleux ; bonne stabilité latérale ; confortable sur longues distances. | Peut manquer de dynamisme pour les entraînements rapides. | Endurance et sorties longues, coureur(se)s universel(le)s. | Environ 85 et jusqu’à 100 kg. |
Asics Gel Nimbus (26/28) | Amorti très protecteur ; semelle large ; confort durable. | Un peu lourd ; moins réactif pour la vitesse. | Tous profils cherchant du confort et de la protection. | Environ 85 kg et plus. |
Mizuno Wave Rider 29 | Bon compromis confort/dynamisme ; semelle confortable. | Ressenti moins moelleux que certains maximalistes. | Coureur(se)s polyvalent(e)s et régulier(ère)s. | Environ 85 kg. |
Saucony Triumph 23 | Bon amorti + bonne réactivité ; maintien global solide. | Plus lourde que des modèles très légers. | Endurance et sorties longues. | Environ 80 kg et plus. |
HOKA Bondi ou Clifton | Amorti maximaliste et très doux ; confort exceptionnel. | Sensation parfois trop moelleuse pour certain(e)s. | Coureur(se)s débutant(e)s ou en récupération. | Environ 90 kg et plus. |
⛰️ Les meilleurs modèles de chaussures de trail running
⛰️ Les meilleurs modèles de chaussures de trail running
| Modèle/Marque | Points forts | Points faibles | Pour quels types de coureur(se)s, de distances, de terrains ? | Pour des coureur(se)s de quel poids ? |
|---|---|---|---|---|
Hoka Speedgoat 6 | Très bonne traction et amorti équilibré ; polyvalente pour treks longs. | Prix parfois élevé. | Trail medium/long, terrains variés. | Environ 85 kg et plus. |
Asics Trabuco Max 4 | Amorti élevé + confort ; adhérence robuste. | Sensation un peu lourde pour certain(e)s. | Trail long et légèrement technique. | Environ 85 kg et plus. |
361° Lynx | Confort et adhérence solides. | Moins connus que les grandes marques. | Trail varié. | Environ 85 kg et plus. |
Saucony Xodus Ultra 4 | Excellente combinaison d’amorti et de dynamisme avec mousse PWRRUN PB + traction Vibram MegaGrip ; très bon confort pour les longues sorties et les terrains mixtes. | Plus pesante que des modèles « light », donc moins rapide pour les runs courts ou techniques. | Trail longue distance, tous terrains, coureur(se)s cherchant confort et réactivité. | Environ 85 kg et plus. |
Brooks Cascadia 19 | Très bonne stabilité grâce à la plaque Trail Adapt interne et traction fiable ; équilibre entre robustesse et confort sur terrains accidentés. | Moins de coussin que les modèles très maximalistes (comme Hoka Speedgoat), ce qui peut être un frein sur des courses longues distances très techniques. | Trail varié, terrains mixtes (racines, cailloux, boue) ; bon choix pour les coureur(se)s qui veulent de la stabilité. | Environ 85 kg et plus. |
Nous espérons que ce guide te permettra d’appréhender autrement ton poids et d’y voir un peu plus clair dans la vaste étendue du marché des chaussures de running. N’oublie pas que la meilleure option reste de te rendre chez un(e) commerçant(e) et d’essayer directement les modèles qui te plaisent. Une chose est sûre, tu finiras par trouver chaussure à ton pied (désolé(e)s, on résiste depuis le début de cet article à caser cette expression 🙊) ! ✨

Manon
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