Courir sur tapis ou dehors : le match !

Nolwenn
Publié le , mis à jour le
partager

19 min de lecture
Sommaire
Pourquoi fait-on du running dehors ?
Pourquoi court-on sur un tapis de course ?
Tapis de course ou course en extérieur ? Les principales différences
🦴 Les impacts articulaires et musculaires : est-il bon de courir sur un tapis de course plutôt que sur la route ?
💪 L’activation des muscles et la proprioception : est-ce plus dur de courir sur tapis ou dehors ?
🚀 Le calibrage de l’entraînement et notamment des fractionnés (gestion de la vitesse, inclinaison, etc.)
🌦️ La prise en compte ou non des conditions météo
😴 Monotonie, motivation : extérieur vs. salle de sport
L’heure du récapitulatif : courir sur tapis de course ou dehors ?

Reçois les conseils de nos coachs passionnés !
Au cœur de l’hiver comme au plus fort de l’été, la question du tapis de course ressurgit presque systématiquement, y compris auprès des inconditionnel(le)s de l’extérieur. Mais même à l’échelle d’une année, certain(e)s ont choisi de courir uniquement en intérieur, sur cet outil plus que pratique. Mais si tu fais partie des indécis(e)s, on t’aide à prendre l’une des décisions les plus difficiles de ton quotidien de coureur(se) : est-il mieux de courir sur tapis ou dehors ?
Pourquoi fait-on du running dehors ?
Y-a-t-il vraiment besoin d’un long laïus pour expliquer les effets positifs de la course à pied à l’extérieur ? Peu importe la durée, le type de séance ou encore ton environnement, le running est source de bien-être aussi bien physique que mental. Et pour cause !
Il se pratique partout facilement.
Il permet (sous réserve d’une bonne météo) de bénéficier des bienfaits du soleil et notamment de la vitamine D ☀️, avec modération bien sûr. Même si les nuages sont de sortie, tu profites de la luminosité naturelle, très bonne pour te déconnecter des écrans et des néons.
Il booste la production d’un cocktail d’hormones particulièrement intéressant pour ton bien-être, comme les endorphines.
Etc.
💡 Concrètement, lorsque l’on parle de course à pied, on visualise par défaut le run en extérieur, qui reste la “norme” pour les coureur(se)s de tous niveaux. Le running est en effet par nature un sport d’extérieur, pratiqué depuis bien avant l’invention de machines permettant de courir avec un toit sur la tête.
Pourquoi court-on sur un tapis de course ?
Là, la question peut se poser. La démocratisation du tapis de course a vu naître un clivage entre les “puristes” et les coureur(se)s “nouvelle génération”. Il faut dire que pour celles et ceux qui voient le running comme un moyen d’évasion, courir en intérieur peut sembler contre-nature.
Pourtant, le succès dudit tapis parle pour lui : il peut se révéler très intéressant dans plusieurs situations. Notamment :
pour s’échauffer et récupérer dans le cadre d’un autre sport, notamment de la musculation ou encore du crossfit,
pour s’entraîner à de nouvelles disciplines comme l’HYROX qui mixe les exercices de musculation et la course à pied,
pour pallier un manque de parcours sécurisé (forte circulation routière, nuit, endroits isolés, etc.),
pour faire face à une météo particulièrement exécrable (on te laisse placer le curseur en fonction de ta région 🌦️),
par préférence (non, on rigole.)
etc.
👉 Il serait malvenu de mettre de côté le tapis de course par pur principe. Il peut se révéler très utile pour certains profils de coureur(se)s, dans certaines zones géographiques voire durant certaines périodes de l’année. De plus, il donne accès à des données très intéressantes pour ton entraînement (on y reviendra).
Tapis de course ou course en extérieur ? Les principales différences
L’heure du match est arrivée. Prenons les principaux critères de différenciation et déterminons objectivement le vainqueur de chaque catégorie. Alors, mieux vaut courir sur tapis ou dehors ? Les paris sont ouverts.
🦴 Les impacts articulaires et musculaires : est-il bon de courir sur un tapis de course plutôt que sur la route ?
La course à pied est un sport traumatisant pour les articulations et les muscles, du fait des chocs répétés à chaque foulée. Mais contrairement à ce que l’on entend souvent (venant de personnes qui ne courent pas, évidemment), tu ne vas pas détruire tes genoux en courant. En réalité, comme toujours, tout est une question de quantification du stress mécanique.
S’agissant des impacts, cela se traduit par la durée de ta sortie et le terrain choisi. On peut ajouter aussi ton type de foulée.
La durée : aucune différence entre le tapis de course et le running en extérieur. Les détracteur(ice)s du tapis diront que le temps paraît plus long, mais ce n’est qu’une question de perception.
Le terrain : là, ça devient intéressant. Concrètement, le tapis de course a un effet amortissant qui réduit la force de l’impact à chaque foulée. Pour le même nombre de pas, les chocs sont donc moindres. Quelle aubaine, te diras-tu ! Pas tout à fait. En effet, à moins que tu ne souhaites courir uniquement sur tapis, tu dois habituer ton corps aux différents types d’impacts que tu vas rencontrer. Par exemple, préparer un 10 km sur route uniquement sur ton tapis de course, c’est la garantie de passer un (très) mauvais moment le jour J. Tu dois te confronter à tous types de terrains pour permettre à ton corps de s’adapter. En revanche, on sait que l’asphalte est particulièrement exigeant pour les coureur(se)s. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on conseille de varier les terrains et d’opter régulièrement pour des chemins, plus souples sous le pied. Si tu n’en as pas la possibilité, il vaut mieux alterner entre la route et le tapis. De même, si tu reviens de blessure ou que tu débutes, courir uniquement sur le bitume peut être un peu trop traumatisant. Le tapis peut devenir un bon allié pour une reprise en douceur (à condition d’intégrer progressivement d’autres terrains par la suite !).
La foulée : les coureur(se)s qui ont tendance à attaquer le sol par le talon subissent des impacts plus forts que celles et ceux qui ont une foulée avant-pied ou médio-pied. On pourrait leur conseiller de privilégier le tapis, moins traumatisant que la route. Mais cette option est à double tranchant. En effet, le corps est une formidable machine qui cherche en permanence à s’adapter. Le laisser dans une zone de confort, c’est créer une obligation de ne plus en sortir sous peine de se blesser. Dès lors, il faut t’exposer progressivement à des sols durs pour éviter de te blesser. Cela peut même te permettre de nuancer cette attaque talon, là où le confort du tapis ne t’incitera pas à opérer une quelconque modification de ta technique de course.
👉 Conclusion : chercher à limiter les impacts de la course sur tes articulations et tes muscles avec un tapis de course est contre-productif. À moins de revenir de blessure, on te conseille plutôt de voir le tapis comme une alternative ponctuelle aux sols durs lorsque tu n’as pas accès à des terrains plus cléments.
💪 L’activation des muscles et la proprioception : est-ce plus dur de courir sur tapis ou dehors ?
Le tapis de course est bien logiquement exempt de toute aspérité. Il est lisse, droit et te permet de courir comme si tu empruntais une interminable ligne droite. Pas de virage, pas d’obstacle, aucun piège sur le sol. À l’extérieur, le constat est tout autre : tu dois t’adapter à ton environnement. Tourner à droite, à gauche, éviter les piétons en ville, ralentir aux feux (ou accélérer), surveiller tes chevilles sur les chemins escarpés, etc. Tu travailles ta proprioception et différentes chaînes musculaires sans même t’en rendre compte.
Concernant maintenant le relief, on sait que les tapis de course permettent de simuler des montées selon des pourcentages déterminés. Ce n’est malheureusement pas valable sur les descentes. Pourtant, ces dernières sont très exigeantes musculairement, particulièrement pour les quadriceps. Elles doivent se travailler à l’entraînement et nécessitent donc un travail en extérieur. Par ailleurs, si tu fais du trail, le travail de montée doit être diversifié au maximum. Relances, marches, etc. composent souvent les parcours. Une montée lisse et régulière comme celle proposée par ton tapis ne te permet qu’un travail limité.
👉 Conclusion : cette fois, la course à pied en extérieur remporte le match. Elle te demande des adaptations constantes et te permet un travail plus complet que sur un tapis de course. Pour un meilleur travail proprioceptif, il vaut mieux courir dehors que sur tapis.

🚀 Le calibrage de l’entraînement et notamment des fractionnés (gestion de la vitesse, inclinaison, etc.)
Les séances de fractionné obéissent souvent à une structure très stricte : une phase d’intensité d’une durée ou d’une distance déterminée, une phase de récupération active ou passive et un nombre de répétitions donné.
Les montres connectées permettent de pré-rentrer ces entraînements ainsi que la vitesse cible, mais si tu as bien suivi l’argument précédent, tu sais dorénavant que courir dehors t’expose à divers aléas inévitables qui peuvent impacter une séance très précise. A contrario, sur tapis de course, tu peux rentrer précisément les données nécessaires et ce dernier va te permettre de maintenir les allures cibles “facilement” tout en checkant rapidement que tu es dans la bonne zone. L’ensemble des informations apparaît sur l’écran, consultable instantanément.
De plus, tu peux choisir de rester sur un parcours parfaitement plat pour vraiment travailler ta vitesse, là où un tracé à l’extérieur répondra rarement à cette exigence. Si tu souhaites au contraire créer une inclinaison (uniquement en montée), tu peux travailler sur des durées et distances modulables à 100 %. Un gros avantage par rapport à la course en extérieur, qui ne te permet pas toujours d’avoir des montées suffisamment longues et/ou inclinées pour travailler correctement.
👉 Conclusion : le tapis de course prend clairement le dessus pour les entraînements particulièrement pointus.
🌦️ La prise en compte ou non des conditions météo
C’est l’argument phare des défenseur(se)s du tapis de course : tu peux courir peu importe les conditions météos. Une aubaine lors des périodes de canicule, en cas de neige, de tempête, de grand vent ou de pluie battante.
Il n’y a pas grand chose à opposer à cela. C’est en effet le gros avantage du tapis comparé à la course en extérieur. Toutefois ! Si tu cours pour préparer une compétition, n’oublie pas qu’à moins d’un événement climatique majeur, tu vas devoir courir en extérieur. Il vaut mieux t’y habituer un tant soit peu durant tes entraînements. Alors sors ton k-way, ta casquette, ton débardeur le plus léger ou ton meilleur haut thermique selon la saison et sors braver les éléments de temps en temps.
👉 Conclusion : le point revient au tapis de course, avec une légère nuance si tu prévois de courir dehors dans les prochaines semaines. Comme on le dit si bien : la peur n’évite pas le danger !
😴 Monotonie, motivation : extérieur vs. salle de sport
On ne va pas se mentir : le running n’est pas le sport le plus palpitant du monde. Il peut même devenir très monotone, surtout lors des footings en endurance fondamentale ou lors des sorties longues. Nous avons toutes et tous nos astuces pour faire passer le temps, mais à l’extérieur, cela se limite à des dispositifs auditifs auxquels peuvent s’ajouter le plaisir visuel en fonction de ton environnement de course.
Sur tapis, on peut de prime abord se dire que la situation est bien pire ! Tu es seul(e), face à ton écran, les yeux fixés droit devant toi à compter les secondes qui s’égrainent. Mais le développement des salles de sport a permis de voir émerger des méthodes particulièrement redoutables pour passer le temps. Écrans pour regarder tes séries ou films préférés, baies vitrées qui donnent un visuel sur un stade ou autre environnement digne d’intérêt… les idées ne manquent pas pour faire filer le temps.
Mais une fois encore, si tu prépares une compétition, tu dois t’entraîner dans les conditions de ta course. Le jour J, tu n’auras pas d’écran devant les yeux. Alors apprends à t’en passer et à voir de l’intérêt dans ce qui t’entoure à l’extérieur. De plus, n’oublie pas que le sport est aussi l’occasion de te reconnecter à tes sensations et de te vider la tête. Écouter de la musique ou un podcast, c’est une chose, mais garder les yeux rivés sur un écran diminue significativement les effets bénéfiques de ta sortie sur ta santé mentale.
👉 Conclusion : difficile à dire. Cela va dépendre de la zone géographique et de ton profil. On est vraiment sur une question de préférences individuelles, mais on t’incite toutefois à courir dehors pour appréhender les sensations de ta compétition et éviter de flancher moralement le jour J faute de distractions suffisantes pour t’aider à faire passer le temps.

L’heure du récapitulatif : courir sur tapis de course ou dehors ?
| Tapis de course | Courir dehors | |
|---|---|---|
Impacts articulaires et musculaires | x | |
Proprioception | x | |
Calibrage des séances de fractionné | x | |
Météo | x | |
Monotonie | = | = |
Nous sommes face à un match nul. Alors, courir sur le tapis ou dehors ? Cela dépend de ta situation à l’instant T, de tes objectifs, du type de séance, de ton environnement et… de tes préférences. Le nombre de paramètres à prendre en compte est trop important pour pouvoir trancher fermement. Cependant, garde en tête que si tu cours pour préparer un objectif, tu dois t’entraîner au maximum dans la situation que tu rencontreras le jour J. À moins de participer à une compétition sur tapis, tu vas devoir sortir, alors autant apprendre à apprécier ces moments passés à l’extérieur loin des écrans !

Nolwenn
Publié le , mis à jour le
partager







