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Comment savoir si on est prêt à prendre le départ de l'UTMB ?

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18 min de lecture

Sommaire

Quels sont les éléments clés à acquérir avant de prendre le départ de l’UTMB ?

🧠 Être prêt(e) mentalement à prendre le départ de l'UTMB

🦵 Résister aux dommages musculaires

🥪 🥤 Réussir à s’alimenter tout au long de l’épreuve

Avant le départ de l'UTMB : rien ne remplace l'expérience 

👀 Quels sont les critères de qualification de l’UTMB ?

🤤 Avoir bouclé au moins un ultra montagneux de 100 km 

🏔️ Avoir de l’expérience en montagne (gestion du dénivelé, sécurité)

🥱 Être habitué(e) à la nuit et au manque de sommeil

🧐 Matériel obligatoire, équipement, logistique, nutrition : ne rien laisser au hasard 

Prendre le départ de l’UTMB : Quelle prépa et quel niveau requis ? 

📆 Six mois de préparation minimum conseillée avant le départ de l'UTMB

🚶🏽‍♀️ S’entraîner à marcher

🚵‍♂️ Compléter son entraînement par un sport porté 

📊 Quel est le niveau minimum conseillé (UTMB Index) avant de prendre le départ de l’UTMB ?

🔎 Bien connaître le parcours et anticiper les difficultés 

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Vendredi 28 août 2026. Nous y sommes. 2 500 privilégié(e)s s’apprêtent à prendre le départ de l’UTMB dans les rues de Chamonix. L’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Le climax de la saison. Toutes et tous ont rêvé de ce moment. Quelques minutes avant le départ, la musique de Vangelis, Conquest of Paradise, donne son lot de frissons aux participant(e)s et aux spectateur(ice)s. L’émotion est telle que beaucoup d’athlètes lâchent une larme. Être présent(e) au départ à l’UTMB est la conclusion d’un long processus, d’une quête de plusieurs années. Bien sûr, il y a une part de chance liée au tirage au sort, mais surtout un énorme investissement. Comment savoir si on est prêt à prendre le départ de cette course mythique et, implicitement, à faire le tour du Mont-Blanc ?  

Quels sont les éléments clés à acquérir avant de prendre le départ de l’UTMB ?

Une multitude de facteurs conditionnent la réussite d’un ultra-trail comme l’UTMB. Les capacités d’adaptation et de résilience sont essentielles lorsqu’on s’attaque à une épreuve aussi longue et éprouvante : 174 kilomètres, 9 900 mètres de dénivelé positif, plus de 40 heures d’effort pour le chrono médian en 2025. On peut dégager trois éléments clés à posséder dans sa panoplie de traileur(se).  

🧠 Être prêt(e) mentalement à prendre le départ de l'UTMB

“L’ultra-trail est avant une aventure mentale. Le corps peut être prêt, mais sans un mental solide, la distance devient un mur infranchissable”.

Mathieu Blanchard

Le coach trail de Campus maîtrise bien son sujet puisqu’il a pris cinq fois le départ de l’UTMB et terminé trois fois dans le Top 4. Dans son article du blog sur la préparation mentale en ultra-trail, il insiste sur l’importance du Why ? :

“Il faut connaître ses motivations profondes. Pourquoi je cours ? Qu’est-ce que je cherche à prouver ou à vivre ? Si tu ne sais pas répondre à ça, le mental risque de flancher aux premiers coups de fatigue.”

Mathieu Blanchard

Un autre aspect fondamental en ultra est la fraîcheur mentale. Trop d’ultra-traileur(se)s arrivent déjà entamé(e)s nerveusement sur la ligne de départ.

Résultat : le pilote, le cerveau, n’est plus disponible pour prendre le relais du physique dans les moments difficiles. 

🦵 Résister aux dommages musculaires

Les qualités de robustesse et de durabilité dans l’effort sont essentielles en ultra, bien plus que la vitesse ou la capacité aérobie. C’est toujours mieux d’avoir un gros moteur sous le capot lorsqu’on vise une bonne performance à l’UTMB, mais ton véhicule n’ira pas bien loin si le châssis n’est pas à la hauteur.

Il faut avoir un corps robuste et une bonne résilience physique pour résister sur la durée, notamment encaisser les efforts excentriques lors des longues descentes. Si tu souffres d’une blessure chronique récente ou que tu as beaucoup de mal à récupérer après tes blocs d’entraînement, mieux vaut ne pas prendre de risque. 

🥪 🥤 Réussir à s’alimenter tout au long de l’épreuve

Les problèmes gastriques et digestifs sont la première cause d’abandon à l’UTMB. Lorsqu’on n’est plus capable de s’alimenter et/ou de s’hydrater, on n’a plus l’énergie pour avancer. Un apport calorique régulier est nécessaire. Avant le départ de l’UTMB, tu auras testé ta nutrition en conditions réelles (dans la chaleur, le froid, la nuit, etc.). Tu auras aussi prévu des plans B ou C en cas de problème.

💡 La capacité digestive se travaille à l’entraînement et à travers l’alimentation quotidienne. Les plans d'entraînement Campus incluent d'ailleurs le gut training (entraînement intestinal) pour t'accompagner au mieux. Mais parfois, pour certain(e)s traileur(se)s, cela ne passe pas au-delà d’une certaine durée d’effort. Il faut accepter le fait que tout le monde n'est pas fait pour l’ultra-trail

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Avant le départ de l'UTMB : rien ne remplace l'expérience 

Le projet de participer à l’UTMB se construit sur trois ou quatre années. C’est le temps nécessaire pour bâtir des fondations solides et préparer son organisme à cet effort hors-norme. L’augmentation des distances doit être très progressive en validant des paliers intermédiaires. Griller les étapes expose à des blessures chroniques voire à un épuisement psychologique. 🤯

👀 Quels sont les critères de qualification de l’UTMB ?

Le règlement est clair. En plus de faire partie des heureux(ses) chanceux(ses) tiré(e)s au sort, il faut posséder un Index UTMB valide dans la catégorie 100M. C’est-à-dire avoir bouclé un trail des UTMB World Series dans la catégorie 100 miles au cours des 36 mois précédant l’UTMB. Il y a actuellement 26 courses dans le monde dont 5 en France. 

🤤 Avoir bouclé au moins un ultra montagneux de 100 km 

Est-ce qu’on est prêt à prendre le départ de l’UTMB après avoir validé un format 100M estampillé UTMB ? Pas toujours. En effet, certains ultras sont bien plus courts et moins exigeants que l’UTMB.

L’exemple de Duncan Perillat est révélateur. En juin 2023, le marathonien dispute son premier ultra, l’Ultra Saint-Jacques (125 kilomètres, 5 300 de D+) qu’il remporte en 13 heures. La même année, il dispute l’UTMB, part seul en tête et abandonne après 50 kilomètres. En réalité, en plus d'un départ (trop) rapide, Duncan Perillat n’était pas encore suffisamment aguerri à ce genre d’effort.

Avant de prendre le départ de l’UTMB, il paraît essentiel d’avoir bouclé au moins un ultra montagneux entre 80 et 120 kilomètres. Des épreuves comme le 90 km du Mont-Blanc (92 kilomètres, 6 320 de D+), la Maxi-Race (100 kilomètres, 6 000 de D+) ou la CCC (100 kilomètres, 5 800 de D+) sont de bons tests grandeur nature. 

🏔️ Avoir de l’expérience en montagne (gestion du dénivelé, sécurité)

On peut boucler l’Ultra-Trail du Mont-Blanc sans avoir passé toute sa vie à la montagne, ni avoir le pied montagnard des autochtones. Des stratégies d’entraînement et de renforcement musculaire simulent en partie le travail de dénivelé. Cela dit, rien ne remplace l’expérience. À un moment ou un autre, il faut bien s’exposer à la technicité, à l’altitude, aux longues ascensions et aux longues descentes, apprendre à marcher avec des bâtons, apprendre à s’économiser musculairement.

Le parcours de l’UTMB comprend des ascensions de plus de 1 000 mètres d’une traite (jusqu’à la Croix du Bonhomme ou au Col de la Seigne) et des descentes interminables (- 1 200 mètres jusqu’à Courmayeur, - 1 400 mètres après le Grand Col Ferret). Évoluer en sécurité à la montagne, s’adapter aux conditions météo très changeantes en altitude, est une autre compétence clé. Il n’y a pas d’autres manières d’apprendre que de passer du temps en montagne. 

départ UTMB

🥱 Être habitué(e) à la nuit et au manque de sommeil

Les trois quarts des finishers de l’UTMB passent deux nuits complètes dehors. Tous les repères sensoriels sont bousculés quand on évolue de nuit à la lumière de la frontale. Gérer le manque de sommeil, la vision réduite, la fatigue du système nerveux central ou encore l’alimentation nocturne n’est pas inné. Ce sont des éléments à maîtriser avant de prendre le départ de l’UTMB

🧐 Matériel obligatoire, équipement, logistique, nutrition : ne rien laisser au hasard 

L’ultra-trail demande aussi une organisation méticuleuse. Sur un UTMB, on ne doit rien laisser au hasard. La connaissance et la gestion de son équipement par rapport aux conditions de course est primordiale, afin d’éviter les coups de chaud, les coups de froid, évoluer de nuit, et cætera. Idem pour sa stratégie de ravitaillements. Tous ces réflexes s’acquièrent avec l’expérience. 

Prendre le départ de l’UTMB : Quelle prépa et quel niveau requis ? 

Pour un départ (presque) serein, il y a quelques impératifs à respecter en amont.

📆 Six mois de préparation minimum conseillée avant le départ de l'UTMB

Une distance hors norme implique nécessairement une préparation et des charges d’entraînement XXL. Il faut compter au minimum 18 semaines pour préparer l’UTMB dans de bonnes conditions (à condition d'avoir déjà une bonne expérience de la course à pied). Idéalement, une période de 6 mois est à privilégier.

De fait, la prépa de l’UTMB commence dès l’hiver précédent par un gros travail foncier. 18 semaines, c’est la durée minimale des programmes ultra-trail de Campus concoctés par Mathieu Blanchard. Cette contrainte de durée a été réfléchie pour être progressif(ve) tout en ménageant des plages de récupération. En termes de volume, il faut compter une dizaine d’heures d’entraînement par semaine. Cela peut atteindre entre douze et quinze heures dans les plus grosses semaines, en accumulant beaucoup de dénivelé. Les sorties longues de 6, 7 heures ou plus sont incontournables. Les week-ends chocs (ou blocs chocs) sont chaudement recommandés. Il s’agit de s’exposer à une grosse charge d’entraînement sur quelques jours, pour simuler la fatigue de l’ultra.

👉 Pour aller plus loin, retrouve nos 12 conseils pour un départ serein sur un ultra-trail et les spécificités d’un plan d’entraînement pour un ultra-trail de 170 km. 

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🚶🏽‍♀️ S’entraîner à marcher

Être prêt(e) à prendre le départ de l’UTMB, c’est être prêt(e) à marcher. La marche, c’est plus de 50 % du temps pour la majorité des finishers et entre 60 et 70 % quand on flirte avec les barrières horaires. Or la marche ne s’improvise pas. Les contraintes mécaniques sont différentes de celles de la course. Bien marcher, utiliser efficacement ses bâtons, cela s’apprend à l’entraînement. Les longues sorties sont faites pour travailler sa technique et s’habituer petit à petit au rythme et à l’intensité d’un ultra

🚵‍♂️ Compléter son entraînement par un sport porté 

Beaucoup d’ultra-traileur(se)s misent sur un sport porté, comme le vélo. C’est un excellent moyen de renforcer son socle d’endurance et de s’habituer aux efforts longue durée en générant moins de traumatismes qu’en course à pied. Les coureur(se)s les plus sujet(te)s aux blessures ont intérêt à employer cette stratégie d’entraînement mixte. On met surtout l’accent sur les sports portés en début de préparation et pendant les trois semaines d’affûtage. 

📊 Quel est le niveau minimum conseillé (UTMB Index) avant de prendre le départ de l’UTMB ?

Savoir si on est prêt à prendre le départ de l’UTMB, c’est implicitement savoir si on est prêt à boucler la course sous la barrière horaire fixée à 46 heures et 30 minutes. Cette barrière est beaucoup plus stricte que sur la Diagonale des Fous par exemple (66 heures). Le pourcentage moyen d’abandons a été de 36 % en 2024 et de 33 % en 2025.

L’Index UTMB donne des indications intéressantes sur sa capacité à aller au bout dans les délais impartis. Un ultra-traileur français, Johann Arias, a étudié le pourcentage d’abandons à l’UTMB 2024 en fonction de l’UTMB Index des coureur(se)s. 

Voici les résultats : 

  • 100 % d’abandons parmi les UTMB Index inférieurs à 400

  • 75 % d’abandons parmi les UTMB Index arrondis à 400

  • 55 % d’abandons parmi les UTMB Index arrondis à 450

  • 35 % d’abandons parmi les UTMB Index arrondis à 500 

Ensuite on descend sous les 25 % d’abandons entre 550 et 700 puis le pourcentage d’abandons remonte chez les coureur(se)s visant de bonnes performances. 

👉 En dessous de 430 à 450 d’Index UTMB, on a de fortes chances d’être rattrapé par les barrières horaires. Il est plus sécurisant de prendre le départ avec un Index UTMB supérieur à 450

🔎 Bien connaître le parcours et anticiper les difficultés 

La connaissance du parcours et des principales difficultés est un autre facteur de réussite en ultra-trail : l’interminable montée vers le Mont Favre, le grand Col Ferret, le passage Champex - Bovine après plus de 120 kilomètres de course, Tête aux Vents, etc. Cela favorise une bonne gestion de l’effort, à la fois physique et mentale. La meilleure stratégie est de découper sa course.

“On ne court pas un ultra-trail d’un bloc, on le traverse morceau par morceau”

Mathieu Blanchard

💡 L’idéal ? Faire une reconnaissance d’une partie du parcours de l’UTMB sur plusieurs jours, en mai ou juin. 

départ UTMB

On ne peut jamais être sûr à 100 % d’aller au bout de l’UTMB. Il faut accepter la part d’inconnues de l’ultra-trail, une discipline dans laquelle l’adaptation est permanente. Bien sûr, on cherche à réduire au maximum la part d’incertitudes grâce à des expériences positives sur des trails montagneux, un niveau minimal, une préparation longue et réfléchie, un mental d’acier, une connaissance méticuleuse de la course, et cætera.

⚠️ Mais on ne peut jamais tout contrôler, tout prévoir. Tant mieux car cela fait partie de l’aventure ! Savoir s'adapter est une compétence clé. Tant qu’on n’a pas essayé, on ne peut pas savoir ce qu’on donnera en ultra. En effet, rien ne remplace les sensations vécues après 20 ou 30 heures de course. Il faut simplement vivre cette expérience hors-norme pour la comprendre. Et mieux se connaître.

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